Teddy Riner "un peu touché" par la polémique autour de son salaire

Teddy Riner "un peu touché" par la polémique autour de son salaire

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JUDO - Après la révélation d'un rapport de la chambre régionale des comptes pointant son salaire de 30 000 euros payé en majorité par des subventions publiques, Teddy Riner réagit.

On a longtemps cherché Teddy Riner les jours ayant précédé les Championnats d'Europe de judo 2014, qui se tenaient à Montpellier. Les délégations des pays participant logeaient toutes dans un hôtel club de la presqu'île du Ponant, tout près de la Grande-Motte, à l'exception de l'équipe de France, hébergée dans un hôtel à part, non loin de là. Enfin, presque toute l'équipe de France, puisque le septuple champion du monde se trouvait, lui, dans un autre établissement, plus luxueux. Seul. L'anecdote suffit à illustrer la différence de statut entre le judoka star et ses confrères. Elle se trouve aujourd'hui au cœur d'une polémique après la révélation, jeudi dernier, d'un rapport de la chambre régionale des comptes pointant son salaire mensuel de 30 000 euros, payé en majorité par des subventions publiques à Levallois. Ce mardi, sur les ondes d'Europe 1 , l'intéressé réagit enfin.

"Je suis une victime, dit-il. Je suis un peu touché, peiné d'être au cœur de cette polémique. J'ai toujours été au Levallois Sporting Club (LSC). Je suis ambassadeur de la ville depuis 2009. Je combats sous les couleurs du LSC depuis très longtemps et on a gagné de nombreux titres. Quand je suis arrivé, cela faisait 14 ans qu'on n'avait pas gagné la Coupe d'Europe... Donc je ne comprends pas trop. Je n'ai pas volé cet argent, on me l'a donné, on est venu me chercher. Je suis toujours bien à Levallois. Je fais partie des dommages collatéraux de cette polémique." Une manière de renvoyer son employeur à ses responsabilités : financé à près de 90% par la ville dirigée par Patrick Balkany, le LSC affiche un déficit chronique au-delà du cas Riner et ne survit que grâce aux subventions municipales (plus de 6 millions d’euros l'an dernier, un montant en augmentation constante).

Un salaire équivalent à celui d'un bon joueur de Ligue 2

Pourtant, la section judo du club offre à sa tête de gondole de généreuses primes de résultats (46 000 euros un Championnat d’Europe remporté, 15% d’augmentation pour l’or aux JO), un salaire net de 24 000 euros jusqu’en 2018, un loyer de 1900 euros mensuel et 880 euros destinés à la location d’une voiture, dont 330 euros pour le carburant. Alors que le gaillard, dont les revenus commerciaux s'élevaient à 1,7 million d’euros en 2014, possède déjà deux autres rutilantes berlines. Et qu'il vit à Paris et s'entraîne à l'Insep, au sud-est de la capitale (Levallois est au nord-ouest). Sa dernière apparition sous les couleurs de son club remonte à novembre dernier, en Championnat de France, compétition qu'il snobe habituellement pour se consacrer aux seuls grands évènements internationaux.

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Dans les faits, le judoka s’est juste engagé à faire la promo du club et à citer "la ville de Levallois dans les médias". Ce qui fait cher la contre-partie. Mais tout cela ne créerait pas de tels remous s'il s'agissait d'argent privé. Car de telles sommes circulent depuis longtemps dans le monde du sport. Et Riner, outre son invraisemblable palmarès faisant de lui une légende vivante , grimpe régulièrement sur le podium des athlètes préférés des Français. Il convient donc de relativiser : si la plupart des judokas pros se contentent de bourses faméliques et peinent à boucler leurs fins de mois, le champion olympique émarge au niveau d'un bon joueur de foot en Ligue 2. La ville la plus endettée de France, qui n’a jamais payé aussi cher pour un sportif, n'avait juste pas les moyens de s'offrir.

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