Faut-il regarder ou pas le remake de Robocop sur Canal + ?

Faut-il regarder ou pas le remake de Robocop sur Canal + ?

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DECRYPTAGE – Canal + diffuse Robocop, ce soir à 20h55. Le cinéaste brésilien José Padilha (Troupe d’élite) s’attaque à un monument du cinéma de science-fiction en ressuscitant le héros culte de Paul Verhoeven.

27 ans après ses débuts explosifs sur grand écran, le flic mi-homme mi-robot donne-t-il toujours dans l’ultraviolence et le discours antifasciste ? Metronews a posé la question à Joel Kinnaman, nouveau prisonnier de l’armure d’acier, Gary Oldman, qui joue son concepteur, et leur réalisateur, le Brésilien José Padilha.

L’histoire
"Notre film est un reboot, pas un remake", explique Joel Kinnaman. "Il était important de faire des clins d’œil à l’original sans tomber dans la redite. José se concentre ainsi sur l’humain, et non sur la paranoïa sécuritaire, en développant les relations du héros avec sa femme et son concepteur (Gary Oldman). Mais Robocop sera toujours Robocop : l’action domine et la mise en garde contre le fascisme reste incontournable."

Le genre
"Le film de Verhoeven était très avant-gardiste car, en 1987, la technologie en était encore à ses balbutiements. Mais, en 2014, Robocop n’est plus de la science-fiction. Les drones, les robots, les écrans tactiles font partie de notre quotidien, analyse Gary Oldman. "Il était pertinent de sortir ce remake aujourd’hui, de remettre en perspective les questions fondamentales de cette histoire : la technologie est-elle synonyme de progrès ? Implique-t-elle nécessairement la déshumanisation de notre société ?"

Le discours antifasciste
"Nous avons conservé le discours de fond selon lequel l’automatisation de la violence est une porte ouverte vers le fascisme. Mais nous l’avons élargi à un problème de géopolitique internationale", explique José Padilha. "Chez Verhoeven, l’histoire se limitait à la ville de Detroit. La nôtre traite d’une utilisation à grande échelle, en temps de guerre."

La violence
"Verhoeven a son style : l’ultraviolence en fait partie. Mais, personnellement, je trouvais plus intéressant de me focaliser sur le dilemme interne du héros et sur les questions éthiques que sur les effusions de sang", conclut le réalisateur qui omet de préciser qu’il échappe ainsi à l’interdiction moins de 16 ans, peu compatible avec les impératifs commerciaux d’un blockbuster. Lequel, s’il s’avère très efficace, est nettement plus convenu que son modèle.

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