Zidane, Nadal, Piqué, Guardiola… Les grands sportifs prennent position sur le référendum en Catalogne

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Indépendance de la Catalogne : la crise sans fin avec Madrid

POINTS DE VUE – Dimanche, les Catalans sont appelés aux urnes pour décider, ou non, de l’indépendance de leur région, dans un climat de tension avec l'Espagne. Souvent apolitiques, les acteurs du monde du sport, cette fois, n’ont pas hésité à se prononcer.

On ne sait pas s’il se fendra, tard dimanche soir, d’un "nos quedamos" ("nous restons" en espagnol) en écho au fameux "se queda" qu’il avait posté durant le mercato estival, pour démentir le départ de Neymar au PSG. On sait en revanche que Gérard Piqué, le défenseur du FC Barcelone et de l’équipe d’Espagne, reste maître dans l’art du tweet figurant un gros coup de pied dans la fourmilière. Le dernier en date l’illustre parfaitement : "À partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche, nous nous exprimerons pacifiquement. Ne leur donnons aucune excuse. C’est ce qu’ils veulent. Et chantons haut et fort. Nous voterons." Une prise de position claire, écrite en catalan dans le texte, en faveur du référendum sur l’indépendance de la Catalogne, pourtant interdit par la justice espagnole...

Son grand rival du Real Madrid, et partenaire de la défense centrale de la sélection ibérique, Sergio Ramos, n’a pas tardé à le tacler, certes diplomatiquement, en marge d’une opération promotionnelle organisée par son club : "Le tweet de Piqué n’est peut-être pas la meilleure chose à faire si tu ne veux pas être sifflé. Et ce n’est peut-être pas ce qu’il y a de mieux pour le groupe (de l’équipe d’Espagne), mais chacun est libre de dire ce qu’il pense." Une petite joute verbale comme il y en a eu d’autres entre les deux hommes, mais qui témoigne cette fois de la crispation entourant une éventuelle autodétermination catalane, et surtout de l’implication du monde du sport.

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Le football, élevé au rang de religion de l’autre côté des Pyrénées, serait, bien sûr, le premier sport concerné. Incontournable dans la culture locale, le FC Barcelone, qui soutient depuis longtemps les velléités d’indépendance de la Catalogne, pourrait ainsi, en cas de victoire du "oui", se retrouver exclu du Championnat national. Javier Tebas, le patron de la Ligue espagnole,  a en tout cas affirmé que "les clubs calalans ne pourront pas jouer en Liga si l’indépendance est prononcée"...

Je ne pense pas que le référendum du 1er octobre devrait avoir lieu parce les lois sont les lois et chacun se doit de les respecter. - Rafael Nadal

L’heure est tellement grave que même le très placide Zinedine Zidane, qui a toujours pris grand soin de fuir tous les débats politiques, a accepté de se prononcer là-dessus. "Je n’imagine pas une Liga espagnole sans Barcelone. Je ne l’imagine pas, en tant que passionné de football. Le Barça doit rester pour toujours dans ce Championnat, a estimé, début septembre, le champion du monde 1998. Je ne sais pas ce qui va se passer exactement. Il y a des gens pour, des gens contre, c’est un débat compliqué. Mais je ne l’imagine pas. J’espère que cela n’arrivera pas et je ne le souhaite pas."

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Mais tout le monde ne s’en est pas prudemment tenu aux conséquences sportives d’une situation hypothétique. Emblème du sport espagnol, le tennisman Rafael Nadal a, lui, carrément pris position contre la tenue du référendum en soi. Dans El Mundo, le Majorquin a même mis l’accent sur l’idée d’une identité nationale : "Je ne pense pas que le référendum du 1er octobre devrait avoir lieu parce les lois sont les lois et chacun se doit de les respecter. Je n'ai pas le droit de griller un feu rouge parce que ce feu rouge ne me paraît pas correct. Je me sens très proche des Catalans, mais je me sens très espagnol également. Je n'imagine pas une Espagne sans la Catalogne. Je n'aimerais pas voir ça." Même son de cloche du côté du pilote catalan Marc Marquez qui, lapidaire dans As, a lâché : "Je suis catalan parce que je vis en Catalogne mais je me sens espagnol."

"L'esport pel sí"

C’est donc peu dire que la question est sensible. "Quand la répression et l'intimidation répondent aux demandes pacifiques et aux problèmes politiques, on ne peut plus parler d'un État démocratique",  a, de son côté, tweeté le spécialiste de l'ultra-trail Kilian Jornet. 

Comme le FC Barcelone, qui a signé, en tant qu’entité, un "Pacte national pour le référendum", son ancien entraîneur, Pep Guardiola, bien qu’aujourd’hui à Manchester City, demeure très concerné par la question : "Tout le monde le sait, toute l'Europe le sait, ce que nous voulons, c'est voter, car il ne s'agit pas d'indépendance mais de démocratie. Je suis convaincu que cela se déroulera de manière civique et que nous allons tous pouvoir voter le 1er octobre." 

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