C'est quoi ce raffut autour de "Making of Murderer", la série de Netflix dont tout le monde parle ?

C'est quoi ce raffut autour de "Making of Murderer", la série de Netflix dont tout le monde parle ?

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PHENOMENE – Depuis quelques jours, les abonnés de Netflix ne parlent que de ça. "Making of Murderer" est une série documentaire qui suit l'erreur judiciaire qui a emprisonné un homme pendant 18 ans pour viol, avant qu'un test ADN l'innocente... et avant qu'un meurtre ne le renvoie derrière les barreaux. Plus qu'une série, un phénomène qui pose bien des questions.

Christophe Hondelatte doit être tout pâle. A moins qu'il ne soit comme des millions d'autres téléspectateurs depuis le 18 décembre dernier : en grave manque de sommeil, incapables de décrocher de Making of Murderer, la nouvelle série de Netflix. Série documentaire plutôt, un Faites entrer l'accusé puissance mille, en dix épisodes d'une heure chacun qui suit une affaire judiciaire à rebondissements multiples dont les Etats-Unis ont le secret.

De quoi ça parle, au juste ?
De Steven Avery, habitant de Manitowoc, une petite ville du Wisconsin, condamné en 1985 pour un viol qu'il n'a pas commis. Au bout de 18 ans, un test ADN prouve son innocence. Avery demande 36 millions de dollars aux policiers et juges qui avaient fait de lui un coupable idéal : doté d'un QI réduit, Avery avait grandi à l'écart de la communauté, et ses bêtises de jeunesse lui avaient mis par mal de monde à dos. Il est libéré en 2003, accueilli comme un héros... pour se retrouver accusé du meurtre d'une photographe deux ans après. Avery est à nouveau condamné, à perpétuité cette fois.

Pourquoi ça rend accro ?
10 ans de travail ont été nécessaires aux deux réalisatrices, Moira Demis et Laura Ricciardi, pour réaliser Making of Murderer. Le scénario de départ était déjà intéressant à traiter en soi, mais ce qui justifie sa longueur et lui donne encore plus de poids, ce sont les rebondissements qui ponctuent l'affaire. Les astuces des séries qui marchent fonctionnent ici aussi : pas de voix off, rythme soutenu, cliffhangers. Au cours de l'enquête, le téléspectateur est troublé, assailli de questions : Avery est-il coupable, au fond ? Et si oui, coupable de quoi exactement ? Ou au contraire, la police et la justice de ce patelin d'Amérique profonde ont-elles vraiment tout manigancé pour accabler cette proie idéale ?

Quelles sont les répercussions de l'affaire ?
Making a Murderer fait beaucoup penser à la série Rectify, diffusée par Sundance Channel l'an dernier, sur un innocent qui sort du couloir de la mort, mais que la police locale, convaincu de sa culpabilité, continue de harceler. Sauf qu'ici, tout est vrai. Pour des milliers de téléspectateurs, ça ne fait pas un pli : Steven Avery est innocent, et paie lourd son statut de bouc émissaire. De nombreuses pétitions ont été lancées pour réclamer sa libération et celle de son neveu, complice présumé : à l'heure actuelle, on compte 106 000 signatures destinées à la Maison-Blanche, et plus de 300 000 sur le site Change.org. Sur les réseaux sociaux, des stars comme Ricky Gervais, Mia Farrow et James Franco ont pris fait et cause pour l'accusé. En attendant

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