VIDÉO - Ça a donné quoi, au juste, le premier entraînement de handball de Florent Manaudou ?

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RECONVERSION - Le champion olympique de natation Florent Manaudou a plongé dans le grand bain du handball ce lundi à l'occasion de son premier entraînement avec l'équipe réserve du club d'Aix-en-Provence. Alors ?

"Je conseille à Manaudou de faire de la pétanque ! C’est un manque de respect que de croire qu’après avoir nagé entre deux lignes d’eau on peut être performant en D1. C’est blessant pour notre discipline et ses pratiquants. Pour faire le buzz, on va très loin, mais il faut faire attention à ce que l’on dit", avait rugi Thierry Anti, entraîneur du HBC Nantes. 


Mais cela n’a pas empêché le désormais ex-nageur, Florent Manaudou, d’aller au bout de sa démarche : ce lundi, il a participé à sa toute première séance d’entraînement avec l'équipe réserve du club d'Aix-en-Provence. Avant de donner une conférence de presse devant 35 journalistes accrédités, où il a officiellement présenté son nouveau maillot, floqué du n°50. Oui, comme le 50m nage libre.

L’affaire est donc sérieuse, bien que l’intéressé assure n’avoir pas d’autre objectif que de « s’amuser ». Elle est en tout cas devenue concrète. Et premier constat : "C’était fatiguant, je n'avais pas fait de sport depuis trois mois En plus, je n'ai pas l'habitude de courir, de prendre les coups, de faire des changements de direction." Son entraîneur en réserve, Mirza Saric, qui lui a réservé un exercice en appui sur des coussins d'air, indique que, dans un premier temps, son nouveau joueur "va devoir suivre un gros travail physique pour renforcer les membres inférieurs".

Florent Manaudou : "Si la natation me manque, je reviendrai"

Deuxième constat, et deuxième écueil : "Il a le bras encore rigide, parce que la natation c'est tout droit", a expliqué à l’AFP le gardien Loïc Gschwind, 18 ans. La phrase peut prêter à sourire mais c’est pourtant une vérité aussi profonde qu’évidente. Les deux sports n’ayant absolument rien à voir, la pratique de la natation par Florent Manaudou à un rythme intensif a ce genre de conséquences directes. Dans le gymnase du Val de l'Arc, où joue le PAUC, Manaudou, aidé des consignes de ses jeunes coéquipiers, a ainsi montré une belle puissance au tir, mais un gros manque de précision, sous les "c'est pas grave, c'est pas grave" de Saric. "On voit beaucoup trop où je vais shooter", dira l'intéressé en conférence de presse.

Gschwind, cependant, entrevoit un potentiel intéressant : "Avec du travail, il va tout défoncer." En revanche, Jérôme Fernandez, l’entraîneur de l’équipe première, se montre plus prudent : "Tactiquement, il a un retard énorme. Atteindre le niveau professionnel va dépendre de sa capacité d'apprentissage, s'il est capable d'assimiler les choses, s'il écoute bien les consignes, s'il est à l'aise dans le jeu, en 18-24 mois il peut avoir les fondamentaux pour jouer (régulièrement) avec la réserve et commencer à s'entraîner avec l'équipe professionnelle."

On n’en est pas là. Fernandez, toujours : "En janvier on pourra commencer à travailler sur des oppositions et du handball, on fera le bilan en juin sur sa progression et son potentiel." Florent Manaudou, pour sa part, ne voit même pas aussi loin : "C'est un projet très simple, je veux juste reprendre du plaisir dans un sport que j'ai quitté trop tôt, tout donner et jouer au meilleur niveau que je puisse atteindre. Je ne veux pas faire un match sans être prêt. Si c'est pour me faire les croisés au bout de deux semaines, ce n'est pas la peine, si ça prend six mois, ça prendra six mois. Je vis au jour le jour, et si la natation me manque, je reviendrai." Mais la vision la plus court-termiste est bien celle du président du PAUC, Christian Salomez : "Il n’est pas impatient. Et en attendant, c’est un coup de projecteur. C’est bon pour la comm’ du club, on ne le cache pas."

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