Démission de Michel Field : retour sur son passage mouvementé à la direction de l'info de France Télévisions

Démission de Michel Field : retour sur son passage mouvementé à la direction de l'info de France Télévisions

APAISEMENT - Le numéro 1 de l'information du groupe public a plusieurs fois suscité le mécontentement au sein de ses équipes. Fusion des rédactions, motion de défiance, tribune à Libération, éviction de David Pujadas... retour sur 17 mois de tensions.

Quelques jours après l'éviction de David Pujadas du 20 heures de France 2, Michel Field a annoncé sa démission de la direction de l'information de France Télévisions ce lundi 22 mai 2017. Un poste qui aura mis l'ex-journaliste de 62 ans sous le feu des projecteurs et surtout des critiques pendant 17 mois. Retour sur son passage mouvementé à la tête de l'info du groupe public.

Décembre 2015 : nommé directeur de l'information de France Télévisions

C'est précisément le 8 décembre 2015 que Michel Field, qui était à la tête de France 5 depuis fin août de la même année, prend le poste de directeur de l'information de France Télévisions. L'ex-journaliste a été appelé par Delphine Ernotte, alors présidente du groupe public depuis trois mois, pour donner "un nouveau souffle" à l'information du groupe. Une nomination capitale pour mettre en oeuvre le projet d'une chaîne d'information publique impliquant une difficile fusion des rédactions et qui a finalement vu le jour le 1er septembre 2016 sous le nom de franceinfo.

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Avril 2016 : fragilisé par une motion de défiance

Le numéro 1 de l'Information de France Télévisions écope d'une motion de défiance le 19 avril 2016, à peine quatre mois après sa prise de fonction. Les rédactions l'ont adoptée à 65% mais l'intéressé, à qui on reproche de faire preuve de "mépris, désinvolture et parfois la grossièreté", ne démissionne pas pour autant. Ses méthodes et ses propos qualifiés de "brutaux" passent pourtant mal au sein de la rédaction. 

Sans oublier que, d'entrée de jeu, Michel Field n'a pas hésité à chambouler les émissions politiques et d'informations du groupe, mettant fin à Des paroles et des actes et écartant d'une façon jugée abrupte Guilaine Chenu et Françoise Joly, présentatrices historiques d'Envoyé spécial. Celles-ci auraient appris qu'elles étaient congédiées par une fuite dans les médias alors qu'on les avait rassurées sur leur avenir le matin même.

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Mais c'est surtout sa prestation dans le Supplément de Canal+, le 10 avril, qui a été un moment charnière. Alors qu'une grève se préparait à la suite du projet de fusion des rédactions, le patron de l'info a lâché sur le plateau que "comme disait Chirac, 'ça m'en touche une sans faire bouger l'autre'". Une phrase ressentie comme condescendante qui a, semble-t-il, cassé quelque chose avec la rédaction : "A partir de ce moment-là, on prend vraiment conscience qu'il est en roue libre", confie à l'Obs le président de la Société des Journalistes de France 2

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Mai 2017 : tensions ravivées par une tribune et démission

C'est lors d'un comité de direction, ce lundi 22 mai au matin, que celui qui cristallisait les tensions a annoncé sa décision de renoncer à son poste, avant de le confirmer dans un message envoyés aux équipes. "Par souci d'apaisement, j'ai demandé à la présidente de me relever de mes fonctions de directeur de l'information. (...) J'ai été heureux et fier d'avoir travaillé avec vous", explique-t-il. En dépit de sa gestion de l'info très contestée, l'intéressé n'a pas manqué d'évoquer dans son message le succès du "lancement de franceinfo", la "couverture de la présidentielle" et "les performances des éditions" de France 2 et France 3.

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Son départ est aussi une façon d'étouffer les polémiques ravivées par l'annonce, le 17 mai, de l'éviction de David Pujadas et par une tribune publiée la veille dans Libération. Texte dans lequel il critique "le journalisme incarné où le reporter met en scène son investigation ou son questionnement", qui est pourtant pratiqué à la fois au 20 heures de France 2 et dans l'émission Cash investigation.

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