Tour de France 2015 : les meilleurs (ou les pires) épisodes de la victoire de Christopher Froome

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BILAN – Chris Froome a remporté la 102 édition du Tour de France dimanche, deux ans après sa première victoire sur la Grande Boucle. On rétro-pédale et on regarde comment le leader de la Sky, qui avait dû abandonner l'an dernier, s'est hissé sur la plus haute marche du podium des Champs-Elysées après seize jours passés avec le maillot jaune.

  EPISODE N°1 – Froome assomme tout le monde
Malgré l'abandon de Fabian Cancellara après la 3e étape et neuf jours de plaine extrêmement intenses, les jeux sont restés ouverts jusqu'à ce que le peloton arrive à la montagne. Mais dès la première arrivée au sommet, entre Tarbes et la Pierre-Saint-Martin, ce qui devait être le décor d'une grande explication de texte entre géants a surtout donné lieu à un énorme coup d'éclat de Froome. En déposant Nairo Quintana dans les sept derniers kilomètres de l'ascension à La Pierre-Saint-Martin, il a désintégré la concurrence... sans que sa fréquence n'oscille en dépit du pénible pourcentage du col du Soudet. Tout en haut, le Kenyan blanc ne cache pas sa fierté "d'être arrivé à ce niveau en étant propre". Ce n'est pas l'avis de tout le monde.


  EPISODE N°2 – La menace vient de l'intérieur
Lance Armstrong, Laurent Jalabert, Cédric Vasseur, tous ses anciens tauliers du peloton, ont bien observé la démonstration de force de la Sky (doublé Froome-Porte) sur les dénivelés de la Pierre-Saint-Martin. Le Texan, en expert de la question du dopage, s'est étonné de la toute-puissance de la formation britannique. En pro de la question, "LA" s'est donc fendu de plusieurs tweets d'analyse : sur la toute-puissance de la Sky,  il s'est demandé "à voix haute" si le team britannique n'était pas "trop forte pour être clean ?"  A son tour, Cédric Vasseur, ex-président de l'association internationale des coureurs (CPA) et commentateur sur France Télévisions a pour sa part eu « l’impression [pour Froome] que le vélo pédal[ait] tout seul. On a l'impression qu'il [Froome] est en difficulté et, subitement, il s'envole". "On s'est senti un peu mal à l'aise devant cette facilité qui contrastait avec la détresse vécue par les trois premiers du Tour de l'année dernière", a surenchéri l'ancien de la Once, Laurent Jalabert, lui aussi consultant pour France Télévisions. Contrit, Gérard Holtz a bien essayé d'enterrer la hache de guerre alors que Froome prenait la peine de leur répondre en direct ("C'est décevant de la part de coureurs qui ont inspiré beaucoup de monde"), 

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 EPISODE N°3 – La Sky, claire comme de l'eau de roche
Sur ce Tour, Chris Froome a fait péter les "watts", cette unité de mesure qui permet – grosso modo – de prendre conscience de la puissance développée par un coureur. Pour récupérer ces données hautement confidentielles, l'ordinateur de la Sky a même été piraté. Histoire de désamorcer l'affaire, le gourou de la Sky, Dave Brailsford, joue alors la carte de la transparence. Après avoir envoyé les invitations à qui voulait bien monter dans "les mobile-homes de la discorde", le patron de la Sky a livré les fameuses datas sans que l'on puisse en tirer de conclusions. Le rythme de pédalage de Froome, sur les pentes du col du Soudet, réveille également le spectre du dopage mécanique, qui hante les coulisses du peloton depuis plusieurs années. D'autant que  l'Union cycliste internationale (UCI), l'autorité de tutelle, a tardé à procéder à des contrôles approfondis . La suspicion s'est mécaniquement réinstallée sur le Tour.
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 EPISODE N°4 – Tout le monde déteste Chris
Aspergé d'urine à Mende, Chris Froome a fustigé l'attitude de certains spectateurs présents sur les bas-côtés de la Grande Boucle. La toute-puissance du Britannique, ainsi que celle de son équipe, lui vaut le désamour d'une partie du public français.  Son coéquipier, Richie Porte, a d'ailleurs raconté avoir lui-aussi reçu un coup de poing dans les côtes . Malgré le renforcement du dispositif de sécurité autour de la Sky, le double-vainqueur du Tour de France (2013 et 2015) a également eu droit à un défilé de bras d'honneur et à quelques crachats jusqu'à son arrivée sur les Champs-Elysées, le 26 juillet.
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► EPISODE N°5 – La saison prochaine déjà dans les tuyaux
A 30 ans, Chris Froome a remporté dimanche son 2e Tour de France avec un peu plus d'une minute d'avance sur Nairo Quintana. On ne va pas se mentir, grâce à son coup de massue à la Pierre-Saint-Martin et grâce au vent, qui a plombé Nairo Quintana à Zélande aux Pays-Bas, l'affaire a rapidement été bouclée et il ne s'agissait plus que pour "Froomey" de gérer son avance. Evidemment, plus facile à dire qu'à faire puisque le maillot jaune a fini épuisé, mais celui-ci n'a pas dit son dernier mot : il se voit continuer le cyclisme "jusqu'à 36, 37 ou 38 ans". Ses détracteurs vont encore avoir du grain à moudre.

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