Christian Prudhomme, directeur du Tour de France : "Cela m'arrive en rentrant de ne plus connaître le code de chez moi"

SPORT
DirectLCI
TROIS QUESTIONS À... - Christian Prudhomme, directeur du Tour de France qui s'élance ce samedi 1er juillet depuis Düsseldorf en Allemagne. Cet ancien journaliste, patron de la Grande Boucle depuis dix ans, livre à LCI quelques-uns des secrets entourant sa fonction.

Il le dit lui-même : "Le Tour de France, c'est (sa) vie". Avant de prendre la tête de l'épreuve cycliste reine, Christian Prudhomme a eu plusieurs vies. Il a notamment été journaliste, présentateur de l'émission de sport Stade 2 sur France 2 et commentateur du Tour sur la même chaîne. Mais depuis une dizaine d'années, il a mis de côté son métier de formation pour vivre sa passion. Toute l'année, il parcourt la France à la recherche de nouvelles routes et de nouveaux cols pour faire vibrer les fans de la Grande Boucle.


Cette tâche qu'il ne voit "pas comme un métier mais comme une mission", il en parle dans un livre, Le Tour de France, coulisses et secrets aux éditions Plon (18,90€). À la veille du Grand Départ à Düsseldorf, en Allemagne, LCI a interviewé le directeur du Tour de France sur sa "mission" quotidienne et les coulisses du troisième événement sportif au monde.

LCI : Vous occupez le poste du directeur du Tour de France depuis 2007. Une fonction exposée mais pourtant peu médiatisée. En quoi consiste exactement votre job ?

Christian PRUDHOMME : Ce n'est pas un métier. Le métier de ma vie, c'était journaliste. Ça, c'est une mission. Le Tour de France, c'est ma vie. Il est partout, absolument partout. Ça commence tôt en buvant un coup, ça finit souvent tard... aussi en buvant un coup. J'ai pour habitude de faire des périodes sans alcool avant et après. Simplement, le vin que l'on nous sert sur la route du Tour est excellent, tout comme la nourriture. Mais c'est avant tout beaucoup de contacts. Vous savez, nous sommes des locataires. Il faut une ou un maire qui nous dise "oui" pour une ville départ ou d'arrivée, une ou un président de département qui nous dise "oui" pour les routes. Et bien évidemment le concours des services de l'État. On ne peut donc pas faire la politique de la terre brûlée. On doit tisser des liens de confiance avec les gens. C'est ce qu'on fait au quotidien, hors et pendant les courses. Parfois, cela se résume à manger un petit quelque chose et boire un coup.

LCI : On vous sait proche des coureurs pendant le Tour de France. Il se murmure que vous avez le numéro de l'ensemble des cyclistes du peloton. Dit-on vrai ?

Christian PRUDHOMME : Non, absolument pas ! (rires) Je comprends que les gens l'imaginent mais c'est le prisme médiatique déformant. On va me voir à l'image ou sur une photo avec les coureurs, donc on peut le croire... mais non. Pour ne rien vous cacher, je n'ai que dix numéros de coureurs cyclistes. En revanche, j'ai 500 numéros d'élus.

LCI : Dans votre livre, on apprend qu'après le Tour de France, vous oubliez régulièrement le code d'entrée de chez vous et même votre code de carte bleue...

Christian PRUDHOMME : Cela m'arrive après le Tour, oui, de ne plus connaître le code pour rentrer chez moi et d'oublier mon code de carte bleue. Et je me suis en effet retrouvé une année devant chez moi, je ne savais plus quel était le code. J'ai passé une dizaine de minutes devant la porte de mon immeuble. En fait, je n'ai eu qu'à la pousser pour entrer. Il était 19h58 et le système de sécurité ne s'enclenchait qu'à 20h (rires). J'avais un trou de code.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter