3 bonnes raisons de regarder "Relève", le documentaire sur Benjamin Millepied ce soir sur Canal +

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DANSE – En septembre 2015, le tout nouveau directeur du ballet de l'Opéra de Paris inaugurait sa fonction avec un ballet de 33 minutes, "Clear, Loud, Bright, Forward". Un beau documentaire inédit a suivi la genèse de cette création qui rue dans les brancards de l'auguste institution, tout en tirant le portrait d'un homme complexe.

Parce que le ballet de l'Opéra entre dans une toute nouvelle ère
La nomination en 2014 de Benjamin Millepied comme nouveau directeur du ballet de l'Opéra de Paris avait d'abord fait lever un sourcil. Ce jeune Français de 38 ans a fait toute sa carrière de danseur et de chorégraphe aux Etats-Unis, mais son image de mannequin époux de Natalie Portman ne plaidait pas en sa faveur. Or, dès qu'il est arrivé dans cette très conservatrice institution, Millepied a imposé des réformes importantes, comme on peur le voir ici : donner de premiers rôles à de jeunes danseurs pas encore étoiles, dont une gracieuse métisse ; changer les planchers pour leur éviter les blessures ; s'ouvrir au numérique... Et surtout, travailler dans la joie, et non plus dans la peur de la hiérarchie. A voir l'enthousiasme des magnifiques danseurs que l'on voit virevolter, la relève est plus qu'assurée, et le Ballet entre des mains plus que compétentes.

Parce qu'il montre comment se construit un ballet contemporain
Millepied a 40 jours pour monter sa création, Clear, Loud, Bright, Forward. Autant dire quelques heures. Relève montre ce qu'aucun autre film de danse n'avait encore montré : les étapes d'une création chorégraphique. Millepied commence par écouter la musique composée pour lui par Nico Muhly, jeune compositeur américain dont il est très proche . Une musique de ballet idéale, à la fois souple, rêveuse, organique et électrique. Le nouveau directeur est toujours en survêt pour se mêler à ses danseurs et leur montrer les pas qu'il veut. Puis vient une logistique infernale, entre les décors (ces fichus bancs !), les costumes (commandés à Iris Van Herpen), et les grèves des techniciens de l'Opéra à gérer au dernier moment... La tension monte, mais on n'a qu'une envie : prendre part à cette excitation collective qui va se terminer par une splendide représentation.

Parce qu'il montre que Benjamin Millepied est bien le mari d'une actrice, mais pas que
Très difficile à cerner, ce Millepied. Ses proches louent son goût pour la rigolade, mais il semble tout à tour crispé, absent ou un peu trop conscient de la caméra braquée sur lui sur ce film. Ses airs de star peuvent agacer, il n'écoute pas son assistante (que l'on voit pourtant se démener comme un beau diable), il porte une AppleWatch à un poignet et une Richard Mille à l'autre... De sa vie privée, on ne verra rien, sinon qu'il lui arrive de dîner seul au bistrot, pour travailler encore et encore. Et on s'en fiche, puisque c'est son travail qui passionne ici. Millepied transforme en un été le prestigieux Ballet de l'Opéra de Paris en l'ouvrant vers la mixité, la jeunesse et la liberté. Surtout, il porte un amour sincère et profond à ses danseurs, qu'il sait valoriser pour mieux les élever vers la perfection. Et ça marche.

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