3 bonnes raisons de regarder "Chirac, la bio", ce lundi soir sur France 3

3 bonnes raisons de regarder "Chirac, la bio", ce lundi soir sur France 3

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DOCUMENTAIRE – Que l'on soit de gauche ou de droite, Jacques Chirac a marqué la vie des Français. Par sa personnalité plus que pour ses 42 ans de vie politique : c'est l'une des pistes de réflexion que propose Franz-Olivier Giesbert dans ce documentaire en deux parties. Très hagiographique, mais aussi passionnant qu'amusant.

Parce qu'on passe en revue 50 ans de vie politique française (et que ça a bien changé)
Les pépites, dans ce genre de documentaire, ce sont les images d'archives. Celles d'un passé pas si lointain où le gouvernement se déplaçait en grosses DS noires, où on ne se tenait pas toujours bien à table et où on fumait dans les bureaux de l'Elysée. Ces images de Chirac en campagne en Corrèze plantent le décor d'un personnage et de son temps, une France des Trente Glorieuses où il a gravi les échelons avec une énergie et un culot formidables. Tout semblait possible à l'époque, et c'est finalement lorsqu'il a atteint l'Elysée, où il est resté président pendant 12 ans, que Chirac a commencé à décliner. L'ambiance des Tontons flingueurs des débuts évolue en Game of Thrones en costume-cravate : c'est rudement bien réalisé, truculent et dramatique quand il le faut.

Parce que Jacques Chirac ressemble tellement à sa marionnette des Guignols
Certes, personne n'a jamais réussi à cerner Chirac, pas même sa fille Claude, pas même Giesbert qui lui a consacré plusieurs livres à succès avant ce film. Ce dernier ne cache pas sa sympathie et son admiration pour ce grand échalas, tombeur de ces dames, qui aimait plus sincèrement les antiquités asiatiques et les arts premiers que la politique et les attributs du pouvoir. Ce côté hagiographique peut irriter, notamment lorsque le journaliste évoque avec légèreté des bourdes comme la dissolution de l'Assemblée, mais il révèle à quel point le charme a agi, et agit encore, au contact de ce personnage rabelaisien. Chirac aimait le contact avec les gens, la bonne bouffe, l'action. C'est pour cela qu'on lui pardonnait tout ; c'est pour cela qu'on peine aujourd'hui à trouver un homme politique aussi rassembleur.

Parce que derrière Jacques, Bernadette tire pas mal de ficelles
Comment expliquer la trajectoire de cet "Indiana Jones égaré en politique", selon l'expression de Giesbert ? Cherchez la femme... Alors qu'il avait toutes ses jolies condisciples de l'ENA à ses pieds, Jacques Chirac a choisi d'épouser une jeune femme aussi austère qu'il était sociable, Bernadette Chodron de Courcel. Cette petite femme "au physique de carmélite" (dixit Giesberl) le dit elle-même : "ce n'était pas uniquement un mariage d'amour, c'était un mariage d'ambition". Après 60 ans de mariage, au moins autant d'incartades de Jacques et différents coups de tonnerre, Bernadette est toujours là, pus énergique que jamais, aux côtés d'un époux affaibli. On comprend alors que ce n'est pas elle qui a servi l'ambition de Chirac, mais le contraire. Quel roman formidable Zola aurait tiré de ce drôle de couple !

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