Tour de France : 5 choses à savoir sur Dave Brailsford, "gourou" de la Sky et manager de Chris Froome

DirectLCI
PORTRAIT - Il est la tête pensante de la toute-puissante Sky. À 53 ans, Dave Brailsford - qui a notamment révélé Wiggins et Froome - ne laisse personne insensible. Vu comme le père fondateur du renouveau du cyclisme, il est aussi l'homme sur qui les soupçons de dopage reposent le plus fréquemment.

Chez Sky, il est l'homme de l'ombre. Le "gourou" à l'origine d'une révolution. En sept ans, Dave Brailsford a fait de la formation britannique une référence. Par ses succès d'abord, en remportant quatre des cinq derniers Tour de France (2012, 2013, 2015 et 2016), sans compter les autres courses par étapes, mais surtout par un souci du détail poussé à l'extrême, à l'obsession diront certains, et une politique scientifique novatrice visant à obtenir des gains marginaux qui font la différence à la fin d'une étape et bien entendu d'un grand Tour. 


Et pourtant, le redoutable et redouté Brailsford est loin, très loin de faire l'unanimité. Soupçons de dopage traditionnel et mécanique, critiques acerbes et dissensions internes, le manager de la Sky est malgré lui dans l'oeil du cyclone. Dernièrement, c'est l'utilisation du Vortex, un "ajout aérodynamique" lors du contre-la-montre inaugural à Düsseldorf, qui a mis le feu aux poudres. Contraire au règlement du CIO, cet artifice aurait permis à certains de ses coureurs gagner puissance et vitesse. Les spécialistes parlent même d'un gain de "18 à 25 secondes".


Attaqué, critiqué, remis en cause mais aussi félicité, le personnage ne laisse personne insensible.

  • 1Un chasseur de victoires

    Avec Brailsford, une promesse est une promesse. En 2010, au moment de lancer l'équipe Sky, le Gallois - aujourd'hui âgé de 53 ans - avait fait part de son envie de remporter la Grande Boucle avec un coureur britannique. Il lui a fallu deux petites années pour y parvenir et faire taire celles et ceux qui ricanaient à l'époque. En 2012, il a porté Bradley Wiggins, adepte de la piste, en jaune sur les Champs-Élysées.

  • 2Un dénicheur de talents

    Dave Brailsford sait reconnaître et former les futurs champions. C'est sous sa direction que Chris Hoy a remporté son premier titre olympique en 2004 à Athènes, que Wiggins et Cavendish ont triomphé sur la piste avant de se découvrir champion sur route, que Chris Froome a explosé aux yeux du monde entier. C'est aussi lui qui a révélé Laura Trott, double championne olympique, Elinor Barker, championne olympique de poursuite par équipes et Jonathan Dibben, champion du monde de course aux points. 


    Directeur de la performance de la Fédération britannique, Dave Brailsford a glané 30 médailles, dont 18 en or lors des jeux Olympiques de 2004, 2008 et 2012. Cela vous pose un homme.

  • 3Un combattant - dénigré - du dopage

    Avec la Sky, Brailsford a imposé une politique de tolérance zéro. Après les aveux de Lance Armstrong, tous les membres de la formation britannique, staff et coureurs, a été dans l'obligation de signer une charte certifiant qu'ils n'ont jamais été impliqués dans une affaire de dopage durant leur carrière. Comme il l'expliquait, l'objectif est d'avoir "une équipe dans laquelle les coureurs sont écartés des risques du dopage et dans laquelle les fans peuvent croire, sans aucun doute ni hésitation". 


    Une stratégie qu'il revendique encore aujourd'hui, à l'heure où les soupçons pèsent sur lui et son équipe. Depuis l'année dernière, Dave Brailsford a été entendu plusieurs fois par la commission parlementaire britannique chargée d'une enquête suite aux révélations concernant la délivrance d'autorisations à usage thérapeutique (AUT) par l'UCI. S'il a reconnu des "fautes de procédure", il a en revanche nié tout dopage. 

  • 4Un "gourou" aux méthodes nouvelles

    Pour se démarquer des concurrents, le Gallois opte depuis toujours pour une vision scientifique du cyclisme. De la diététique à l'analyse de données statistiques, méthode empruntée à un livre de Micheal Lewis, Moneyball, ce fils de guide de haute montagne dans les Alpes ne laisse rien au hasard.


    Parfois farlues, ces méthodes dites des "gains marginaux" permettent visiblement d'améliorer les résultats de toute une équipe si on les cumule : réduction du poids des vélos, amélioration de l'alimentation des cyclistes, achat d'oreillers spéciaux, matelas personnalisés, filtres anti-allergéniques... Une technique propre à la piste, importée avec succès sur la route grâce à un de ses proches, Tim Kerrison, ancien coach de l'équipe nationale australienne de natation.

  • 5Il rêve de gagner le Tour avec un Français

    Après avoir porté deux Britanniques en jaune sur les Champs, Dave Brailsford ne s'interdit pas de s'attaquer à une autre mission de taille. "J'aimerais gagner avec un Français. Je pense qu'il faut le faire. Pour le Tour, pour la France, pour les Français, pour le sport, avoir un Français qui gagne, ce serait géant. La France mérite un vainqueur français, expliquait-il à L'Equipe en juillet 2014. Il y a Bardet, Barguil, Pinot et je pense que, derrière, Alaphilippe est un très bon coureur. Ça fait plaisir de penser à ça." La France attend toujours.

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter