Comment Roland-Garros se protège des attentats terroristes dans le plus grand des calmes

Comment Roland-Garros se protège des attentats terroristes dans le plus grand des calmes

TENNIS – Les organisateurs de Roland-Garros n’ont pas changé leur fusil d’épaule malgré la menace d’attentat terroriste qui pèse toujours plus sur les évènements sportifs : le dispositif est resté le même qu’en 2016. Il n’en est pas moins conséquent. Et rassurant.

"Vous n’avez pas de bouffe là-dedans au moins ?" Ce n’est pas le moindre des exploits ayant été réalisés à Roland-Garros cette année que d’arriver à faire sourire le spectateur tentant d’arriver sur le site et qui se retrouve fouillé pour la 3e fois sur 500 mètres, sous un soleil de plomb. Comme les agents de sécurité aux cravates orange, il vaut effectivement mieux prendre la chose à la légère, et son mal en patience. Ensuite, il y aura la palpation et le passage au détecteur de type magnétomètre. Deux fois chacun. Et puis, une fois sur place, il faudra encore montrer patte blanche pour accéder à chaque court… On pourrait penser que tout cela est lié aux attentats qui frappent de façon plus récurrente ces derniers mois les évènements sportifs. Mais en fait non, pas tellement.

Nous ne sommes pas aguerris à une situation d'attentat dans le sens où nous n'en avons pas vécu mais nous sommes formés- Stephan Post, vice-président délégué et porte-parole de la FFT

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La proximité chronologique avec l’attentat de Manchester, le lundi 22 mai, soit six petits jours avant le début du tournoi, aurait pu jeter un froid. Elle a simplement conduit les organisateurs… à reconduire le dispositif de 2016, déjà conséquent. L’idée étant de ne pas céder non plus à la psychose. "Nous sommes toujours à une phase de niveau 2 de sécurité renforcée (risque d'attentat du plan Vigipirate, ndlr). Il n’y avait pas de raison de changer puisqu’il n'y a pas eu aucune consigne particulière de notre partenaire sécurité, qui est la préfecture de police de Paris", explique Stephan Post, vice-président délégué et porte-parole de la Fédération française de tennis (FFT).

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"On fait vraiment une priorité de la sécurité dans nos actions. Nous ne sommes pas aguerris à une situation d'attentat dans le sens où nous n'en avons pas vécu mais nous sommes formés, nous avons fait des simulations et des répétitions. Avec l'expérience de l'an passé, notre système est plus performant, insiste le dirigeant. Le risque zéro n'existe pas mais on ne vit pas dans l'angoisse. Tout notre personnel est formé, pointu. Il y a même des agents de formation qui passent tous les jours auprès des agents de sécurité pour être sûr que le moindre petit détail ne sera pas négligé." En outre, la plupart des agents que nous avons interrogés indiquent travailler sur le tournoi depuis plusieurs années. Ce qui explique (aussi) qu’ils parviennent à concilier ainsi vigilance et bienveillance.

Je ne me suis jamais senti en danger à Roland-Garros, ce n'est pas comme un stade de foot- Philippe, un habitué du tournoi

"Franchement, je ne me suis jamais senti en danger à Roland-Garros parce qu’on voit bien qu’on n'y entre pas comme dans un moulin, ou dans un stade de foot, où les fouilles sont des blagues (rires). L’entreprise où je travaille est partenaire du tournoi donc je viens les quinze jours chaque année depuis six ans et je ressens bien que c’est différent cette année, parce qu’il y a des agents partout, dans chaque recoin, mais ce n’est pas oppressant, bien au contraire, ça rassure", juge Philippe, cadre dans une banque fendant la vaste foule s’étalant du court n°14 au stade Philippe-Chatrier. Pour lui comme pour ceux qui viennent en couple, entre amis ou en famille, le système fonctionne : la présence visible des 1.200 agents n’empêche pas de penser exclusivement au tennis ou à faire des emplettes sur les nombreux stands.

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Les nombreux policiers stationnés, devant leurs fourgons ou les entrées, le long du boulevard d’Auteuil, paraissent eux aussi attentifs mais relativement détendus. Les journées les plus chargées, près de 35.000 spectateurs peuvent pourtant s’accumuler sur le trottoir et se masser devant chaque point de passage. Mais aucun incident n’a encore été déploré depuis le début de la quinzaine. "On est extrêmement vigilants, assure Jacques Le Méné, responsable de la sécurité à la FFT. Nous ouvrons les portes dès 9h30 pour améliorer la fluidité de l'entrée. Il y a un peu d'attente, mais les gens comprennent très bien pourquoi et acceptent ce type de mesures." Ils ont du mal à comprendre, en revanche, pourquoi les agents traquent la nourriture dans leurs sacs. L’un d’eux nous l’explique très sérieusement : "Souvent, des gens viennent avec un couteau et une fourchette. Et ils n’ont pas le droit." C’est, pour l’heure, la principale menace qui plane sur le tournoi.

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