Benoît Magimel : "Dans 'Marseille', je suis prêt à bai... tout le monde pour arriver à mes fins"

Benoît Magimel : "Dans 'Marseille', je suis prêt à bai... tout le monde pour arriver à mes fins"
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INTERVIEW - Benoît Magimel incarne Lucas Barres, adjoint ambitieux du maire joué par Gérard Depardieu dans "Marseille", la première série française financée par Netflix, disponible sur la plateforme à partir du 5 mai. Et dont les deux premiers épisodes sont diffusés ce soir sur TF1. Entretien.

C’est le réalisateur Florent Emilio-Siri qui vous a contacté. Comment vous a-t-il convaincu de rejoindre le casting de Marseille ?
Une série, c’est un véritable engagement. Si la sauce prend, si ça marche, vous signez pour une deuxième, une troisième saison. Donc c’était important pour moi que ce soit Florent Emilio-Siri à la barre. C’est quelque chose qui m’a rassuré, parce qu’on se connaît très bien et avons déjà travaillé ensemble à plusieurs reprises (Une minute de silence, Nid de guêpes, L'Ennemi IntimeCloclo). Il est en charge de la direction artistique, de la réalisation des épisodes… C’était pour moi un gage de qualité. Après, on a besoin de savoir qui seront nos partenaires, donc quand il m’a parlé de Gérard Depardieu… (sourires) Et tous ces jeunes talents autour de nous… Tout ça c’était rassurant pour moi.

Comment décririez-vous votre personnage de Lucas Barres ?
C’est quelqu’un d’insaisissable, bourré de contradiction. Il a un côté Pasolinien dans le sens où il est prêt à baiser tout le monde, au sens propre comme au figuré. Il n’a peur de rien en fait. A l’exception des gens qu’il aime. Il n’a pas envie de les blesser dans sa démarche. Il peut faire le pire, aller loin, mais jamais blesser ceux qu’il aime.

Est-il prêt à tout pour arriver à son but ?

Non, pas vraiment. Disons qu’il est prêt à tout pour Marseille, notamment dans cette course à l’élection. En même temps il a des convictions : il souhaite le meilleur pour sa ville, il a envie de changer les choses, vraiment. Pour cela il utilise tous les moyens : il peut pactiser avec l’extrême droite pour obtenir des voix, ou avec la mafia, il s’en fout du moment qu’il obtient ce qu’il veut pour aider les Marseillais et les Marseillaises.

Pensez-vous que Marseille était la ville idéale pour raconter cette histoire ?
On ne fait pas de la politique dans le Sud, comme on la fait dans le Nord. C’est autre chose. Il y a cette image de la famille, au sens propre comme au figuré, ça fait partie du décor. C’est une ville surprenante car on encense la voyoucratie. Il y a des figures de la pègre qui sont des "grands hommes" comme ils disent dans cette ville, donc c’est troublant. Si vous n’êtes pas capable d’éteindre le micro quand votre adversaire parle ou de lui marcher sur les pieds, faut pas aller à Marseille. Il faut se faire entendre là-bas. 

Est-ce que tourner la série a fait changer votre regard sur cette ville ? 
C’est une ville qui est bourrée de contradictions. Et c’est pour ça que la série parle à la fois de famille, de politique en toile de fond, de vengeance… Il y a plein de Marseille différents. Les gens en ont marre qu’on mentionne toujours la ville seulement dans les faits divers, et je les comprends. Mais les histoires, les liens entre le pouvoir politique et la pègre ont toujours été là, c’est la culture. On dit souvent que le décor est un personnage, et là c’est réellement le cas. 

Marseille, ce soir à 20 h 55 sur TF1. 

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