Un projet de "Superligue" avance vite en coulisses : le PSG sera-t-il le seul club français invité ?

Les grands clubs se montrent favorables à l'instauration de cette "Superligue".

TRACTATIONS - L'épidémie de Covid-19 a accéléré les discussions entre les grands clubs européens en vue de créer une "Superligue" dans les années à venir. Un projet dont les contours se dessinent et qui laisse sur la touche le foot français.

D'abord évoqué du bout des lèvres ces dernières années, le projet d'une "Superligue" rassemblant les plus grands clubs d'Europe n'a aujourd'hui plus rien de tabou. Les dirigeants de plusieurs équipes, parmi lesquelles le Real Madrid, affichent désormais leur soutien à cette idée. Si aucune annonce officielle n'a pour l'heure été réalisée, le format de cette future compétition commencent à fuiter, et promet de court-circuiter l'actuelle Ligue des champions.

Les présidents discutent activement

"Le football a besoin de nouvelles formules, qui le rendent plus compétitif, plus émouvant, plus fort. L’impact du Covid-19 exige de nouveaux changements." Ces mots sont ceux de Florentino Pérez, le président du Real Madrid, un message très clair bien qu'à aucun moment le puissant dirigeant espagnol ne prononce le mot de "Superligue". C'est pourtant bien d'elle dont il est question. En octobre, son homologue barcelonais se montrait plus explicite : "Le comité de direction a approuvé [...] l'acceptation des prérequis pour participer à une future Superligue européenne entre clubs de football", avait-il lâché.

Les journalistes sportifs les mieux informés assurent que la question désormais n'est pas de savoir si une telle compétition verra le jour, mais plutôt quand, et sous quel format. "Le format précis reste encore à définir, mais les bases sont d'ores et déjà posées", assure par exemple la rédaction de RMC Sport. 15 clubs fixes, auxquels s'ajoutent quelques clubs "invités". Une forme de championnat parallèle qui se jouerait en marge des championnats nationaux, conclu par des playoffs et auxquels participeraient toujours les équipes de la Superligue. Ce qui signifierait aussi que les participants tireraient un trait sur l'actuelle Ligue des champions. Le tout à l'horizon 2024... Au plus tard. 

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Les équipes anglaises seraient aujourd'hui parmi les plus actives en coulisses. Liverpool notamment, qui ferait partie des 5 clubs de Premier League retenus (avec les deux Manchester, Chelsea et Arsenal). Pour les accompagner, on évoque trois représentants espagnols, trois italiens, deux allemands et un seul français. Sans surprise, les équipes de Ligue 1 (à la peine sur la scène européenne) ne font pas rêver, et seul le PSG rejoindrait la liste des "permanents". L'OM est évoqué parmi les équipes invitées, ce qui n'est pas le cas de Lyon, pour l'heure laissé de côté et non convié aux tractations.

Des enjeux économiques majeurs

Une série d'éléments permettent d'expliquer l'attrait des grands clubs pour une telle formule, et de comprendre pourquoi le Covid-19 a accéléré des discussions évoquées depuis plusieurs années. La crise sanitaire a en effet porté un sévère coup à l'économie des clubs, privés notamment des revenus liés à la billetterie. Le concept de ligue semi-fermée, où des clubs sont assurés de se retrouver chaque saison, apporterait une garantie de revenus fixes et mettrait à l'abri d'une mauvaise année se concluant par une non-qualification. Un argument qui fait mouche, surtout en période de crise.

Outre une sécurisation des gains, il y a aussi fort à parier que les clubs membres de la Superligue verraient leurs ressources augmenter. Les droits de diffusion d'une telle compétition pourraient se négocier à prix d'or, les télévisions ayant l'assurance de pouvoir proposer tout au long de l'année des chocs entre les toutes meilleures équipes du continent. Pour le public, l'attrait se verrait également renforcé, la Ligue des champions devenant surtout compétitive à partir des huitièmes de finale. 

L'échec total de Mediapro en Ligue 1, contraint de céder ses droits après seulement quelques mois d'exploitation, a montré que pour convaincre les fans de football de payer des abonnements au prix fort, il est indispensable de proposer un produit attractif. Si l'actuelle Ligue des champions a du succès auprès du public, une réunion des meilleures équipes et des joueurs les plus talentueux ne serait pas difficile à rendre attrayante. 

Des luttes de pouvoir

En toile de fond, les discussions ne sont pas uniquement sportives ou économiques. Des enjeux politiques sont également soulevés, et la création d'une Superligue s'inscrit dans une lutte d'influence entre deux instances du football mondial : la Fifa et l'UEFA. Cette dernière, qui régit le foot européen, voit d'un très mauvais œil ce projet, défendu par la Fifa et qui relèguerait la Ligue des champions au rang de compétition de seconde zone. Elle plaide pour sa part sur une refonte de la Champion's League, en espérant ne pas se voir court-circuitée.

La position des ligues nationales sera également intéressante à suivre, puisqu'un bon classement dans son championnat et aujourd'hui synonyme d'accession à la Ligue des Champions. Une Superligue contribuerait à rendre moins attractives les premières places des championnats nationaux, en mesure "seulement" d'octroyer un ticket pour une compétition amputée des plus grands clubs. 

Un dernier point pourrait inquiéter les ligues nationales : le fait que la Superligue, avec ses cohortes d'équipes mythiques, ne détourne les grands clubs de leurs championnats domestiques. On peut légitimement supposer que le PSG, la Juventus ou le Bayern Munich feraient largement tourner leur effectif lors de matches contre Dijon, Benevento ou Augsbourg. Si ce phénomène s'observe déjà aujourd'hui, il pourrait s'accentuer à l'avenir, afin que les meilleurs joueurs soient préservés et assurer de disputer la Superligue dans le meilleur état de forme possible. 

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