Ukraine : Vitali Klitschko, de Dr Ironfist à M. Le Président ?

Ukraine : Vitali Klitschko, de Dr Ironfist à M. Le Président ?

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POLITIQUE – Vitali Klitschko, ancien champion du monde des poids-lourds, a mis sa carrière de boxeur entre parenthèses pour venir au chevet de l'Ukraine. Dans le marasme dans lequel son pays est plongé, il vise la présidence. Focus sur ce boxeur qui voulait devenir président.

Boxeur, Vitali Klitschko n'était pas du genre à reculer. Ce serait même plutôt l'inverse. Devenu une des figures du mouvement protestataire en Ukraine, maintenant qu'il a mis, avec les pro-européens d'EuroMaïdan, le président Viktor Ianoukovitch dans les cordes, il n'a pas l'intention d'esquiver les responsabilités. Alors que le pays vacille, encore sonné par les événements de ces derniers jours, il s'est déclaré, mardi, candidat à l'élection présidentielle.

Le poids-lourds, qui avait déjà évoqué ses intentions en octobre dernier, est déterminé. "Je veux vous assurer que je ne peux être ni intimidé, ni arrêté", avait-il prévenu devant le Parlement ukrainien un an après avoir défendu avec brio son titre de champion du monde à l'âge de 41 ans. Logiquement, seize mois après avoir quitté les rings parce qu'il sentait que "son peuple avait besoin [lui]", loin de sa résidence allemande, on le retrouve place Maidan, en première ligne.

45 victoires, 41 par KO

Le combat, évidemment, l'aîné de la fratrie Klitschko (42 ans), fils d'un ancien officier militaire de l'Union Soviétique, a ça dans le sang. Le "Dr Ironfist ", un surnom qui lui vient du temps pas si lointain où il alignait ses adversaires les uns après les autres, a disputé 47 combats. Et en a remporté 45. La grande majorité d'entre eux se finissant quasi-systématiquement par un KO (41). Comme cela a été le cas pour sa dernière sortie , le 8 septembre 2012 face à Manuel Charr. En seize années de boxe professionnelle, lui n'est jamais allé au tapis.

Les observateurs avertis du Noble art font de ce géant de plus de 2 mètres (2,01 m précisément), diplômé en développement économique et social, un des dix meilleurs poids-lourds de l'histoire.  Le spécialiste de la boxe, Kevin Iole, pense même qu'il aurait eu son mot à dire face à Mohammed Ali, George Foreman ou Joe Louis . Mais Vitali a laissé les choses de la boxe à son jeune frère, Wladimir (37 ans), champion du monde de la catégorie-reine dans quatre des cinq instances qui régentent la boxe planétaire (IBF, WBO, WBA, IBO).

La politique, son autre combat

A ce dernier, il manque d'ailleurs une ceinture : celle de la fédération WBC, chasse gardée de Vitali. Ils ont promis à leur mère qu'ils ne se battraient jamais l'un contre l'autre. "Même pour un milliard de dollars. Le cœur d'une maman n'a pas de prix", assurait Wladimir, en 2011, enterrant le fantasme d'un combat fratricide inédit même si le statut de "Champion Emeritus" décerné par la WBC à Vitali permet, s'il décide de remonter sur le ring, de défendre son titre.

Reste que le combat - politique - qui l'attend est un challenge d'un tout autre gabarit. Par le passé, il lui a d'ailleurs moins réussi. Par deux fois, il a échoué à conquérir la mairie de Kiev. Mais aujourd'hui, sa candidature incarne l'alternative pour les déçus de la révolution orange.
 

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