Tour de France 2016 : pour la première fois, "nous mettons en place un PC sécurité"

Tour de France 2016 : pour la première fois, "nous mettons en place un PC sécurité"

INTERVIEW – A moins de 50 jours du Tour de France (2 juillet – 24 juillet 2016), nous avons rencontré Pierre-Yves Thouault, directeur adjoint du cyclisme chez ASO, afin de parler du dispositif de sécurité qui sera mis en place. Une nouveauté de taille va voir le jour pour la première fois : un PC sécurité, situé aux abords des arrivées.

Avant de rentrer dans les aspects spécifiques de la sécurité pour les coureurs et le public, pouvez-vous nous résumer comment se compose ce dispositif ?
Le Tour de France est la seule épreuve au monde à être autorisée par un arrêté ministériel, celui du ministère de l'Intérieur. Cet arrêté dit que les organisateurs du Tour de France bénéficient d'un usage privatif de la chaussée entre 2 et 6 heures où l'on retrouve la caravane publicitaire et la course. Ensuite, pour bloquer les routes, on signe des conventions nationales avec la police, la gendarmerie et puis avec l'Assemblée des Départements de France.

Fin mars, à J-100, il a été évoqué l’apport supplémentaire de 1000 policiers pour le Grand Départ. Comment vont-ils être répartis ?
Tous les ans sur le Tour, sont présents entre 22 000 et 24 000 policiers et gendarmes. Il y a environ 60/65% de gendarmes parce que le Tour de France passe davantage dans les zones rurales que les zones urbaines. Les 1000 policiers qui ont été évoqués sur la 1ère étape, c'est à peu près le dispositif qu'on a sur chacune des 21 étapes. Ce ne sont pas 1000 policiers supplémentaires. 

Le nombre d’agents de sécurité va t-il être doublé comme à l’occasion du dernier Paris-Roubaix ?
Je ne sais pas s’il va être doublé, mais dans tous les cas, il va être très renforcé. Il y a deux choses : la sécurité avec la gendarmerie et la police. Puis la sûreté, c’est-à-dire le risque de malveillance. Sur ce domaine, ce sont des sociétés privées qui sont en renfort depuis le début de l'année, présentes sur les courses (Paris-Roubaix, Flèche Wallonne, Liège-Bastogne- Liège). Elles seront évidemment présentes sur le Tour de France. Il y aura également des physionomistes et de l'inspection visuelle.

"L’objectif de ce PC sécurité est de consolider toutes les informations"

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La difficulté sur le Tour de France par rapport à l’Euro est d’être un événement ouvert. On peut imaginer que les approches de sécurité ne sont pas les mêmes ?
Notre stade c'est 3500 km de voie publique. Il est compliqué à organiser sur un plan logistique. Il y a plus de policiers et de gendarmes sur le parcours en jalonnement que sur les zones de départs et d'arrivées, puisque ces derniers bloquent chaque croisement. Ces zones peuvent être considérées comme un stade. Et c'est pour ça qu'on s'inspire des méthodes de l'Euro. On a des échanges non pas avec les organisateurs de l'Euro mais avec les représentants du ministère de l'Intérieur qui travaillent aussi pour l'Euro.

Vous travaillez main dans la main avec les autorités, des décisions ont-elles déjà été actées ? Si oui, quelles sont-elles ?
Il y a des mesures qui ont été prises. Pour qu'elles soient efficaces, il faut qu'elles restent confidentielles. Les rapports avec le ministère de l'Intérieur sont très réguliers. Toutes les mesures que l'Etat nous dira de prendre, on les prendra, on est à l'écoute. Lors de l’étape, notre référent, c'est le préfet du département traversé. Cette année, nous mettons en place une nouveauté qu’on avait à l’esprit : un PC sécurité. Il sera présent sur la ligne d’arrivée, regroupant un référent police, un référent gendarmerie, un référent organisateur et un référent préfecture. Cela sera un organe central qui regroupera et consolidera toutes les informations et pas seulement sur le risque d’attentat. Avec tous les écrans et les moyens pour communiquer, on verra tout ce qu’il se passe : un accident, un incident, la régulation de la caravane, un problème en course. Car le risque important sur le Tour, c’est le risque routier.

Autres lieux qui rassemblent énormément de monde, les cols mythiques. Va-t-il y avoir des dispositions spécifiques sur ces espaces resserrés ?
Ce sont des mesures qu’on évoque avec le ministère de l’Intérieur, mais encore une fois, elles sont confidentielles. Les autorités compétentes gèrent ça puisque le risque terroriste est du ressort de l’Etat.

"Trois motos photographes en moins"

Par rapport aux événements du début de saison, des nouvelles mesures vont-elles être prises sur le Tour, comme sur Paris Roubaix, concernant la sécurité des coureurs ?
Sur Paris Roubaix, on a fait ce qu’on appelle des "sauts de puce" avec les voitures invitées, c’est à dire que les véhicules s’arrêtaient et repartaient. C’est quelque chose qu’on peut effectivement étudier sur le Tour de France.

Qui sont les pilotes des véhicules sur le Tour de France ? Leur nombre au niveau de la course va t-il évoluer ?
Je crois savoir qu’on aura trois motos photographes en moins. Concernant, les pilotes et notamment les motards, ils sont à 90% d’anciens coureurs cyclistes professionnels, expérimentés. Ils reçoivent une formation spécifique et adaptée pour le Tour de France, au Centre National de Formation à la Sécurité routière, de la gendarmerie à Fontainebleau. Nos pilotes automobiles sont aussi formés dans un centre agréé. Durant les trois semaines, ils doivent se comporter comme les coureurs cyclistes professionnels, avoir une bonne alimentation, une bonne hydratation et bien récupérer. Par ailleurs, nos anciens champions cyclistes permanents d’ASO reconnaissent toutes les étapes et connaissent toutes les difficultés qui peuvent apparaître sur un parcours.

Des pools participent à la sécurité des coureurs, comment fonctionnent-ils ?
Le pool est mis en place en fonction du parcours. Par exemple sur des montées de cols, on peut l’annoncer afin de réduire le nombre de véhicules et notamment de photographes. Le but est de minimiser l’encombrement autour du peloton ou des échappées. C’est une mesure de sécurité essentielle annoncée suffisamment tôt pour que les motards ne soient pas surpris.

Que pourrait-il être fait de plus, pour améliorer la sécurité des coureurs ?
Nous pensons qu’il y a un travail à faire entre les managers et les équipes. Il y a un travail "d’éducation" à faire des plus jeunes coureurs. Afin que l’ensemble des coureurs comprenne que les gardes républicains sont là pour leur sécurité. Ces derniers doivent pouvoir remonter plus facilement le peloton. Ils ne doivent pas être obstrués par des coureurs qui ne bougent plus, afin d’aller signaler les dangers à venir. Ce sont les fameux drapeaux jaunes. S’ils remontent le peloton, ce n’est pas pour embêter les coureurs, c’est pour leur sécurité. On a du mal à faire passer ce message. C'est vraiment un point sur lequel on doit encore travailler afin que les managers, les coureurs comprennent.

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