Roland-Garros 2017 : comment la fourmi Rafael Nadal a mangé tout cru la cigale Benoît Paire

Roland-Garros 2017 : comment la fourmi Rafael Nadal a mangé tout cru la cigale Benoît Paire
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TENNIS – Rafael Nadal n’a fait qu’une bouchée de Benoît Paire (6-1, 6-4, 6-1) ce lundi, lors de son entrée en lice à Roland-Garros. Pourtant, le match n’a pas du tout été à sens unique. Il a même raconté, à lui seul, ce qui se trame au plus haut niveau de ce sport.

"Je peux rien faire !" Nous n’étions alors qu’au début du 2e set quand Benoît Paire s’est tourné vers ses proches dans les tribunes du Suzanne-Lenglen pour leur hurler toute son impuissance. Certes, le Français affrontait Rafael Nadal, nonuple vainqueur à Roland-Garros, et de nouveau archi-favori cette année sur la terre battue parisienne. Certes, l’Espagnol s’est finalement imposé trois sets à rien (6-1, 6-4, 6-1) ce lundi. Pourtant, juste après ce cri de rage, le natif d’Avignon a renversé la vapeur de manière spectaculaire, breakant deux fois de suite le taureau de Manacor et diffusant nettement l’impression de pouvoir le dompter, puis le mettre à terre. La sensation a plané comme la menace d’orage tout du long de cette seconde manche, pour disparaître elle aussi dans un soleil éclatant. Elle ne pouvait, de toute façon, que disparaître.

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L'histoire de ce match fut, à peu de choses près, celle de la fable de la cigale et de la fourmi, avec sa morale inéluctable. Dès l’échauffement, on a vu un Paire dilettante, relâchant ses coups et partant s’asseoir pendant que son adversaire poursuivait ses gammes avec application, avant d’aller faire revoir le cordage de sa raquette. Cela s’est transposé sur le court : Paire n’a eu de cesse de tenter des amortis et autres fantaisies techniques ; Nadal n’a eu de cesse de balancer des coups droits ultra violents en bord de lignes. L’un misait sur les coups d’éclat, l’autre sur le travail à l’usure. Ce cocktail étonnant a ainsi donné lieu à une scène singulière, voyant l’Espagnol sacrifier l’efficacité à l’esthétisme, puis se montrer déçu quand Paire a raté un point sublime et aller le réconforter, en plein 3e set…

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"Contre Paire, c’est toujours un peu étrange, parce que les échanges ne sont pas naturels, a dit le vainqueur après la rencontre. Il est talentueux mais aussi très dangereux, parce qu’il est capable de changer le rythme d’un point très vite. Il a envoyé des amortis mais il a aussi tapé très fort. Heureusement pour moi, il a commis beaucoup d’erreurs à la fin et ça m’a rendu les choses moins difficiles." Nadal, lui, n’a pas commis d’erreurs. Quand le Français lui a pris ses deux jeux de service… il lui a pris les siens, avant de breaker encore. Pour tout dire, on ne l’a vu s’agacer qu’une fois : au moment où Paire, entre deux râleries, a discuté trop longuement une décision de l’arbitre.

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Goguenard, le Français en parlait encore en conférence de presse après le match : "Ecrivez bien que l’arbitre s’est planté !" Plus sérieusement, lui a affirmé que le score correspondait à une réalité : "Je ne sais pas si c'est sa balle, sa présence physique, mais à chaque fois je fais un mauvais match contre lui. Dans le deuxième set, en fait, je cherche juste à remettre la balle dans le court. Quand j'ai voulu attaquer, au début du match, c'était catastrophique..." Et puis Nadal a finalement livré la morale de toute cette histoire : "Les bons et les mauvais moment ne changent rien parce que la vie continue toujours après. Je n'anticipe rien, je me contente de travailler, comme je le fais depuis le début de ma carrière. J’ai gagné ici neuf fois mais après chaque victoire, j'ai été toujours aussi nerveux chaque fois que je suis revenu." Certains ont la nervosité, sans les victoires.

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