Semi-marathon de Paris : ou comment j'ai couru 21,097 km… au mental

Semi-marathon de Paris : ou comment j'ai couru 21,097 km… au mental

RUNNING – Dimanche 6 mars, 47.500 coureurs ont pris le départ du semi-marathon de Paris. Le Kenyan Cyprien Kotut a remporté l’épreuve en 1h01’4’’. Affaiblie par une tendinite et une fin de gastro-entérite, notre reporter a tenté de suivre ses traces sans ramper. Récit.

C’était bien mal parti. Après une préparation inégale, une tendinite au genou et une gastro surprise deux jours seulement avant l’épreuve, mon troisième semi-marathon promettait d’être un calvaire. Un de ces moments longs de 21 km où l’on se demande pourquoi enfiler du lycra ridicule, pourquoi courir sans but, pourquoi ne pas regarder des séries au lit ? Personne ne doit se poser ces questions, sinon on ne serait pas 47 500 à Vincennes ce dimanche matin. En plus, la météo avait prévu des averses de neige fondue. Bigre.

Blindée d’une genouillère achetée 60 euros la veille, de gels énergétiques et d’une bonne dose de fatalisme, je prends finalement le départ dans le dernier sas, au moment où le vainqueur, le Kényan Cyprien Kotut, a déjà bouclé sa course en 1 h 01 min 04 secondes et pris sa douche. Grand soleil, temps sec et frais, miracle ! Sur fond d’atroce techno, la foule de coureurs s’élance, l’humeur générale est belle, normal, ce n’est que le début.

"Si Trump peut gagner une primaire, tu peux finir ta course" 

Dès les premières foulées, je me sens davantage dans la peau de Jackie Sardou que dans celle d’Usain Bolt. Au bout de 5 km, la genouillère justifie son prix. Le genou droit tient bon, au détriment… du gauche. Cette douleur-là va m’accompagner jusqu’au bout. La gastro ? Elle s’est muée en crampes d’estomac que les gels énergétiques viendront gentiment enflammer.

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Heureusement, il y a le public sur les côtés, les fanfares et leurs reprises d’Eurythmics, la batucada, les pancartes "Allez maman" et celle qui dit : "Si Trump peut gagner une primaire, tu peux finir ta course." Et les bénévoles, qui distribuent des hectolitres d’eau et des tonnes de bananes pour se retrouver trempés et recouverts de pelures.

10e km. Les quais, bientôt Bastille : c’est beau, Paris sans voitures. Et là, mes genoux me lâchent en me disant de me débrouiller toute seule. Le mental doit prendre le relais. Je pense à Rocky, qui ne se gagne ses rounds qu’une fois KO. A tous ces gens qui courent contre le cancer. A cette sexagénaire qui effleure à peine le sol de ses chaussures roses. A cet article, qui me distrait pendant un kilomètre.

La dernière ligne droite est interminable


15e km. La douleur, le dernier gel et l’impression de ne jamais finir provoquent une légère confusion mentale. L’esprit de Jackie Sardou me dit : "Tu t’es payé ma tête au début, maintenant tu assures jusqu’au bout ". Tope là, Jackie ! Je ralentis un peu. Une vieille dame qui promène son chien me dépasse. J’accélère. Les endorphines qui se faisaient attendre se manifestent enfin : le plus dur est fait, pensons aux amis qui vous attendent à l’arrivée pour la troisième mi-temps.

20e km. Je cours comme un zombie dans "Walking Dead". Le bois de Vincennes est sans fin, il n’y a plus de ravitaillement ni de fanfares, je n’ai plus qu’à me laisser mourir au bord de la route. Et soudain, cette fichue arche d’arrivée se profile enfin. Un dernier râle, et on y est. Encore quelques mètres pour refroidir le moteur au milieu de gens singulièrement frais ; des bénévoles vous donnent un poncho, une médaille, une bouteille d’eau et, joie, une banane ! Sonnée mais contente, je me jure de ne jamais courir de marathon. Et de me réinscrire au semi en 2017.

EN SAVOIR + >>  Pour connaître tous les résultats du semi de Paris, c'est par ici

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