"Dossier Tabou" : Bernard de la Villardière "manipulateur" ? Le maire de Sevran témoigne, le journaliste se défend

"Dossier Tabou" : Bernard de la Villardière "manipulateur" ? Le maire de Sevran témoigne, le journaliste se défend

COUP DE GUEULE - M6 diffuse ce mercredi 28 septembre le premier numéro du magazine "Dossier Tabou" présenté par Bernard de la Villardière, qui s'intéresse à l'Islam en France. Le journaliste a été accusé par le maire de Sevran, où plusieurs séquences ont été tournées, d'avoir été "racoleur" et "manipulateur".

"Très franchement au début je ne voulais pas participer à cette émission. Parce que c'est Bernard de La Villardière, c'est racoleur, on connaît..." a confié Stéphane Gatignon, le maire de Sevran, en Seine-St-Denis au site RMC, quelques heures avant la diffusion du premier numéro du magazine "Dossier Tabou" sur M6, ce mercredi soir. Le journaliste s'est rendu dans plusieurs villes de France pour explorer la gestion de l'islam et la montée du communautarisme. Mais si l'homme politique a participé au reportage, il regrette aujourd'hui et l'accuse de "manipuler tout le monde".

"Premièrement, c'est vrai qu'il s'est fait chauffer quand il est venu en ville dans un quartier, où une salle de prière a été fermée et murée. Ensuite, il y a eu un autre incident avec une de ses équipes lors d'une rencontre inter-religieuse en mai dernier: il y a eu des provocations dans la salle à la fin de la réunion par rapport à leur présence et ce qu'ils faisaient" raconte-t-il, en ajoutant qu'il fallait répondre après tous ces événements : "Je me suis dit: 'il faut que je réponde'. C'est un jeu de con en fait, à tous les coups tu perds! Si tu n'interviens pas, t'as une polémique et tu ne t'en sors pas. On te dit 'pourquoi tu n'es pas intervenu?'. Et si tu acceptes l'interview, on te dit 'pourquoi tu es intervenu?'. Donc t'es coincé. Quoi que tu fasses, de toute façon tu l'as dans l'os".

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    Je regrette d'y avoir participé mais en même temps je me sentais contraint"- Stéphane Gatignon, le maire de Sevran

    Dans une interview pour TvMag, du Figaro, Bernard de La Villardière explique que l'enquête présente "des faits avérés", en ajoutant que son travail est simplement là pour mettre en lumière ce qu'il se passe : "Les critiques sont souvent portées par des musulmans eux-mêmes qui constatent des dérives. Quand l’imam Abdelali Mamoun explique qu’il n’y a pas d’islam de France, mais un islam en France géré par des autorités étrangères, ce n’est pas moi qui en parle, mais lui. En plus, notre travail le prouve".

    Le maire de Sevran explique que l'interview a duré une heure et demiet que la discussion a été compliquée : "Il voulait entendre des trucs et moi je ne lui répondais pas ce qu'il voulait entendre. Je sais qu'il en restera 40 secondes ou une minute dans l'émission, c'est pour ça que je n'aime pas faire ces interviews et que je préfère parler en direct. Je regrette d'y avoir participé mais en même temps je me sentais contraint". Il assure que Bernard de La Villardière joue la provocation et revient sur ce moment de l'agression par des jeunes, dont la scène est présente dans la bande-annonce : "Le fait qu'il se fasse agresser… La Villardière qui vient après tout le monde, dans le lieu qui vient d'être muré, c'est de la provoc et il sait ce qu'il fait".

    Une vraie opposition

    Il tient à préciser qu'il n'y a jamais eu de problème de ce type avec d'autres chaînes : "Toutes les télés sont venus dans ce quartier et aucune n'a eu de souci, mais lui est venu après, et comme c'est lui qui est venu, il y a eu une crispation par rapport à ça. C'est lui qui vient, ce n'est pas ses équipes, il ne nous prévient pas avant…". S'il confie ne pas avoir vu le reportage, il déplore la stigmatisation de sa ville et le coup qu'est en train de réussir Daech "de faire imploser notre société et créer une rupture".

    Mais Bernard de La Villardière se défend et assure qu'il était inquiet lors de l'altercation, tout en confiant que Stéphane Gatignon ferme les yeux sur beaucoup de choses : "Dans le groupe, il y avait des fondamentalistes, des salafistes et des dealers. Manifestement, on gênait. On a préféré battre en retraite, mais on n’a pas appelé les forces de l’ordre (...) Cet homme fait partie des élus locaux qui ont composé avec les musulmans, pour ne pas dire plus, qui se ferment les yeux pour ne pas voir et qui vont dans le sens du vent. Ils se disent qu’il y a un vote musulman et qu’il faut donc se le mettre dans la poche".

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