Frank Spotnitz : "Dans "The Man in the High Castle", je voulais humaniser les nazis"

Frank Spotnitz : "Dans "The Man in the High Castle", je voulais humaniser les nazis"

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INTERVIEW – Le showrunner Frank Spotnitz, était invité du Toulouse Game Show le week-end dernier. L'occasion pour metronews de lui poser quelques questions au sujet de "The Man in the High Castle", l'adaptation du roman de Philip K. Dick dans lequel les Allemands et les Japonais ont remporté la Seconde Guerre Mondiale. Une série surprenante, diffusée en ligne par Amazon Studios.

Comment avez-vous abordé l'adaptation du roman Philip K. Dick ?
C’est un petit livre, mais il y a une tonne d’idées à l’intérieur. Mon but était de fructifier ces idées en les dramatisant. J’ai essayé d’étendre l’univers pour qu’il soit cohérent avec ces idées-là. J’ai ajouté des personnages, comme le SS John Smith (Rufus Sewell) ou l’inspecteur Kido (Joel de la Fuente) à San Francisco, car j’avais besoin d’antagonistes. Et je suis un peu revenu en arrière sur la relation entre Frank (Rupert Evans) et Julianna (l'héroïne incarnée Alexa Davalos). J’ai changé beaucoup de choses, mais je voulais avant tout honorer l’esprit du livre, en augmentant simplement la narration et en ajoutant des conflits.

C’est une série de science-fiction, mais il y a très peu d’éléments typiques du genre. Elle touche plutôt à l’intime… 
Pour moi, la science-fiction est un prétexte pour raconter l'histoire de personnages qui vivent dans un univers différent du nôtre. Avec The Man in the High Castle, il s'agit explorer cette vie sans liberté des personnages, dans une société inhumaine.

Vos personnages ne sont ni totalement méchants, ni totalement gentils…
Ça a été l’une de mes principales motivations en écrivant la série. J’ai passé de nombreuses années en Europe (il vit actuellement à Paris, ndlr), j'ai donné des cours à Berlin, et en général les nazis dans les films sont des méchants ‘cartoonesques’. Avec leurs uniformes, etc. Dans la réalité la plupart d'entre eux étaient juste des personnes, comme vous et moi. Malheureusement, il y a quelque chose dans le comportement humain qui fait qu’on est tous capables de haine, d’intolérance, de peur. 

"Est-ce que nous agissons pour le bien de tous ?"

Comment avez-vous trouvé le juste équilibre ?
Je voulais vraiment humaniser les nazis, pas approuver leurs actions. Je ne dis pas qu’ils sont bons. Mais ils peuvent être de bons pères, bons dans leur travail. Comme John Smith, qui a simplement rationalisé des choses horribles. C’est quelque chose à laquelle nous devrions tous penser. Même si nous ne vivons pas dans une société nazie, qu’est-ce que nous faisons ? Est-ce que nous agissons pour le bien de tous ?

Savez-vous déjà ce que vous allez raconter par la suite, s'il y a une saison 2 ?
Je sais ce que la saison 2 racontera et je connais déjà la fin de la série. Je sais ce qu’il se passera dans le dernier épisode, et notamment au personnage de Julianna. C’était important pour moi, quand j’ai écrit le pilote, de savoir quel serait le parcours de ce personnage en particulier. J’ai appris avec X-Files, ou d’autres séries à l’immense mythologie, qu’on ne peut pas être en compétition avec les internautes. Ils ont déjà tous leurs idées et leur théorie sur la suite de l’histoire. Mais en tant que scénariste, c’est moi qui en ai le contrôle. 

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