Quart de finale de l'Euro : tout ce que la Suisse va devoir surmonter contre l'Espagne

Le sélectionneur suisse Vladimir Petkovic félicité par ses joueurs après l'exploit contre la France.

DÉFI - Après sa qualification historique acquise aux dépens de l'équipe de France lundi, la Suisse enchaîne avec l'Espagne ce vendredi. Un quart de finale qui s'annonce tout aussi périlleux.

Les Suisses ont réussi à franchir un sommet contre la France championne du monde, lundi à Bucarest, ils s'attaquent à un 2e col hors catégorie ce vendredi contre l'Espagne. Pour le premier quart de finale de l'Euro de son histoire, la "Nati" n'est pas favorite face à une Roja retrouvée. Gestion émotionnelle, absence de Xhaka et style de jeu, des écueils qui se dressent devant nos voisins helvètes.

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La première difficulté pour les Suisses consiste à digérer leur qualification acquise de haute lutte aux tirs au but face aux Français. Ce n'est pas tant la dimension physique qui est en question. Les Espagnols ont également joué une prolongation pour éliminer la Croatie (5-3 ap) et les deux formations sont, sur le papier, aussi émoussées l'une que l'autre. La difficulté pour les hommes de Vladimir Petkovic se situe surtout sur le plan mental.

Se remettre de l'exploit

"Les réservoirs d'énergie, qui sont plutôt vides après des émotions aussi fortes, doivent être à nouveau remplis", a ainsi prévenu le directeur des équipes nationales Pierluigi Tami. En battant la France, la Suisse a remporté son premier match à élimination directe depuis 1938, créant des scènes de liesse chez ses supporters. Confirmer un exploit n'est jamais chose aisée, surtout lorsqu'il n'y a que quatre jours avant la marche d'après.

"Les joueurs doivent oublier le match contre la France. On va garder ces émotions en mémoire, mais aujourd'hui (jeudi), on a fait une analyse vidéo, on a discuté de notre prochain adversaire, maintenant on va s'entraîner, on va évaluer notre condition physique, trois jours après le dernier match" a confirmé le sélectionneur Vladimir Petkovic en conférence de presse ce jeudi.

Petkovic s'est cependant montré optimiste sur ce point. "Au niveau mental, on est prêts. On doit s'améliorer sur certaines choses, mais j'ai pleinement confiance en l'équipe. Il faudra que l'on montre tout autant notre faim. On veut passer ce tour. Je ne peux pas dire que je suis déjà satisfait de notre parcours jusqu'à présent, parce que pour moi, le plus important, c’est le prochain match, le prochain cap. On va affronter l'un des équipes les plus fortes, l'un des favoris, mais j'ai confiance en mes joueurs" a-t-il poursuivi.

Xhaka, absent de marque

La tâche des Suisses ne sera pas simplifiée par le carton jaune reçu par Granit Xhaka face aux Bleus. Suspendu pour un match, le capitaine de la Nati laisse un trou béant dans son équipe. C'est la première fois depuis le 3 juin 2018 que la Suisse va devoir se passer de son numéro 10. Et à l'époque, il ne s'agissait que d'un match amical. La dernière rencontre officielle des Helvètes sans Xhaka remonte au 7 octobre 2016 contre la Hongrie... une autre époque. 

Doté de qualités techniques uniques dans le groupe de Petkovic, le joueur d'Arsenal en est l'irremplaçable maître à jouer. C'est simple, le joueur est celui qui a fait le plus avancer le ballon par ses passes de l'Euro, toute sélection confondue, avec 1924 mètres. Ses remplaçants potentiels, Djibril Sow (Eintracht Francfort) et Denis Zakabria (Borussia Mönchengladbach), ne jouent pas vraiment dans la même cour. 

Derrière ces chiffres, Xhaka est surtout le principal relais de Petkovic sur le terrain. "Granit est le cœur et le cerveau de l'équipe" relève le gardien Yann Sommer. Contre la France, outre sa prestation exceptionnelle sur le terrain, le Gunner s'était distingué par son leadership en passant son match à remobiliser ses partenaires. Au moment de frapper les tirs au but, c'est lui qui s'était placé au centre du groupe pour encourager tout le monde, dans ce qui restera une des images du tournoi côté suisse.

Pour le remplacer, les Suisses devront se comporter en équipe, si l'on en croit le milieu Remo Freuler : "Forcément, Granit va nous manquer. Contre la France, il a réalisé un match absolument incroyable. C'est forcément dommage qu'il ne soit pas là vendredi (...) l va falloir répondre à son absence en équipe" a déclaré Freuler au Matin. Une version partagée par son sélectionneur en conférence de presse, qui a précisé que le joueur serait tout de même sur le banc."On est une équipe. S'il manque quelqu'un, même un joueur du calibre de Granit (Xhaka), qui est un joueur important, ça ne change rien. Je vais demander 10% d'efforts en plus aux autres joueurs contre cet adversaire. (...) Granit s'assoira sur le banc, avec les remplaçants. Il aura un rôle, comme tous les joueurs. Un rôle différent, mais il en aura un" a déclaré Petkovic ce jeudi en conférence de presse.

Un adversaire moins adapté que les Bleus

L'Espagne ne représente pas que des mauvais souvenirs pour la Nati. Certes, les Espagnols ont remporté 16 de leurs 22 confrontations face aux Suisses, mais ces derniers ont défait la Roja lors de leur dernière confrontation en grande compétition... au Mondial 2010. En phase de poules, les futurs champions du monde avaient en effet trébuché contre la Suisse (1-0). Sans conséquence.

Seulement, cette victoire remonte à un temps où le style de jeu des Helvètes, extrêmement défensif, était une réponse naturelle au jeu de possession espagnol. Aujourd'hui, Vladimir Petkovic a doté sa sélection d'un style offensif basé sur le jeu de passes. Évoluant dans une veine similaire à celle de l'Espagne, la Suisse risque d'être d'autant plus confrontée à la différence de standing entre les deux équipes.

Avec plus de 67% de possession depuis le début de la compétition, les hommes de Luis Enrique tiennent mieux le ballon que n'importe quelle autre équipe. Face au trio extraordinaire du milieu espagnol, (Busquets, Koke, Pedri ou Thiago Alcantara), il sera plus difficile aux Suisses de conserver la possession que face à la France, surtout en absence de Xhaka.

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Cette différence risque de se faire ressentir en attaque comme en défense. Côté offensif, il faudra attaquer vite et bien. Les hommes de Petkovic ont montré qu'ils pouvaient le faire, notamment sur le troisième but face aux Bleus. En défense, la Nati devra contenir la pression incessante de la meilleure attaque de la compétition (11 buts). Or, les Suisses ont déjà encaissé 8 buts depuis le début de l'Euro, ce qui en fait la pire défense du tournoi à égalité avec la Macédoine du Nord, la Turquie et la Croatie.

En somme, les Suisses sont au pied du K2, après avoir franchi l'Everest. Rien ne dit qu'ils n'arriveront pas à triompher de nouveau, mais cela s'annonce difficile.

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