Boudjellal estime que "le rugby français va dans le mur"

SPORT

DÉFAITE - Paul Goze réélu dans ses fonctions de patron de la Ligue nationale de rugby mardi, le président de Toulon a le revers amer. Comme en témoigne cette conférence de presse improvisée par Mourad Boudjellal après le verdict du vote.

Je n'avais aucune chance"- Mourad Boudjelall

Ecarté du commité directeur, et donc dans l'impossibilité de se présenter face à Paul Goze (réelu sans oppostion avec 97 % des voix), Boudjellal connaissait à l'avance l'épilogue de cette matinée, car il estime qu'il n'avait "aucune chance". "Le rugby est une oligarchie, a notamment lâché le boss du RCT. Aujourd'hui, on a fait preuve d’ostracisme à mon égard, je respecte ça. J'ai pour habitude de juger les gens sur ce qu'ils ont fait". Et sur son bilan, le dirigeant de club se veut très ironique : "Je n'ai pas perdu d'argent, donc ça c'était déjà une preuve d'incompétence. J'ai gagné des titres, c'est une deuxième preuve. J'ai apporté un peu d'idées nouvelles, j'ai rempli des stades : troisième preuve d'incompétence". 

On a des jours noirs devant nous"- Mourad Boudjelall

Certain que le rugby des clubs, mais aussi la politique menée par la Fédération française au niveau du XV de France, ne va pas dans le bon sens, Boudjellal a encore déclaré que "le rugby français va dans le mur, le Top 14 va dans le mur". Pour lui, "on a des jours noirs devant nous", car son sport n'a pas su, ou n'a pas voulu, se moderniser. "On voulait mettre en place des règles plus libérales, mais qui permettent aussi de créer un vrai modèle économique, a-t-il encore expliqué. Seulement, il y a des gens qui ne sont pas là pour le rugby, mais pour leur intérêt personnel".

Les voyous, les vrais, sont souvent en costume..."- Mourad Boudjelall

Sans jamais le nommer, mais sans trop se cacher non plus, Mourad Boudjellal a ensuite taillé un joli costume à Paul Goze. "Quand on veut être un grand président de la Ligue, il faut avoir le cul propre", a notamment lâché celui qui fait implicitement référence à la situation de Perpignan, l'ancien club du patron de la LNR, et dont la gestion financière a été épinglée par la justice l'an dernier. "Comme disait un chanteur que j'aimais bien : les voyous, les vrais, sont souvent en costume... C'est dommage pour le rugby parce que, sincèrement, j'avais plein d'idées". Elles devront donc attendre, à moins que Boudjellal ne quitte tout simplement Toulon et le rugby, comme il le menace régulièrement ces derniers mois.

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