Tony Parker : "On n'est pas sur la fin"

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BASKET - Champion NBA pour la quatrième fois avec les Spurs, Tony Parker assure que le ''Big Three'' composé de Manu Ginobili, Tim Duncan et lui-même est encore programmé pour gagner. Au moins pour la saison prochaine.

Deux jours après la victoire dans le match 5 face à Miami , synonyme de titre de NBA, Tony Parker a pris le temps de répondre à nos questions, à l'occasion d'un point téléphonique. Malgré la fête qui a été longue, le meneur des Spurs semble en pleine forme. 

Avec du recul, dites-nous pourquoi ce titre est particulier ?
Parce que le dernier de la franchise, c'était il y a sept ans. Et par rapport aux circonstances et à la façon dont on l'a perdu l'an dernier, à quel point c'était cruel (il mène de cinq à 28 secondes de la fin dans le match 6 de la finale), le d'atteindre à nouveau la finale, ça montre le caractère de cette équipe. Il faut être extrêmement fort mentalement pour revenir de ça. Chaque année on dit qu'on est trop vieux. Gagner le titre, c'est la cerise sur le gâteau.

Le fait que Boris Diaw l'ait remporté à vos côtés ne rend-il pas se sacre encore plus spécial ?
C'est vrai, on ne gagne pas un titre de Champion NBA avec son ami d'enfance tous les jours. Depuis l'Insep on rêve de NBA, et à l'époque il y avait peu d'Européens dans la ligue. Le fait d'avoir deux Français dans la même équipe, et titulaires  en plus, ça donne un goût particulier. C'est un couteau suisse et je suis fier de le voir à ce niveau-là. Et surtout que les Etats-Unis le découvrent au très haut niveau. 

Cette finale contre Miami était une revanche ?
On n'était pas en mode revanche. C'est clair que la cicatrice de l'année dernière, ça nous a motivés. Mais j'ai pris cette rencontre comme un ''rematch'', parce que j'ai beaucoup de respect pour Miami et ce qu'ils ont fait avec leurs quatre finales et leurs deux titres, c'est vraiment une équipe avec de grands champions ! Mais on préférait jouer Miami en finale, plutôt qu'Indiana.

''Le Big Three va encore jouer au moins une année"

Maintenant que la finale est gagnée, que Tim Duncan a obtenu son cinquième titre et vous votre quatrième, comment fait-on pour se remotiver et repartir à la conquête d'une nouvelle bague de champion ?
Quand tu y goûtes, tu as toujours envie de gagner plus. Etre champion NBA, c'est le meilleur feeling au monde en tant que basketteur. Après, je ne pense pas qu'on soit sur la fin. Tim et Manu (Ginobili) vont rester et le ''Big Three" (les trois joueurs majeurs) va encore jouer au moins une année je pense. Après on verra, ils vont réfléchir cet été mais j'espère qu'on fera une dernière année ensemble.

LeBron James a dit qu'il n'avait jamais joué contre une équipe aussi forte. Considérez-vous que c'est le meilleur jeu que vous ayez développé ?
Au niveau de l'attaque c'est une des meilleures équipes avec lesquelles j'ai joué. C'est vrai que l'on était très complémentaire, que l'on avait beaucoup de shooter et que la balle bougeait merveilleusement. Après, défensivement, en 2003 et 2007 on est peut-être un peu au dessus. C'est toujours difficile de comparer les équipes qui ont été championnes mais celle de cette année elle fait partie de la discussion.

Le fait que LeBron James défende sur vous est-ce que ça vous a enlevé quelque chose ?
Cela ne m'a rien enlevé. C'est un honneur d'avoir LeBron James, le meilleur joueur du monde et l'un des meilleurs défenseurs, qui défend sur moi. Ça montre le respect que Miami a pour mon jeu. C'est un honneur d'avoir pu faire un face-à-face contre lui. Et puis notre équipe en a profité. Le fait que LeBron défende sur moi ça a permis à Kahwi (Leonard) de faire ce qu'il voulait. Ça a été plus que bénéfique pour nous.

"Je vais aller en Espagne voir l'équipe de France"

Avec ce quatrième titre vous devenez l'Européen le plus titré, ça représente quoi ?
J'adore l'histoire du basket et c'est vrai que d'être l'Européen le plus titré c'est un grand honneur. Parfois j'ai du mal à réaliser quand je vois mon nom sur toutes ces listes, où je dépasse Magic Johnson ou Michael Jordan. J'ai grandi en rêvant de NBA, c'étaient mes idoles. Je me levais à trois heures du matin pour regarder les finales des Bulls . Et maintenant d'être dans cette position-là, je suis vraiment chanceux. J'essaie de savourer chaque moment parce que c'est rare ce que l'on réalise avec les Spurs.

Etant donné que vous ne serez pas avec l'équipe de France pour la Coupe du monde cet été (du 30 août au 14 septembre), quel est votre programme pour les trois mois de vacances ?
Je vais surtout en profiter pour reposer mon corps. Ça fait 4 ans que je joue non-stop. On a disputé finales de Conférence de suite, deux finales NBA et une finale européenne. C'est le bon moment pour recharger les batteries pour revenir l'année prochaine et défendre notre titre. Je vais vraiment profiter de cet été pour laisser mon corps guérir et faire beaucoup de musculation pour tenir les trois ou quatre années que je vais faire entre la NBA et les Bleus. Mais, bien sûr, je vais aller en Espagne voir l'équipe de France pour la Coupe du monde.

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