3 bonnes raisons de regarder "L'ordre et la morale" de Mathieu Kassovitz, ce soir sur France 2

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MAUDIT - C'est l'un des meilleurs films de Mathieu Kassovitz. Sans doute son plus gros échec aussi. Puissant drame militaire sur l'assaut de la grotte d'Ouvéa par l'armée française, "L'ordre et la morale" est diffusé ce soir à 22h35 sur France 2. Vous hésitez encore ? Vous avez tort !

Le 5 mai 1988, l'armée française lance l'assaut sur la grotte d'Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, où les indépendantistes du FLNKS retiennent 27 gendarmes en otage. Une décision prise par François Mitterrand, à trois jours de l'élection présidentielle. 19 preneurs d'otage et 2 militaires seront tués lors d'une intervention qui reste encore aujourd'hui controversée. Acteur et réalisateur, Mathieu Kassovitz en a tiré un passionnant long-métrage, L'ordre et la morale, fruit d'un patient travail d'enquête. Que France 2 propose de (re)découvrir, ce soir en deuxième partie de soirée...

Parce que vous ne l'avez sans doute pas déjà vu
Sorti en novembre 2011, L'ordre et la morale a connu un flop retentissant, avec à peine 150 000 entrées. Les critiques étaient pourtant favorables, dans l'ensemble, saluant l'un des tout meilleurs films de Mathieu Kassovitz derrière la caméra. Le grand public a-t-il été hermétique au sujet ? Les sorties controversées de son auteur, auront-elles été fatales à un long-métrage ambitieux, comme le cinéma français en ose rarement ? A l'époque, c'est un autre film français qui cartonne dans les salles. Sorti deux semaines plus tôt, Intouchables sera un véritable phénomène de société qui écrasera tout sur son passage. Blessé par cet échec, "Kasso" n'a pas tourné depuis. Et s'est concentré sur sa carrière d'acteur même si la rumeur d'une suite de La Haine revient à intervalles réguliers.

Parce que c'est une œuvre plus équilibrée qu'on ne le croît
Souvent critiqué pour ses prises de position un brin catégoriques, Mathieu Kassovitz a enquêté pendant dix ans, se rendant régulièrement en Nouvelle-Calédonie pour tenter de comprendre les ressorts du drame. A l'écran, ni l'armée, ni les indépendantistes, encore moins le pouvoir de l'époque ne sont dépeints en noir et blanc. Au fil du récit, le spectateur doute, s'interroge. Se fait sa propre opinion même si Bernard Pons, le ministre de la Défense de l'époque, en prend pour son grade. "Bien sûr il y a toujours une part d’interprétation", confiait le cinéaste à metronews à l'époque. "Et si j’avais fait le film au bout d’un an d’enquête, il aurait sans doute été truffé d’erreurs. Aujourd’hui, il en reste certainement. Mais elles sont plus factuelles que profondes."

Parce que Kassovitz est aussi bon réalisateur que comédien
L'ordre et la morale est construit comme un immense suspense, aux deux extrémités duquel se trouve l'assaut lancé par l'armée française, filmé avec un souffle impressionnant. On a beau savoir comment tout ça s'est terminé, Mathieu Kassovitz instaure une tension permanente. Peut-être parce qu'il s'est donné le beau rôle, celui du capitaine du GIGN, Philippe Legorjus, luttant pour que sa hiérarchie accepte une solution négociée à une crise qui le dépasse. Toujours est-il que sa performance, sobre mais sensible, joue pour beaucoup dans la réussite de ce drame militaire de premier choix.

L'ordre et la morale, de et avec Mathieu Kassovitz. Ce soir à 22h35 sur France 2

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