Ryder Cup : Tiger Woods, l’incroyable come-back

RETOUR - Il a erré pendant des années avant de renaître de ses cendres. Plombé pendant trois ans par des pépins physiques, puis arrêté par la police shooté aux médicaments en 2017, Tiger Woods réussit à signer l’un des improbables come-back de l'histoire en arrachant sa sélection pour la Ryder Cup.

Qui l’eût cru ? Sans doute peut-être même pas lui. Alors, lorsqu’il reprend le chemin des greens en janvier 2018, les plus enthousiastes ne cachent pas leurs doutes. Il faut dire que l’ancienne légende du golf, ancien numéro 1 mondial n’est plus que l’ombre de lui-même. 656e mondial, Tiger Woods part de trop loin selon les spécialistes. Le fossé avec les meilleurs semble trop grand. Sa présence comme joueur au Golf de Saint Quentin en Yvelines où vont s'affronter l'Europe et les Etats-Unis lors de la Ryder Cup fin septembre? Un doux rêve, auxquels seuls quelques rares fans s'accrochent. Et pourtant, en quelques mois, Woods va réussir ce que de nombreuses personnes pensaient impossible.

Pendant des semaines, sa progression est constante. Il pointe de plus en plus régulièrement le bout de son drive tous près des podiums jusqu'au British Open en juillet, où la planète golf se remet à frissonner. Il mène le British à neuf trous de la fin mais vacille et ne parvient qu'à terminer 6e. Quelques jours plus tard, début août, l'hystérie repart. Il lutte pour la victoire jusqu'au bout mais échoue à deux coups de Brooks Koepka au PGA Championship. L'opinion s'inverse : impensable il y a des mois, sa présence au sein de la Team USA fin septembre ne fait plus guère de doute. Un exploit de plus pour Woods, un athlète décidément à part.

L’image du golf mondial

Parce que Tiger Woods est un des rares, à l'image de Roger Federer en tennis, qui incarnent à eux seuls leur discipline. Quand il débarque sur la planète golf au milieu des années 90, il suscite dès le début un intérêt hors-norme. Jeune, métissé (né d'un père noir et d'une mère asiatique) - incongruité dans un monde à la couleur quasi-uniforme -, il apporte un vent nouveau dans le golf. Son jeu fait aussi la différence, et surtout il se met à tout gagner : entre 1996 et 2008, il domine outrageusement son sport, empoche 14 titres du Grand Chelem, ce qui le laisse à quatre longueurs d'une autre légende du golf Jack Nicklaus, soulève 106 trophées et fait passer le golf sur une autre planète.

Affaires extra sportives

Puis la machine s'enraye. En 2009, la révélation de ses nombreuses liaisons désarçonne celui que l'on croyait à l'époque inébranlable. Il se sépare de sa femme, le mannequin suédois Elin Nordegren, avec qui il a eu deux enfants et est contraint par ses sponsors à faire des excuses publiques.


Il parvient tout de même à redevenir numéro 1 mondial en 2013, mais va se blesser à plusieurs reprises notamment au dos. Il n’y arrive plus. Pire, un soir de mai 2017, il est arrêté endormi au volant de sa voiture sous l'emprise d'un cocktail de médicaments et d'antidépresseurs.

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Il refoule finalement les greens en janvier 2018. Et huit mois plus tard, il pointe au 26e rang mondial et obtient le droit de jouer au sein de l'équipe américaine de Ryder Cup. Il ne lui reste plus qu'à gagner un nouveau tournoi du grand Chelem pour parachever une œuvre à laquelle il était peut-être le seul à croire il y a encore quelques mois.

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