Roland-Garros 2017 : 5 choses à savoir sur Dominic Thiem, le tombeur de Novak Djokovic qui impressionne même Rafael Nadal

Roland-Garros 2017 : 5 choses à savoir sur Dominic Thiem, le tombeur de Novak Djokovic qui impressionne même Rafael Nadal

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TENNIS – L’Autrichien Dominic Thiem, 23 ans et n°7 mondial, a éliminé Novak Djokovic mercredi en quarts de finale à Roland-Garros. Il affrontera Rafael Nadal en demie et a de vraies chances d’y croire. Focus sur un drôle de jeune homme, en passe de dominer son sport pour de longues années.

Les temps ont changé. Déjà. L’an passé, Dominic Thiem était devenu le premier demi-finaliste de Roland-Garros à être né dans les années 1990. Il avait alors pris cher face à Novak Djokovic (6-2, 6-1, 6-4). Les deux hommes se sont retrouvés cette année, en quarts de finale. Et le jeune (23 ans) Autrichien a pris une revanche éclatante mercredi (7-6, 6-3, 6-0). 


Encore méconnu du grand public, voilà pourtant plusieurs années qu’il est devenu la terreur du circuit (il fallait voir le public de Roland se masser pour le voir dès la première semaine). On peut donc compter sur lui pour aborder sans le moindre complexe et en confiance sa demi-finale de vendredi face à Rafael Nadal. 


Focus sur cinq points qui font toute sa singularité.

Il a un intestin très sensible

Cela pourrait prêter à sourire mais, durant trois ans (de ses 16 à ses 19 ans), Dominic Thiem a souffert le martyre. La faute à une tournée en Amérique du Sud et en Asie, début 2010, dont il a ramené des diarrhées chroniques et des douleurs abdominales. Il composera avec pendant un moment, vomissant parfois du sang sur les courts pendant ses matchs, avant de se résoudre à se faire soigner. Il restera un mois entier à l’hôpital, où l’on détectera enfin la présence dans son intestin de la bactérie Campylobacter, principale cause de gastro-entérites humaines dans le monde. Ce n’est plus qu’un lointain souvenir aujourd’hui, même s’il confesse être plus souvent victime d’intoxications alimentaires que d’autres. La dernière en date l’a ainsi conduit à déclarer forfait pour le tournoi de Madrid l’an dernier, et lui a fait perdre cinq kilos en une semaine.

Il a expédié lui-même son prédécesseur à la retraite

Pour l’heure, un seul Autrichien a remporté Roland-Garros : l’ex-n°1 mondial Thomas Muster. Lequel a disputé son tout dernier match officiel à 43 ans... contre Dominic Thiem, alors âgé de 18 ans. Résultat : une raclée (6-2, 6-3). Et une véritable passation de pouvoir. Depuis, le cadet a remporté huit titres sur le circuit. Et ce n’est sans doute pas fini.

Il a un revers magique

Ceux qui ont vu le phénomène jouer seront surpris d’apprendre qu’il a commencé le tennis avec un revers à deux mains. Celui, à une main, qui donne aujourd’hui une dimension esthétique certaine à son jeu tout en brutalité, a une genèse particulière. C’est son entraîneur et mentor, Günter Bresnik, qui l’a obligé à adopter cette nouvelle façon d’envoyer des revers. A l’âge de 11 ans. Une forme d’anachronisme : dans la nouvelle génération (Kyrgios, Coric, Zverev…), il est le seul à effectuer ses revers ainsi. Et, contrairement aux maîtres du genre que sont Roger Federer et Richard Gasquet, lui arrive à y mettre une énorme puissance (c'était toute l'idée de son coach). Pour la petite histoire, Ivan Lendl est tombé complètement sous le charme de ce revers il y a quelques années. En conséquence de quoi, l’octuple vainqueur en Grand Chelem lui a offert, en un coup de fil, un contrat avec Adidas.

Il s’entraîne… en soulevant des troncs d’arbre

Celui qui, lors de son service militaire, s’entraînait au tennis la nuit, est un habitué des lourdes charges de travail. Aujourd’hui, certaines de ses séances se déroulent en pleine forêt. Et il ne s’agit pas de footings en plein air. "Je lui fais soulever des troncs de 25 kg, a en effet révélé son coach historique, Günter Bresnik. On se le passe, toutes les cinq minutes. Je prends le tronc, il prend le tronc... Et nous continuons à marcher comme ça pendant deux heures !" Ce qui explique (aussi) comment le joueur peut se goinfrer des matchs en cinq sets sans broncher.

Rafael Nadal l’a adoubé comme son successeur

Rafael Nadal, son adversaire de vendredi en demi-finales de Roland-Garros, n’est pas un homme connu pour son emphase, du moins médiatiquement. Voici ce qu’a déclaré l’Espagnol au sujet de l’Autrichien dans le quotidien El Mundo, en mai 2016 : "Il me semble que son potentiel est énorme, incroyable, surtout sur terre battue. Sur le strict plan du tennis, ils n’a pas de défaut. Il faudra observer son évolution, voir comment il répondra à la pression quand son statut fera qu’il devra bien jouer  à tous les matchs. Mais je le vois comme un candidat à la victoire finale à Roland-Garros dans les quatre ou cinq années à venir." A Nadal lui-même de faire en sorte que ce ne soit pas dès la deuxième…

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