Ces Français qui bravent les menaces de sanction pour aller skier en Suisse

Ces Français qui bravent les menaces de sanction pour aller skier en Suisse

CRISE SANITAIRE - À l'approche des fêtes, certains Français ont décidé de passer outre les menaces de sanctions du gouvernement pour aller skier en Suisse.

200 kilomètres de pistes ouvertes. Le paradis ? Presque. Nous sommes à la station de ski de Verbier, dans le canton du Valais. En Suisse, les remontées mécaniques n'ont jamais cessé de fonctionner, pour le plus grand plaisir des vacanciers. Parmi les touristes qui s'adonnent à la joie de ce sport de glisse, nombreux sont les Français qui ont fait le déplacement. 

Dans l'Hexagone, les vacanciers ont été privés de ski alpin à la suite de la fermeture des remontées mécaniques. Une décision prise par le gouvernement pour lutter contre la crise sanitaire. Par mesure de précaution, l'exécutif a aussi menacé de sanctions quiconque traverserait la frontière suisse pour aller skier. Mais il semblerait que l'avertissement n'est pas été aussi dissuasif qu'espéré. 

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Parmi eux sont qui ont bravé l'interdiction, un groupe d'amis rencontré sur les pistes. Pour eux, le trajet jusqu'en Suisse s'est déroulé sans encombre." Les policiers suisses nous ont arrêtés dans la montagne, juste après la frontière", raconte l'un des jeunes hommes. Mais rien de plus, aucune attestation n'a été demandée." On a répondu qu'on allait skier en Suisse et ils nous ont souhaité une bonne journée", reprend son ami. Pendant une semaine, ces vacanciers prévoient de réaliser des allers-retours entre la Suisse et leur chalet situé en France. Et s'ils tombent sur des contrôles aléatoires du côté français ? Ils risquent une mise en quarantaine pendant une semaine

D'autres touristes prennent moins de risques et ont décidé de dormir dans un hôtel sur place. Pour le plus grand plaisir de Sylvie Carlucci, patronne de l'hôtel Mirabeau à Verbier. En pleine crise sanitaire, l'établissement affiche presque complet. La gérante de l'hôtel explique comment elle s'organise avec les clients français : "Il y en a deux qui sont arrivés hier. Ils m'ont appelée une fois qu'ils ont passé la frontière pour me confirmer la réservation. "

La France déconfine, ses voisins se barricadent

À l'heure du déconfinement, les Français commencent à avoir la bougeotte. Depuis mardi 15 décembre, les déplacements entre les régions sont autorisés et il est possible de circuler sans attestation pendant la journée. Seule restriction : un couvre-feu imposé à partir de 20 h. Cependant, les remontées mécaniques restent fermées en France. "On ne profite pas de la situation, je suis de tout cœur avec mes collègues français pour lesquels la période est difficile", souligne Simon Wiget, directeur de l'office du tourisme de Verbier.

Si la France sort progressivement de son deuxième confinement, ses voisins européens se barricadent une nouvelle fois. Alors que l'Allemagne et les Pays-Bas se reconfinent, la Suisse voit sa situation sanitaire s'aggraver. Stabilisée depuis mi-décembre, mais toujours à un haut niveau (environ 600 cas pour 100.000 personnes sur quatorze jours), la propagation du virus est repartie à la hausse juste avant les fêtes. Pour l'instant, la Confédération refuse un deuxième confinement, mais de nouvelles mesures restrictives devraient être annoncées prochainement. 

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Les stations de ski suisses vont-elles subir le même sort que leurs voisines françaises ? Alors que les urgences sont débordées, plusieurs patrons d'hôpitaux helvètes s'inquiètent de voir de nombreuses infections potentielles dans les stations de ski. Dans la Tribune de Genève, Gregor Zünd, qui dirige l’Hôpital universitaire de Zurich (USZ), estime que la Suisse n'échappera pas un nouveau "semi-confinement". 

De leurs côtés, les professionnels de ski mettent en avant les règles strictes imposées sur les remontées mécaniques - comme la distanciation obligatoire d'un mètre et demi. "Il est important de faire respecter les mesures sanitaires. Cependant, le ski reste une activité pratiquée  en plein air et je ne pense pas que le danger soit plus élevé sur une piste de ski que dans un centre urbain", estime Laurent Vaucher, PDG de téléverbier (société de remontées mécaniques). Pour l'instant, les remontées mécaniques sont en sursis en Suisse, mais jusqu'à quand ? 

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