Tennis : Océane Dodin, un phénomène qui "n'a peur de personne"

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OPEN D'AUSTRALIE - Océane Dodin est la révélation française de ces derniers mois. Dotée d’un style de jeu encore plus à risques que Maria Sharapova, elle s’est qualifiée lundi pour le 2e tour à Melbourne et affrontera désormais une autre cogneuse, en la personne de la Tchèque Karolina Pliskova (n°22).

“J’aime bien être un phénomène, j’aime bien ne pas être comme les autres”. Océane Dodin a la fougue et l’insolence de ses 18 ans, sur le court comme en dehors. Du haut de son 1,83m, la longiligne lilloise n'apprécie faire qu’une chose : taper le plus fort possible dans la balle et expédier les échanges en deux ou trois coups de raquette. Invitée par les organisateurs de l’Open d’Australie, la 183e joueuse mondiale - qui était encore 689e en mai dernier ! - a dominé l’Américaine Alison Riske (7-6(5), 3-6, 6-3), 40e joueuse mondiale, lundi lors du 1er tour.

La Française a fait forte impression avec son style atypique. C’est bien simple : elle joue toute seule, en faisant les points et les fautes. Au service, elle tape quasiment deux premières balles et tout avance à une vitesse assez monstrueuse. Évidemment, dans ce jeu qui ne connaît que le risque, il y a du déchet (57 fautes lundi pour 35 coups gagnants) mais c’est la voie choisie avec son père afin d’atteindre les sommets. “J’ai essayé de déterminer très tôt une identité de jeu pour elle”, explique ainsi Frédéric Dodin.

Océane Dodin : "Etre n°1 mondiale, j'y crois"

Georges Goven, qui en connait un rayon en matière de prodiges féminins (il a coaché Tatiana Golovin, Kristina Mladenovic ou encore Alizé Cornet), les a rejoints depuis sept mois, adhère: “Avec elle, ce sera toujours 'ça passe ou ça casse' : frapper dans tout, ne jamais reculer. J’aimerais voir un petit peu plus de sécurité mais là c’est passé contre une bonne joueuse pour un premier Grand Chelem donc c’est intéressant. Elle a une capacité phénoménale à retourner, un peu comme Marion Bartoli. Elle vise la place de n°1 mondiale et c’est l’objectif qu’on peut se fixer avec son style qui n’a pas de limites.”

Sur la touche pendant sept mois la saison passée (lourde opération dentaire, problèmes de vertiges), Dodin sait que la prudence reste de mise. Hors de question pour cette fan de Maria Sharapova et Serena Williams de griller les étapes : “Je ne suis pas une fille qui se met de la pression et qui stresse. Je n’ai peur de personne, et ce n’est pas pour faire ma maline (rire). Être n°1 mondiale j’y crois, c’est un rêve, même s’il ne faut pas s’enflammer. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir, mais je sais où je veux aller.” Trop tôt pour dire si le tennis féminin français a trouvé sa relève, mais une chose est certaine : il a déniché un sacré numéro !

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