Emmanuel Moire : "Pour les Enfoirés, les artistes sont des bénévoles comme les autres"

Emmanuel Moire : "Pour les Enfoirés, les artistes sont des bénévoles comme les autres"

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INTERVIEW – La troupe des Enfoirés souffle ses 25 bougies ce vendredi soir sur TF1 avec un show enregistré à Strasbourg. L'occasion pour 6 lecteurs de metronews de recueillir les impressions du petit nouveau Emmanuel Moire, encore secoué par ce baptême du feu rempli d'émotion.

Thierry : Comment avez-vous été abordé pour intégrer les Enfoirés ?
Ça s'est fait simplement, je connaissais la personne qui s'occupe de cette émission. On tournait une émission à l'Olympia, on me l'a proposé et je n'ai pas pu dire non ! C'était une envie de ma part, j'avais été déçu que ça ne puisse pas se faire il y a six ans (pour des raisons personnelles, NDLR). Être convié à rejoindre la troupe, ça confirme ma popularité qui a été très forte cette année. Et c'est aussi le but des Enfoirés : profiter de notre notoriété pour intéresser le public à une cause.

Soizic : Avez-vous bien vécu vos premiers pas comme Enfoiré ?
Je connaissais beaucoup d'artistes, donc ça m'a facilité la tâche, surtout que c'était particulier parce que j'ai eu un baptême du feu accéléré, je n'ai pas fait les trois premiers spectacles. C'est une ambiance très familiale et conviviale, tous les artistes respectent cette philosophie et se considèrent comme des bénévoles comme les autres. J'avais quelques appréhensions, mais c'était balayé au bout d'une heure. Je n'ai pas la sensation d'avoir été bizuté, à moins que je ne m'en sois pas aperçu ! De toute façon, je n'ai aucun problème avec le fait de me déguiser, j'ai vraiment pris ça comme un jeu. Au final, je me suis pris une bonne baffe.

Philippe : Pas de question d'égos entre les artistes ?
Je n'ai pas du tout vécu ça. Jean-Jacques Goldman est même l'exemple inverse, il impose sa simplicité, si bien qu'au bout de cinq minutes on l'oublie. Je n'ai jamais été intéressé par la comparaison avec les autres artistes. J'étais tellement venu pour m'amuser et me déguiser que rien ne m'a dérangé. Il faut laisser ses problèmes à la porte.

Philippe : Les artistes ont-ils leur mot à dire sur le choix des chansons ?
Cette question souligne un truc important. On ne vient pas pour se mettre en valeur, pour montrer comment on chante ou pour se faire plaisir. Il y a toujours des possibilités de changement, mais le but reste quand même de s'adapter pour faire un spectacle qui tient la route. Même si ce sont les Enfoirés, ça reste un travail qui nécessite un minimum de répétition.

Laurent : Tout le monde est-il aussi détendu en coulisses qu'à la télévision ?
Je ne suis jamais impressionné par quelqu'un, je cherche toujours à entretenir des relations cordiales, peu importe l'artiste. Aux Enfoirés, on a le temps de faire connaissance et on a tendance à vite oublier à qui on a affaire. Ça contribue au fait qu'on est là au même titre que tout le monde. Je ne pensais pas que ça allait aussi bien se passer pour une première. J'ai notamment bien échangé avec Thomas Dutronc, avec qui on a fait beaucoup de tableaux, on a bien rigolé.

"Je refuse de jouer l'homo de service"

Marie-Josiane : Côtoyer des comédiens aux Enfoirés, ça ne vous donne pas envie de tenter votre chance au cinéma ?
Je n'ai pas attendu les Enfoirés pour y penser ! J'ai très envie de jouer parce que j'ai le sentiment d'avoir beaucoup à donner en tant qu'acteur. Mais je ne veux pas faire tout et n'importe quoi, je suis prudent et je préfère prendre le temps de tomber sur un sujet qui me touche. J'ai reçu plusieurs propositions, mais je refuse de jouer un chanteur ou un homo de service. Je fonctionne à l'instinct et à l'intuition.

Soizic : Avez-vous d'autres projets de comédies musicales ?
Je ne m'enferme pas dans une case, tout dépend du projet. J'adore le fait d'avoir toutes les disciplines et toutes ces matières réunies. Je suis en train de discuter avec Stage Entertainment avec qui j'avais fait Cabaret pour un spectacle qui se jouerait en 2015. J'adore cette tradition des pièces musicales, comme on peut en trouver à New York.

Metronews : Vous vous êtes produit pour la première fois à l'Olympia en janvier. Comment l'avez-vous vécu ?
Il y a une forme de reconnaissance, je crois qu'il ne faut pas y aller trop tôt ou trop tard. J'ai senti que ça marquait très forte pour moi, avec un album plus intime. Je me suis senti 10 000 fois moins stressé que ce que je croyais être. Je me suis débarrassé de plein de choses, j'ai repris confiance en moi. Je ne me suis pas senti dépassé. Je pense que ma participation à "Danse avec les stars" a mis la lumière sur ma personnalité.

Laurent : La confiance vous pousse-t-elle à faire un nouvel album ?
Il faut surtout éviter de travailler dans la peur ou dans l'obligation, ce ne sont pas de bons moteurs. Je me suis rendu compte que je pouvais décider moi-même ce que je pouvais faire avec discernement. Mon dernier album était assez chargé en émotion, je ne pense pas en refaire un comme ça maintenant. Je suis dans une énergie solaire qui va forcément influencer les prochaines chansons.

Soizic : Quelles sont les évolutions possibles musicalement ?
Je me concentre d'abord sur le message que je veux porter. Peu importe le style, je fais avant tout des chansons pour qu'elles résonnent chez les gens. Plus la démarche est sincère, plus le public le sent. On vit tous les mêmes choses, une chanson est là pour fédérer, pour faire le lien. Je suis là pour m'exprimer à travers la musique. Sur "L"équilibre" (l'album précédent, NDLR), j'avais une volonté de cassure, une sorte de crise d'ado tardive qui a sûrement parasité le travail artistique.

Laurent : Comment vient l'inspiration ?
Ça peut être très rapide de composer une chanson, en une nuit. C'est magique quand on se sent connecté à sa créativité. Et pour d'autres titres, on peut y passer des heures, c'est compliqué. On peut très bien bloquer, et trouver des idées en plein moment de la journée, quand on fait des courses, en marchant dans la rue. J'adore le travail de créateur à condition d'accepter qu'on peut avoir des journées stériles. Il faut être dans le bon fluide et se nourrir de tout, sans se prendre la tête.

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