VIDÉO - Mondiaux : Adrian Solano, le Vénézuélien qui ne savait pas skier

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SKI DE FOND - Dès le départ, le Vénézuélien Adrian Solano s'est battu pour garder l'équilibre sur ses skis, mercredi, aux Mondiaux de ski nordique en Finlande. Le fondeur de 22 ans, expulsé de France, sera au moins allé jusqu'au bout de son rêve.

Une humilité qui force le respect. Il est Vénézuélien, s'appelle Adrian Solano et participe aux Championnats du monde de ski nordique qui se tiennent jusqu'au 5 mars à Lahti, en Finlande. Mercredi, il a pris part aux qualifications du 10 km. Remarqué pour sa technique atypique et ses nombreuses chutes, Solano s'est montré incapable de tenir sur ses skis. Officiellement, il n'a pas terminé la course. Mais il n'a jamais abandonné, heureux tout de même d'avoir pu participer à une épreuve qu'il a failli manquer.


Censé s'entraîner un mois en Suède avant la compétition, le skieur de 22 ans a en effet vécu un véritable calvaire. Le 19 janvier, le Vénézuélien fait escale à Paris. Mais là, alors qu'il est en règle dans ses papiers, rien ne se passe comme prévu : "J'ai expliqué que j'allais en Suède pour m'entraîner, avait-il expliqué à l'AFP. Ils (les douaniers) n'ont pas cru que je faisais du ski au Venezuela (...) Je n'avais que 28 euros et les policiers m'ont accusé d'immigration parce que ça se passait mal dans mon pays". 

Des images qui rappellent celles de Moussambani

D'abord retenu six heures à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, selon ses propres dires, le fondeur est ensuite envoyé pendant plusieurs jours dans un hôtel parisien, le temps qu'il puisse rencontrer un juge pour lui "démontrer qu'il se rendait à la compétition". Malgré une lettre d'invitation de son entraîneur, prouvant sa bonne foi quant à sa participation aux Mondiaux, Adrian Solano est finalement renvoyé dans son pays natal... après avoir sollicité l'aide du consulat du Vénézuela à Paris pour acheter un billet d'avion de retour. Enfin, rentré chez lui, il a pu rejoindre la Finlande, et Lahti, le 19 février au départ de Caracas.


Cette participation atypique n'est pas sans rappeler celle d'Eric Moussambani sur le 100m nage libre au JO de Sydney en 2000. Seul après que ses adversaires aient tous été disqualifiés, le nageur de Guinée-Equatoriale avait bouclé la distance en 1'52"7, soit 10 secondes de plus que l'actuel record du monde du 200 m (1'42"00). 


Qu'importe, l'essentiel n'est là. Chacun à leur manière, Solano et Moussambani ont incarné des valeurs d'abnégation, de volonté et de dépassement de soi. Les valeurs du sport.

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