Tiger Woods à la Ryder Cup : "Il augmente de 30 à 50% la médiatisation d'un tournoi"

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NOTORIÉTÉ - Son incroyable résurrection en a surpris plus d'un. Tiger Woods a réussi (une fois encore) l'impensable en décrochant son billet pour la Ryder Cup, du 28 au 30 septembre. La seule présence de l'Américain précipite l'épreuve-reine du golf dans une autre dimension.

"Le Tigre" va rugir sur le Golf national. Après six années d'absence en Ryder Cup, et au terme d'une stupéfiante renaissance sportive, Tiger Woods va ressortir les griffes dans la capitale, du 28 au 30 septembre, pour la première fois depuis 1994. À l'époque, il avait remporté le Championnat du monde amateurs par équipes sur le green hexagonal à Saint-Quentin-en-Yvelines. Aujourd'hui âgé de 42 ans, le golfeur aux 14 Majeurs a été appelé par le chef de troupe des États-Unis Jim Furyk pour participer à l'affrontement biennal entre les meilleurs Américains et Européens, qu'il n'a remporté qu'une seule fois (1999) en sept participations.


Donné perdu pour le golf, après un long passage à vide où il a été plombé par ses déboires personnels et quatre opérations du dos entre 2014 et 2017, Tiger Woods a réussi, en huit mois sur 2018, ce que de nombreuses personnes pensaient impossible. "Les gens se sont demandés s'il allait pouvoir revenir au top niveau, moi le premier je me suis posé la question", confie à LCI Jean Van de Velde, premier golfeur tricolore à avoir disputé une Ryder Cup en 1999. "Quand on a été n°1 mondial, avec 80 victoires sur le PGA Tour en carrière, - ce qui n'est pas donné à Monsieur tout le monde, qu'on se le dise - on pouvait imaginer que. Mais avait-il l'envie de se faire mal comme au premier jour ? Il nous a donnés sa réponse ces derniers mois."

D'abord approché pour occuper la fonction de vice-capitaine, le golfeur se concentrera exclusivement sur son rôle de joueur. À la faveur de son bel été, une sixième place au British Open et une deuxième place à l'USPGA, le champion américain a convaincu le capitaine de l'intégrer au Team USA pour cette édition. "Il y a un an, c'était inimaginable de le voir à un tel niveau", témoigne Raphaël Jacquelin, assistant-coach de l'équipe européenne. "C'est une chance immense que l'un des meilleurs joueurs de tous les temps, qui a battu presque tous les records et cherche encore à en battre, soit en forme au moment de la Ryder Cup."

Ce n'est pas le même tournoi quand Tiger joueRaphaël Jacquelin, assistant-coach de l'équipe européenne

Par sa seule présence, le Californien va donner une résonance toute autre à l'épreuve-phare du golf. "Sur un événement classique du type PGA Tour ou Grand Chelem, Tiger Woods, et c'est un indicateur clé, augmente de 30 à 50% l'exposition médiatique d'un tournoi", nous explique Christophe Muniesa, le directeur technique national (DTN) de la Fédération française de golf. "C'est le catalyseur du golf mondial, et ce depuis 1997, année lors de laquelle il a remporté son premier Masters d'Augusta. Aujourd'hui, il n'y a pas d'équivalent tout sport confondu d'un athlète qui a un tel impact en termes d'élargissement de l'audience." "Quand Tiger va placer sa balle sur le tee du trou n°1, tout le monde va se ruer sur sa télé. Ça a toujours été comme ça avec lui et ça le sera toujours. Ce n'est pas le même tournoi quand il joue", ajoute Jacquelin.

Un VRP naturel pour le golf

À l'image d'un Michael Jordan au basket ou d'un Carl Lewis en athlétisme, la notoriété du "Tigre" surpasse celle de son sport. Cela n'étonne pas Jean Van de Velde, qui a notamment côtoyé l'Américain à la Ryder Cup 1999 : "Il a une aura incroyable.  Il a maximisé toutes les composantes nécessaires au très haut niveau. C'est un phénomène, un joueur hors norme." Lui, le plus jeune n°1 de l'histoire du golf, à seulement 21 ans, 42 semaines après son passage chez les pros.


Chacune de ses apparitions est en quelque sorte une publicité vivante pour le golf. Et pour la Ryder Cup, dans le cas présent. "Ça représente énormément pour nous", affirme Paul Armitage, le directeur du Golf national, la future aire de jeux de Woods. "Sa sélection donne un coup de boost à la compétition qu'est la Ryder Cup." "C'est la magie de Tiger Woods", surenchérit Christophe Muniesa, le DTN tricolore. "On a prêché pendant huit ans dans le désert. Toute l'année, notre service de presse est à la peine pour faire parler du golf sur les ondes et dans les colonnes. Depuis l'annonce de sa sélection par Furyk, c'est l'inverse qu'il se passe. Tout le monde vient frapper à notre porte pour nous demander des infos sur la Ryder Cup." 

Une aubaine pour le golf, qui pâtit de l'image de sport snob pour les riches qu'il véhicule en France. Les acteurs de la discipline dans l'Hexagone comptent bien capitaliser sur la venue de l'Américain. "Là où il y a des clichés qui font long feu, considérant que le golf n'est pas un sport à part entière, Tiger bat en brèche ces idées de part ce qu'il incarne : un sportif et un athlète totalement accompli, quasiment surhumain. Il y a une forme de mythe autour de lui, tant il a traversé d'épreuves physiques, personnelles, de remises en cause, de hauts et bas. C'est le Phénix du golf mondial." Preuve de ce statut de légende, sa présence sur le fairway du Golf national ferait presque oublier au public l'absence acquise d'un Bleu chez les Européens.

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