UFC : Jon Jones est-il le meilleur combattant du monde ?

UFC : Jon Jones est-il le meilleur combattant du monde ?

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OCTOGONE - Avec Jon "Bones" Jones, l'UFC a trouvé sa tête de gondole. Véritable star du Mixed Martial Arts (MMA), dont les compétitions restent interdites en France, le champion des lourds-légers (-de 93kg) assure les meilleures audiences TV de ce sport en passe de remplacer la boxe comme machine à cash pugilistique. Plus jeune champion de l'histoire de l'UFC, la franchise qui fait loi en MMA, Jon Jones peut-il être battu ? Eléments de réponse samedi face à Glover Teixeira pour une septième défense de titre.

"Son of a preacher man", répète inlassablement la chanson. Si Jon Jones est effectivement fils de pasteur, Jon "Bones" Jones n'a pas fait de la non-violence son crédo. Les voies du Seigneur sont parfois impénétrables, même pour la progéniture d'un ministre Pentecôtiste. Mais rien ne nous assure que Dieu ne soit pas un grand fan de kung fu ou soit un adepte, pour ne pas dire un apôtre, de la non violence... Mais passons ces considérations sans grand intérêt pour la chose pugilistique.

Pour ceux qui ignorent encore ce qu'est le Mixed Martial Arts , rappelons pour l'essentiel qu'il mixe tous les sports de combats, percussion ou non, existants. Mais un cador du MMA a surtout besoin de maîtriser les techniques de la boxe anglaise, du muay thaï, du jiu-jitsu et de la lutte. Un bon niveau dans ces quatre disciplines assure normalement au combattant des chances de succès. Mais exceller dans une seule discipline peut également faire toute la différence. Les frères Gracie et leu jiu-jitsu brésilien l'ont démontré il y a une vingtaine d'années, lors des débuts de l' UFC . C'est moins vrai aujourd'hui, le MMA s'autonomisant pour devenir un sport de combat à part entière.

Revenons à notre mouton. Jon Jones c'est 20 combats au compteur dans l'octogone : 19 victoires et une "défaite" à la suite d'une disqualification pour coup non autorisé. Interprétées différemment, ses statistiques disent de lui qu'il est invaincu. Il est le plus jeune champion de l'histoire de l'UFC (23 ans), le plus rapide à décrocher un titre après ses débuts (3 ans après son premier combat), celui qui possède la plus grande allonge toutes catégories confondues (2,15m d'envergure), celui qui assure les plus gros volumes de pay per view et, dixit les co-propriétaires de l'UFC, le plus doué. "Il sait tout faire y compris les trucs un peu sales contre lesquels il est très difficile de défendre", abonde Dana White, le président de l'UFC. Il est, en ce sens, le plus proche de la définition des combats théorisée par Bruce Lee et son " jeet kun do ". Et si pour beaucoup Bruce Lee est l'inventeur du MMA, il aurait refusé de participer à l'UFC. Pour le héros de La Fureur du Dragon, le combat absolu ne souffre aucune règle. Le combat c'est la survie. La survie autorise tous les coups. Jon Jones est peut-être le combattant actuel le plus proche de cette philosophie.

Le parcours d'un combattant

Le combat, Jon Jones le découvre avec ses frères dans le sous-sol de la maison familiale de Rochester (Etat de New York). Car s'il est "son of a preacher", il est aussi "son of a wrestler". Entendez fils de lutteur. Le pater avait un bon niveau en gréco-romaine et a transmis, de gré ou de force, sa passion à ses rejetons. A peine l'âge passé ou en passe de l'être, le sous-sol de la maison familiale était devenu le terrain de jeux quotidien, de Chandler, Arthur Jr et Jon. C'est d'ailleurs enfant que ce dernier gagne son surnom de "Bones". "Il ressemblait à un sac d'os tellement il était maigre", raconte un de ses frères. Jon Jones était le moins athlétique de la fratrie (ses deux frères sont aujourd'hui joueurs de football américain professionnels) et il confesse avec humour : "J'ai plein de photos de moi enfant avec mes médailles et aucune d'entre elles n'est en or". Les temps ont changé et le "sac d'os" est dorénavant au firmament. Il est devenu le premier combattant de MMA à signer un contrat global avec l'équipementier américain Nike et a même un logo à son nom et une ligne de chaussures. Un sacre dans le sport US.

Moins doué que ses frangins au départ, peu athlétique, Jon jones s'est forgé un corps et un arsenal technique grâce à son talent naturel, c'est certain, mais aussi et surtout à son stakhanovisme. Il s'entraîne six jours sur sept dans sa base d'Albuquerque au Nouveau-Mexique. "Il est très créatif et fait des choses que peu d'autres combattants savent faire", dit son entraîneur, Greg Jackson. Rien ne semblait pourtant prédestiner Jon Jones à devenir le maître incontesté pour l'heure de l'octogone, ce ring unique au monde breveté par l'UFC et cerclé d'une cage. A l'université il étudie la criminologie et aspire à une carrière de policier. Mais en 2007, à quelques mois de son diplôme, sa fiancée tombe enceinte . Il devient videur de boîte de nuit et est à deux doigts d'accepter un travail d'agent de nettoyage pour nourrir sa famille. Le MMA ? C'est un Twitto, estimant qu'il a le profil idoine, qui l'encourage à s'y initier. "Je n'avais jamais pensé à devenir un combattant professionnel, je le jure devant Dieu. Ce type a lancé l'idée et je suis allé m'entraîner", raconte Jones au très sérieux New York Times qui lui a consacré un portrait . Il fait son premier combat en avril 2008 et compte vite, en quatre mois, sept victoires. Il tape dans l'oeil de l'UFC qui lui propose un combat test.

Le samouraï

La machine était lancée. Et même si son premier combat face à l'invaincu Andre Gusmao ne restera pas dans les annales, il a montré ce soir là son incroyable potentiel. De fait, assurément, Jon Jones est désormais le combattant le plus attendu car, avec lui, tout est possible. Sa signature ? Le coup de coude. Une arme fatale. Si elle ne met pas KO, elle blesse au point de forcer l'arbitre à stopper le combat. Son point faible , La concentration, qui lui fait parfois défaut et peut le le mettre en danger. Quand il pénètre dans la cage , la salle frémit. Et même de l'autre côté de l'écran de TV, confortablement installé sur le canapé, le téléspectateur a la chair de poule. Et son dernier combat, face à son challenger numéro 1, le Suédois Alexander Gustafsson, a tenu toutes ses promesses au terme de cinq rounds de cinq minutes très éprouvants. "On doit toujours dans un carrière livré un combat de chien, je crois que j'ai eu le mien ce soir", déclarait un Jon Jones très respectueux de son adversaire.

Il a beau être le plus redoutable des combattants, Jones est aussi un "type bien", très loin du trash talking. La faute à son père pasteur qui interdisait dans la maison la télévision et toute musique autre que religieuse, véritables "instruments du diable" ? "Je ne crois pas qu'un champion doit être un méchant. Il doit être un guerrier, certes, mais dans l'esprit d'un chevalier ou d'un samouraï : un type intègre, humble, respectueux des autres avec le sens de l'honneur", assure Jon Jones. "Je suis comme les autres hommes. Je fais des erreurs et j'essaie d'en tirer profit, de devenir meilleur". Quand il se dénude avant un combat, il expose un tatouage sur sa poitrine : "Philippians 4:13". Le verset de la Bible préférée de sa soeur Carmen, emportée par un cancer du cerveau peu avant ses 18 ans. "Je peux faire face à toutes les difficultés grâce au Christ qui m’en donne la force". Son of a preacher man...

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