Le Royaume-Uni a-t-il vraiment été plus efficace que la France aux Jeux Olympiques de Tokyo ?

Les vérificateurs : le Royaume-Uni a-t-il vraiment été plus efficace que la France aux JO ?

SPORT - Emmanuel Macron a regretté lundi que le Royaume-Uni investisse "moins de crédits publics" dans le sport que la France tout en ayant "des résultats supérieurs aux nôtres". Nous avons passé son affirmation au crible.

Sévère sur l'état du sport tricolore, le président est-il dans le vrai ? Après des JO de Tokyo considérés comme décevants pour la France, Emmanuel Macron a exhorté les meilleurs athlètes du pays à faire "beaucoup plus" en 2024. Lundi 13 septembre, à trois ans des Jeux Olympiques de Paris, le chef de l'État a tenu à faire un rappel à l'ordre, demandant aux sportifs et aux dirigeants du sport français de viser le "top 5" d'ici là.

Toute l'info sur

L'info passée au crible

Les Vérificateurs, une équipe de fact-checking commune aux rédactions de TF1, LCI et LCI.fr

Car pour Emmanuel Macron, "le bilan global" de cette complétion "n'est pas tout à fait au niveau que nous attendions". N'hésitant pas à "dire les choses en vérité", il a pris en exemple nos voisins britanniques qui seraient, selon lui, beaucoup plus efficaces que nous. Ces derniers "investissent moins de crédits publics que nous, ils ont pourtant des résultats supérieurs aux nôtres", a-t-il lancé aux sportifs en guise d'argument. Qu'en est-il réellement ? 

Une stratégie qui paye

Commençons par les résultats. Indéniablement, le Royaume-Uni a fait bien mieux que la France à Tokyo. Avec 65 médailles, l'équipe britannique est quatrième - donc dans le fameux "top 5" - quand la France n'en a que la moitié. Avec 33 médailles, l'Hexagone atteint la huitième place.

 

Quant aux moyens financiers, là encore, Emmanuel Macron est dans le vrai. D'après les chiffres communiqués par le ministère des Sports, l'État a dépensé 347,5 millions d'euros dans le sport en 2021. Un investissement utilisé pour les structures, les équipements, mais aussi les salaires de la recherche. Parmi eux, 110 millions d'euros sont à destination de la "haute performance", 121 millions servent à payer les salaires des cadres d'État,  qui peuvent notamment être amenés à travailler pour les Fédérations, et 75 millions d'euros vont aux établissements et structures d’entraînement. Or, au Royaume-Uni, cette somme est presque deux fois moins importante. Selon le dernier rapport de l'Agence Nationale des Sports, l'investissement dans le sport de haut niveau est de 170 millions d'euros (146 millions de livres sterling). 

Deux fois moins d'argent public pour deux fois plus de résultats, comment l'expliquer ? Tout simplement par la stratégie. Comme le résume le gouvernement britannique sur son site, l'un des principes fondamentaux outre-Manche est "que le financement du sport est un privilège et non un droit". Les financements sont sélectifs, ciblés. 

Interrogé par notre équipe, Virgile Caillet, délégué général de l'Union Sport & Cycle, explique ainsi que nos voisins britanniques concentrent leurs investissements dans les sports les plus rentables, ceux où de nombreuses médailles sont en jeu. Par exemple, trois sports réunissent à eux-seuls 250 médailles potentielles : l'athlétisme, la natation et le cyclisme. C'est donc là que les sportifs britanniques portent leurs efforts. Dans ces disciplines, les meilleurs athlètes anglais disposent de bons salaires payés par l'État, d'équipements de très haute qualité et de structures de haut niveau. Prenons l'exemple des plongeurs : ils disposent de fosses et de plongeoirs aux dimensions olympiques.

Lire aussi

Ce qui n'est pas le cas en France. Non pas par manque d'investissement, mais par effet de "saupoudrage" de cet argent. Les Français sont partout, mais peu des athlètes vivent de leur sport. Une stratégie amenée à changer d'ici 2024 ? Pas si sûr. Les sportifs regrettent le manque d'anticipation de l'État. À l'instar de Teddy Rinner. Interrogé sur la question, il a estimé qu'il aurait fallu "investir massivement dans le sport déjà sept ans en arrière". Le judoka ne croit pas si bien dire. C'est exactement ce qu'a fait le Royaume-Uni pour décrocher la troisième place aux JO de Londres de 2012. Ils se sont mis en ordre de marche non pas les trois années précédentes, mais bien avant, entre les JO d'Athènes et ceux de Pékin. Entre 2004 et 2008, le budget pour le sport britannique a ainsi triplé. Depuis, notre voisin d'outre-Manche trône toujours dans le "top 5" tant convoité.

 

Vous souhaitez nous poser des questions ou nous soumettre une information qui ne vous paraît pas fiable ? N'hésitez pas à nous écrire à l'adresse lesverificateurs@tf1.fr. Retrouvez-nous également sous Twitter :  notre équipe y est présente derrière le compte @verif_TF1LCI.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Procès du 13-Novembre - "Je voudrais dire quelque chose" : Salah Abdeslam s'adresse à la cour

Que risquera-t-on en roulant sans pneus hiver après lundi prochain ? Le 20H vous répond

Tir mortel d’Alec Baldwin : Donald Trump Jr. vend des t-shirts se moquant de l’acteur

"On marche sur la tête" : la colère monte face aux routes bloquées de la frontière franco-espagnole

CARTE - Covid-19 : quels sont les départements où le nombre de cas augmente à nouveau ?

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.