Semi-marathon de Paris 2018 : pourquoi les coureurs sont accros aux endorphines

Semi-marathon de Paris 2018 : pourquoi les coureurs sont accros aux endorphines

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EFFORTS – La pratique de la course à pied n'est pas qu'un exutoire. Les images de ces visages défigurés par la douleur et le dépassement de soi cachent un secret bien plus agréable qu'il n'y paraît. Pour peu que vous parveniez à courir plus d'une demi-heure, vous atteindrez le nirvana, un sentiment de plaisir et de bonheur insoupçonné. Les "runners" que nous avons interrogés sont formels. Ils nous racontent leurs expériences.

C’est prouvé : les sports d'endurance, et au premier titre, la course à pied, provoquent une bonne montée d'hormones du bonheur. Communément appelé "endorphine", niché dans des glandes près du cerveau, cet antalgique naturel, analogue aux amphétamines agit sur la perception de la douleur. 


Ses effets, anesthésiant et euphorisant, permettent de maintenir un effort en dépit de la fatigue. Mais atteindre ce nirvana hormonal a un prix : il vous faudra courir au moins trente bonnes minutes sans interruption à allure modérée. A l’occasion de la 26e édition du semi-marathon de Paris, LCI republie des témoignages de passionnés du running racontant leurs "shoots" d'endorphine.

Impossible de concevoir ma vie sans basketsAnnick, 51 ans, la Diagonale des fous et de nombreux raids multisports à son actif

"Mon addiction aux endorphines date de mon premier raid multisports en 2008. Ensuite, elles ont pris totalement possession de mon corps quand en plus, je me suis mise au trail deux ans plus tard. C’est alors que les envies d’épreuves longues ont commencé à germer dans mon esprit. Depuis, la course est synonyme de plaisir, de satisfaction et surtout de liberté. Il y a eu des fins de courses douloureuses où le simple fait de marcher était pénible mais, j’étais heureuse. Seule ou en équipe, il faut que je coure. Où que j’aille, il y en a toujours une paire dans mon sac de voyage. Impossible de concevoir ma vie sans mes baskets."

On pourrait me faire la pire des crasses, rien ne pourrait m'énerverDorothée, 48 ans ultramarathon des 2 océans (56 km), 100 km de Millau

"Les endorphines m'aident à avancer. Je les prends comme elles viennent, mais quand elles sont là, la vie est belle et je suis particulièrement zen. On pourrait me faire la pire des crasses, rien ne pourrait m'énerver. Chez moi les effets sont longue durée et je sors vraiment doucement de cette phase. C'est tout bénéfice pour moi et mon entourage..."

La descente est parfois difficile, mais j'adore çaLouis, 30 ans, trois marathons en chantant

"En sortie longue comme en course, après une heure environ, les hormones commencent à arriver. Je suis bien et  d'un coup je me mets à chanter. Tout y passe de mes chansons préférées, à ce que j’ai entendu le matin à la radio. Doucement au début, puis assez fort ensuite car les coureurs ou les piétons autour de moi m’entendent. C’est drôle. Certains sourient quand d’autres sont un peu étonnés. Moi, ça m’aide, je me sens comme porté. Puis j’amorce la longue descente des endorphines et je baisse mon volume. La fin est parfois difficile, mais j’adore ça."

J'ai eu droit à mon moment de grâcePhilippe, 53 ans, 24 ultra marathons dans les jambes

"Pour être franc, je recherche cet état. Tombé dans les courses longues distances, il y a longtemps, j’ai vite saisi que les sensations éprouvées en courant me faisaient non seulement du bien sur le moment mais aussi après. Après une course, je suis plus zen, plus enclin à m’occuper des corvées et plus patient aussi. Car je sais que j’ai eu droit à mon moment de grâce."

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