Le Japon place Seiko Hashimoto, médaillée olympique et une des rares femmes politiques, à la tête de ses JO

Seiko Hashimoto est la nouvelle présidente du Comité d'organisation des JO de Tokyo.

ÉGALITÉ - Après la démission de son prédécesseur, qui avait proféré des propos machistes, Seiko Hashimoto a été nommée présidente des Jeux olympique de Tokyo, jeudi 18 février. Médaillée olympique, celle qui occupait jusqu'à présent le rôle de ministre des JO est l'une des avocates de l'égalité femme-homme au Japon.

Les JO de Tokyo veulent repartir du bon pied. La ministre japonaise des Jeux olympiques Seiko Hashimoto a été nommée jeudi 18 février présidente du comité d'organisation, en remplacement de Yoshiro Mori qui avait dû démissionner vendredi 12 février, après son dérapage sexiste et misogyne qui a suscité un tollé. "Je ne vais m'épargner aucun effort pour le succès des Jeux de Tokyo", a déclaré la nouvelle patronne, âgée de 56 ans, juste après sa nomination, intervenant à cinq mois de l'ouverture prévue de l'événement planétaire (du 23 juillet au 8 août), reporté l'an dernier à cause de la pandémie de Covid-19. 

Alors que la tenue des Jeux demeure hypothétique, puisque liée à l'évolution de la crise sanitaire mondiale, la désormais ex-ministre des JO a tenu à rassurer les sceptiques. Elle a indiqué que les mesures mises en place pour lutter contre le coronavirus, toujours menaçant malgré l'arrivée de premiers vaccins, seraient la "priorité absolue". Seiko Hashimoto a aussi dit vouloir faire en sorte que le public, tant au Japon qu'à l'étranger, "sente que les Jeux olympiques seront sûrs". Cette question épineuse de la présence ou non de spectateurs, et d'une éventuelle jauge maximale, doit être tranchée au printemps.

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Peu auparavant, elle avait présenté au Premier ministre Yoshihide Suga sa démission du gouvernement, dans lequel elle était l'une des deux seules femmes à occuper un portefeuille. Ce dernier "m'a adressé des mots bienveillants", avait-elle confié devant la presse. "Il a l'espoir que je puisse donner toute mon énergie pour créer des Jeux de Tokyo fédérateurs pour le peuple japonais". Seiko Hashimoto est rapidement apparue comme la grande favorite pour succéder à Yoshiro Mori, poussé vers la sortie pour avoir déclaré que les femmes parlaient trop longtemps durant les réunions, ce qu'il trouvait "embêtant".

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Les propos de cet ancien Premier ministre japonais de 83 ans avaient été vivement condamnés, au Japon comme à l'étranger. Le Comité international olympique (CIO) avait tardivement jugé qu'ils étaient contraires aux valeurs de l'olympisme, notamment en matière d'égalité des sexes, et des sponsors des JO avaient aussi accentué la pression sur Mori. Après son départ, un conseil paritaire avait été formé pour lui trouver un successeur, alors qu'il avait initialement tenté de se faire remplacer par un proche, l'ancien patriarche du football nippon Saburo Kawabuchi, 84 ans, encore plus âgé que lui.

L'égalité des chances au cœur de sa politique

Ministre chargée des Jeux olympiques et de l'égalité femme-homme depuis septembre 2019, par ailleurs membre de la Chambre haute du Parlement depuis 1995, Seiko Hashimoto a aussi une longue carrière de sportive de haut niveau derrière elle. Elle a en effet participé à sept Jeux olympiques (quatre JO d'hiver et trois JO d'été) dans les années 1980 et 1990, en tant que patineuse de vitesse et comme cycliste sur piste. Elle a notamment décroché une médaille de bronze en patinage de vitesse aux Jeux d'Albertville en 1992. Le défi qui l'attend est immense puisqu'une majorité des Japonais est contre la tenue des JO cette année, redoutant que l'événement n'entraîne une recrudescence de l'épidémie dans le pays.

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JO de Tokyo : les athlètes dans le doute

Kazuko Fukuda, une militante des droits des femmes au Japon, a salué jeudi sa nomination à la tête de Tokyo-2020 et le processus de sélection. "Je pense que le fait qu'ils (les organisateurs des JO, ndlr) aient établi cinq critères pour choisir le nouveau président, dont la compréhension de l'égalité des sexes et des droits humains, représente un vrai progrès", a-t-elle réagi auprès de l'AFP. "Maintenant il faut s'assurer que les politiques d'égalité hommes-femmes dans le pays ne reculent pas", a ajouté la militante, qui avait participé à la création d'une pétition contre Yoshiro Mori, qui a récolté plus de 157.000 signatures.

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