Roland-Garros 2017 : quand Djokovic galère encore avec Agassi, Nadal bénéficie déjà à plein de l’effet Moya

Roland-Garros 2017 : quand Djokovic  galère encore avec Agassi, Nadal bénéficie déjà à plein de l’effet Moya
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TENNIS – Rafael Nadal et Novak Djokovic, les deux grands favoris de ces Internationaux de France 2017, ont vécu des débuts de tournoi opposés : tandis que le Serbe se montrait fébrile, l’Espagnol marchait sur l’eau. Des trajectoires censées néanmoins se croiser en demi-finales jeudi, et qui ont tout à voir avec leurs coachs respectifs, Carlos Moya et Andre Agassi.

Cette fois ça y est, ce Roland-Garros 2017 est terminé ! Andre Agassi a plié bagage pour des vacances en famille prévues de longue date et la foule s’est totalement désintéressée du tournoi. On plaisante, bien sûr, mais il fallait voir ces badauds enamourés s’agglutiner par centaines à la moindre apparition du tout nouvel entraîneur de Novak Djokovic, dans l’espoir de seulement l’apercevoir puis d'en parler devant la machine à café. Le Serbe, en tout cas, n’a pas encore tiré bénéfice des conseils de l’Américain. En piste ce mardi pour un quart de finale face à Dominic Thiem, beaucoup doutent de le voir franchir l’obstacle, tant son niveau de jeu et sa nervosité inquiètent depuis le début de la quinzaine. 

A l’inverse, personne n’imagine Rafael Nadal perdre un seul match, et encore moins son quart de ce mardi contre Pablo Carreño-Busta. Le n°4 mondial déroule en effet comme à ses plus belles heures… Mais sans que personne ne se demande comment il a pu retrouver un tel niveau, après de longues années d’atermoiements (sa dernière victoire à Paris date de 2014). Pourtant l’Espagnol aussi a un nouveau coach, qui est d’ailleurs lui aussi une ancienne gloire du tennis, vainqueur notamment de Roland-Garros en 1998 : Carlos Moya. Leur collaboration date de décembre 2016. Hasard ou coïncidence : c’est depuis lors que Rafa Nadal enchaîne de nouveau les performances de très, très haut vol.

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Cela dit tout l’impact que peut avoir un coach dans un sport aussi psychologique que le tennis. Mais la chose est complexe. Ainsi, on a eu beau interroger Novak Djokovic avec une insistance proche du harcèlement, difficile de cerner ce qu’il attend exactement d’Andre Agassi. Voici la réponse donnée par le Serbe que l’on a jugée la plus intéressante : "Toutes les relations entre les coachs et les joueurs sont différentes. Disons qu’Andre sait dire les choses au bon moment, et il sait aussi quand ne pas les dire. Pour moi, elles font sens. J’essaie de mettre en place des petites choses, mais son apport n’est pas quantifiable dans le jeu lui-même, je jouais déjà plutôt bien au tennis avant de le rencontrer (sourire). C’est plus dans l’état d’esprit et l’approche qu’il m’aide." C’est peu dire que cela ne s’est pas vu, entre ses protestations contre les arbitres et ses prises à parti… des ramasseurs de balles durant ses deux premiers matchs.

De son côté, et par effet de contraste, Rafael Nadal, lui, apparaît comme un imperturbable maître Zen. C’est ce qui distingue fondamentalement les deux joueurs. Longuement interviewé dans L’Equipe avant le tournoi, le Serbe admettait ainsi… avoir trop gagné, et en subir les conséquences : "J’ai réalisé que je me basais trop sur le tennis et ses succès comme une source de joie et de paix intérieure. Or, quand on perd, ce n’est pas la fin du monde. Bien sûr que je veux toujours gagner des titres du Grand Chelem. Mais je veux aussi équilibrer ça. Dans le sens d’une stabilité émotionnelle." Alors que Rafael Nadal reste et restera toujours insatiable : "Je me sens très chanceux de jouer, affirme-t-il. Pour moi, ce n’est jamais dur. Quand je vois ce qui se passe dans le monde, jouer au tennis me rend très heureux. Ce ne sera jamais un problème de jouer encore et encore."

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Le travail de Moya, commencé il y a six mois, a donc pu porter plus facilement ses fruits. Il faut aussi dire que son discours est beaucoup plus concret que celui d’un Agassi sur le mental : "On a beaucoup travaillé le coup droit à l'entraînement avec Rafa. On a passé des heures à frapper des coups droits, à faire attention à la position des pieds, au transfert vers l'avant. Mais il fallait qu'il accepte de faire ça, puis qu'il transpose tout ça en match, puis qu'il gagne des matchs pour engranger de la confiance. Aujourd’hui, il n'y a plus beaucoup de spécialistes de la terre battue. Donc il faut s'adapter, oublier les longs échanges, être capable de gagner les points en 2-3 frappes. C'est ce sur quoi on travaille." Pour le coup, cela s'est vu.

L’idée est que l’oncle et coach historique, Toni Nadal, passe la main à l’ancien joueur à la fin de l’année. Une transition en douceur qui tranche, là encore, avec les tensions constatées entre Agassi et Pepe Imaz, le sulfureux "coach mental" que Djokovic a malgré tout gardé dans son staff… Mais tout cela mérite néanmoins d'être relativisé. Ainsi, quand on a demandé à Rafa Nadal en quoi Moya l’aide depuis décembre dernier, voici ce qu’il nous a répondu : "Carlos travaille bien avec mon oncle et le reste de mon staff. Cet esprit d’équipe a été très positif pour moi. Je me sens bien grâce à ça. On a aussi changé certaines choses à l’entraînement mais je dois dire que le plus important pour moi, c’est que je ne me suis pas blessé depuis qu’il est là. C’est ce qui m'a permis de m’entraîner autant que je voulais, ce que je n’ai pas toujours pu faire. Et ça fait toute la différence." On peut décidément toujours compter sur Nadal pour aller droit à l’essentiel.

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