Femmes voilées et "nègres américains" : Hapsatou Sy réclame des sanctions contre Laurence Rossignol

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SANCTION – Les propos polémiques de Laurence Rossignol, qui a comparé les femmes qui choisissent de porter le voile aux "nègres américains qui étaient pour l’esclavage" ont provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, mais pas seulement. Sur le plateau du "Grand 8", Hapsatou Sy a réclamé qu’on sanctionne la ministre.

Alors que de grandes marques internationales, comme H&M, Uniqlo et Marks & Spencer se lancent dans la mode islamique, proposant burkinis et voiles, Laurence Rossignol a tenu à réagir mercredi 30 mars, sur le plateau de RMC. Des propos particulièrement polémiques, puisque ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, a comparé les femmes qui choisissent de porter le voile aux "nègres américains qui étaient pour l’esclavage".

"De quel droit elle s’octroie le droit d’utiliser le mot nègre ?"

Et après les réactions très vives sur les réseaux sociaux, c’est sur le plateau du Grand 8 que les langues se sont déliées. Particulièrement remontée contre la ministre, Hapsatou Sy a expliqué : "Elle a été très loin dans ses propos. Quand elle parle de nègres, de quel droit elle s’octroie le droit d’utiliser le mot nègre ? C’est une injure, c’est quelque chose qu’en tout cas moi, en tant que femme noire, je vis mal venant d’une ministre d’Etat qui vient et qui nous parle de nègres", s'est insurgée la chroniqueuse.

"Et aller comparer un style vestimentaire, une tenue traditionnelle, un voile, aux nègres et à l’esclavage, à une histoire extrêmement douloureuse qui a coûté des vies. Je veux dire, si on l’avait comparé à d’autres faits historiques qui touchaient à d’autres cultures, ça aurait été grave." 

Des propos polémiques, mais pas de sanction

Et si depuis, Laurence Rossignol a justifié l’utilisation de ce terme, précisant que c’était "un mot péjoratif qui ne s’emploie plus que pour évoquer l’esclavage en référence à l’ouvrage abolitionniste "De l’esclavage des nègres" de Montesquieu", pour la chroniqueuse, ce n’est pas suffisant. "Bien-sûr ça a fait réagir, mais pas suffisamment. Ça doit être sanctionné, et on attend justement cette sanction."

A ses côtés, Aïda Touihri a également regretté que la ministre ne défende pas le droit des femmes à porter librement le voile, qui est une tenue traditionnelle dans de nombreuses cultures : "Madame, défendez toutes les femmes, pas seulement celles qui vous ressemblent". Sur Twitter, Hapsatou Sy a tweeté sensiblement la même pensée...

Découvrez le (long) débat qui a eu lieu sur le plateau du Grand 8

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