VIDÉO - Emprisonné à tort, un employé des Chicago White Sox retrouve son ancien emploi 23 ans plus tard

VIDÉO - Emprisonné à tort, un employé des Chicago White Sox retrouve son ancien emploi 23 ans plus tard

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RÉDEMPTION - Jeté à tort en prison pendant 23 ans pour un viol et un meurtre commis en 1994, Nevest Coleman a été innocenté et libéré en fin d'année dernière. L'homme de 49 ans, agent d'entretien pour l'équipe de baseball des White Sox de Chicago au moment de son arrestation, a retrouvé son ancien travail au sein de la franchise de l'Illinois.

C'est le genre d'histoire que l'Amérique adore. Emprisonné il y a 23 ans pour un meurtre qu'il n'a pas commis en 1994, Nevest Coleman n'aurait jamais cru qu'un jour la vie lui ferait faire un bond d'un quart de siècle en arrière. L'ancien employé de l'équipe américaine de baseball des Chicago White Sox a retrouvé son ancien travail, le même qu'il y a 23 ans, comme n'importe quel individu lambda, après plus de deux décennies passées à croupir dans une cellule de prison.

Des confessions obtenues sous la contrainte

C'était il y a 23 ans. En 1994, le cadavre d'une jeune femme de 20 ans est retrouvé dans le sous-sol de la maison, où résidait Coleman. L'agent d'entretien et un autre homme, Darryl Fulton, avouent le crime sous la contrainte avant de se rétracter. Mais le mal est fait. Reconnu coupable de viol et de meurtre, Coleman est condamné à la prison à vie. Il évite de peu la peine de mort, après que trois employés des White Sox aient témoigné en sa faveur. Après 23 années passées derrière les barreaux, les deux hommes sont finalement innocentés en novembre 2017 après que des tests ADN aient relié le crime à un violeur en série qui sévissait alors. 


Libéré en décembre dernier, Nevest Coleman aurait pu ressortir de prison, brisé et abattu. Mais l'histoire ne termine pas ainsi. L'ancien agent d'entretien, soutenu par sa famille et ses amis, n'a qu'une idée en tête : retrouver son poste chez les White Sox. L'appel du pied ne laisse pas insensible l'équipe de baseball de Chicago, qui le contacte pour un entretien d'embauche, qui s'avère concluant. "Nous sommes reconnaissants qu'après plus de deux décennies, la justice ait été rendue pour Nevest", indique la franchise basée dans l'Illinois. Le temps fut long, mais nous étions excité par l'opportunité de l'accueillir à nouveau dans la famille des White Sox."

De retour "à la maison" comme si de rien n'était

Après 23 ans d'attente, c'est avec une impatience non dissimulée que l'homme de 49 ans a retrouvé son poste au Guaranteed Rate Field, le stade des Chicago White Sox ce jeudi 5 avril, pour le match d'ouverture de la saison face aux Tigers de Detroit. Panier repas à la main, Coleman a été accueilli par deux de ses anciens collègues, Harry Smith et Jerry Powe, devant l'enceinte qui portrait un autre nom, le Comiskey Park, au moment de son incarcération. "Nevest était un de mes bons amis à l'époque et j'étais content de le reprendre", explique son superviseur Jerry Powe. "Je suis très content pour lui. C'est une belle journée."

"Quand tu es en prison, tu ne penses pas vivre (une journée comme ça)", raconte Coleman, simplement heureux d'être de retour. "Tu penses seulement à une façon d'avancer dans la vie malgré tout, tenter de trouver un moyen de gagner ma vie en sortant. Les White Sox m'ont donné cette opportunité." Sous l'œil des médias, l'agent d'entretien, prêt à aider "peu importe ce qu'on lui demande", a rapidement retrouvé ses marques, même si le stade a beaucoup changé.


 "Si je suis malheureux, alors tout le monde le sera autour de moi", déclare Coleman, interrogé sur le site internet de la Ligue majeure de Baseball (MLB). "Si je suis en colère, tout le monde sera en colère. Pourquoi être colère ? Il est temps que je vive ma vie maintenant. J'ai mon fils, ma fille, trois petits-enfants, des sœurs et des frères. Je n'ai pas besoin qu'ils soient malheureux ou en colère parce que je le suis. Je vis au jour le jour et je fais du mieux que je peux. Il n'y a plus de sens à être en colère." "Quand je suis rentré à la maison, toute la colère était partie", a-t-il ajouté. Désormais, il n'inspire qu'à une seule chose : profiter de la vie.

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