Crédit immobilier : où vont les taux ?

Contrairement à ce qu’annonçaient les Cassandres, le loyer de l’argent reste bas et il pourrait même reculer durant les prochains mois.

Pour la première fois depuis août 2015, la majorité des financeurs sondées par la Banque de France indiquent que la demande de prêts immobiliers a reculé, ou stagné, en mai 2017. Selon certains observateurs, cette baisse de la demande s’explique parce que les prix de l’immobilier remontent, mais aussi parce que les acheteurs sont convaincus que les taux sont orientés à la hausse et qu’il est trop tard pour s’endetter à bon compte. Erreur ! S’il est vrai que les prix grimpent, les conditions de crédit restent en revanche très sages. Et pour cause : la hausse des taux tant annoncée ne s’est finalement pas produite ! Certes, une légère remontée a été constatée en fin d’année dernière. Depuis, le loyer de l’argent se tasse.

1,60% sur 20 ans

Selon le dernier baromètre Crédit Logement / CSA, on peut s’endetter à 15 ans à un taux de 1,56% (hors assurance et coût des garanties).  Le taux des crédits sur 20 ans recule de 2 points de base à 1,60% alors que ceux des prêts à 25 ans cèdent 3 points de base pour revenir de 1,90 (avril) à 1,87% (mai). "Le plus fort de la hausse a été constaté en février dernier et depuis les augmentations ne sont que de faible ampleur", relève le baromètre CSA. Aujourd’hui, les taux sont revenus à leur niveau de l'été 2016, déjà au ras des pâquerettes.


A l’avenir, le loyer de l’argent devrait s’orienter de nouveau à la baisse, car le taux des OAT (Obligations Assimilables du Trésor) françaises à 10 ans servant de référence aux crédits immobilier, a entamé une phase de repli depuis la présidentielle. Après être monté à 1,10%, il se situe vers 0,64% en cette mi-juin 2017. Autre facteur de baisse : au lieu de reconstituer leurs marges, beaucoup de banques continuent à pratiquer des taux d’appels attractifs pour attirer le chaland. Elles pourraient maintenir cet effort afin de tenir leurs objectifs de production 2017.


D’ici à la fin de l’année, l’horizon devrait donc rester dégagé pour des emprunteurs à qui la sagesse des taux permettra de récupérer une partie du pouvoir d’achat gommé par la hausse des prix au m2. 

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