Qatar : après le PSG, pourquoi QSI veut aussi acheter la F1

Qatar : après le PSG, pourquoi QSI veut aussi acheter la F1

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BUSINESS - Selon une information parue mercredi dans le très sérieux Financial Times, Qatar sports investment est en pleine négociation pour acheter les droits commerciaux de la Formule 1. Une opération estimée à 28 milliards de dollars et qui pourrait avoir d'importantes retombées pour les propriétaires du PSG.

► Diplomatie sportive
Comme pour le PSG ou l'organisation de la Coupe du monde 2022, les Qataris utilisent les événements sportifs pour soigner leur image et peser sur le monde politique. Acquérir le club de football de la capitale leur permet notamment de discuter en tête à tête avec les différents présidents de la République française. Bien utile, notamment, pour dealer des contrats commerciaux et aussi lutter contre l'image qui colle à l'émirat du Moyen-Orient de financier du terrorisme... Acheter la F1, c'est, comme pour le Mondial de foot, parler au monde et aussi à des marques dites "premium" qui investissent dans la discipline. Mieux, c'est en plus avoir une sorte de "pied à terre" dans chaque pays qui accueille les étapes du Championnat du monde sur son circuit. 

Une bonne affaire
Dans un sport qui tente depuis plusieurs années de renouveler son business model (audiences en berne, petites écuries en crise...), QSI pourrait racheter les droits d'exploitation de la F1 pour 28 milliards en tout, selon le Financial Times. Déjà tombé d'accord sur une offre de 8 milliards à CVC Capital Partners (qui gère la fameuse Formula One Management de Bernie Ecclestone), QSI va ensuite s'attaquer aux 65 autres % des parts de la F1, détenues par plusieurs actionnaires moins puissants. Soit 20 milliards supplémentaires à sortir. La facture s'élèvera donc à un peu moins de 30 milliards d'euros, ce qui est une somme énorme mais moindre que si la discipline était en plein essor. Surtout, la F1 a généré 1,5 milliard de chiffre d'affaires en 2014, avec des prévisions de croissance de 9,2 % par saison, notamment en allant chercher un nouveau public et de nouveaux partenaires. 

► Doha veut son GP
Dans la concurrence à laquelle se livrent à coups de millions de dollars les puissances pétrolifères et gazéifères du golfe Persique, le Qatar prendrait une grosse longueur d'avance sur le Bahreïn ou Abu Dhabi en devenant le patron du sport automobile roi. Devant se contenter jusque-là d'un "simple" Grand Prix de Moto GP, Doha pourrait alors se doter d'un circuit de F1 et y programmer une étape du Championnat du monde. Par la même occasion, l'émirat pourra aussi décider qui peut, ou non, accueillir les monoplaces dans les saisons à venir...

► Une écurie Volkswagen ?
Dans l'empire financier presque tentaculaire que se construit peu à peu le Qatar, on n'hésite évidemment pas à lier les intérêts des différentes filiales. BeIN Sports, qui appartient au groupe média qatari beIN MEDIA GROUP, diffuse ainsi les matches du PSG (propriété de QSI), qui compte parmi ses sponsors Volkswagen, dont le capital appartient à 17 % Qatar International Investments (QIA). Dans sa logique de montée en gamme, le constructeur allemand, qui grignote peu à peu des parts de marché à son grand concurrent Mercedes, pourrait aussi venir chatouiller la marque championne du monde de F1 sur les circuits. En effet, la naissance d'une écurie Volkswagen est à prévoir si le Qatar rachète effectivement la totalité de la Formule 1. 

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