VIDÉO - "Je me suis mis en danger de mort" : Yvan Bourgnon a réussi son fabuleux périple en solitaire dans les eaux glacées de l'Arctique

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EXPLOIT - Parti le 13 juillet d'Alaska, en catamaran de sport non habitable et sans assistance, Yvan Bourgnon est arrivé ce vendredi au Groenland. Le navigateur suisse signe le premier passage à la voile en solitaire du Nord-Ouest, qui relie l'océan Atlantique à l'océan Pacifique.

À bout de forces mais "heureux". Deux mois et six jours : c'est le temps qu'il aura fallu à Yvan Bourgnon pour boucler son défi Bimedia, la traversée en solitaire et sans assistance du passage du Nord-Ouest, qui relie l'Atlantique au Pacifique, en catamaran de sport non habitable. Parti le 13 juillet dernier de Nome en Alaska, le navigateur suisse a rejoint Nuuk, capitale du Groenland, point final de son périple, ce vendredi 22 septembre, à 0h12 locale (4h12, heure française).  


Le navigateur s'est exprimé dès sa descente du bateau : "Je suis très heureux de revenir, revoir mes proches et partager ce moment avec eux. J'en ai bavé plus que je ne le pensais. Les difficultés se sont accumulées tout au long du parcours. Ce défi a été à coup sûr le plus difficile de tous les défis réalisés depuis 7 ans sur 'Ma Louloutte', mon fidèle catamaran de sport". 

Je n'ai jamais eu autant froid de ma vie, jamais eu autant peurYvan Bourgnon

Pendant les 70 jours de cette traversée hors-norme, passés en mer à bord de son embarcation de 6 mètres de long, le skipper de 46 ans a du naviguer à vue, dormir par tranches de 5 à 10 minutes et faire face à de violentes tempêtes, de nombreuses avaries, une collision avec un morse et une rencontre nez à nez avec un ours blanc. Mais le plus dur a été de rester bloqué pendant 18 jours dans la baie de Weld à attendre l'ouverture des glaces pour avancer. 


"Honnêtement, c'est la première fois que je ressens vraiment la peur sur l'eau. Le truc là qui te prend le ventre (...) Tout est fait pour te broyer. Tout est là pour te mettre dans l'eau. Et si tu es dans l'eau (à 3 degrès, ndlr), tu es mort", a-t-il confié, ému, aux côtés de son épouse et de son fils Tao, né une semaine avant son départ, venus l'accueillir à son arrivée sur la terre ferme.


Blessé aux jambes et aux mains à cause des températures négatives qu'il a endurées lors de son voyage sur les eaux glacées, Yvan Bourgnon a perdu plus de dix kilos et présente un déficit important de sommeil. "Je n'ai jamais eu autant froid de ma vie, jamais eu autant peur, jamais eu autant de situation de stress aussi inouïes, je m'attendais à quelque chose de difficile mais pas autant. Clairement, je me suis mis en danger de mort", a-t-il raconté, épuisé, face caméra.

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L'exploit d'Yvan Bourgnon : "La première fois que je ressens la peur sur l'eau"

Plus que l'aspect sportif, cet exploit avait pour but de sensibiliser sur les conséquences du réchauffement climatique et sur la présence de nombreux déchets océaniques rencontrés par le navigateur suisse sur sa route. Pour preuve, ce passage maritime nord reliant l'océan Atlantique au Pacifique, en passant par les îles arctiques du grand Nord Canadien, n'était pas accessible il y a encore quelques années. Sous l'effet du réchauffement des eaux et de la fonte partielle de la banquise entre le pôle et le continent, le passage du Nord-Ouest s'est peu à peu ouvert, devenant alors une route océanique possible, quelques semaines par an.

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