Frédéric Lopez : ''J'ai été choqué par le lynchage d'Arthur''

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Dans un nouvel épisode de ''Rendez-vous en terre inconnue'', diffusé mardi soir sur France 2, Frédéric Lopez emmène Arthur chez les Quechuas dans la cordillère des Andes. Polémique autour de l'exil fiscal de son invité, rencontres exceptionnelles à 4500 mètres d'altitude... l'animateur nous dit tout.

Pourquoi avez-vous choisi de partir avec Arthur ?
L'invité nous apporte sa notoriété et permet de donner la parole à des gens qui ne l'ont pas forcément. Au départ, quand on a pensé à Arthur, les gens étaient assez surpris. Ça pouvait donc être intéressant. Puis, après enquête, nous nous sommes rendus compte qu'il était hypocondriaque, qu'il n'avait jamais porté de sac à dos, qu'il n'avait jamais dormi dans un sac de couchage, qu'il était, comme il le dit lui-même, dans une tour dorée. C'était donc le client idéal, celui dont le mode de vie est complètement à l'opposé des gens que nous allions rencontrer.

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Est-ce que vous avez compris cette polémique autour de son exil fiscal [en juin dernier, Arthur se serait installé pour des raisons fiscales à Uccle, au sud de Bruxelles ] et de sa participation à une émission du service publique ?
Il s'agit de sa vie privée et je ne lui ai jamais posé de questions à ce sujet. En Europe du Nord, la fiscalité est beaucoup plus forte qu'en France et là-bas tout le monde est content de payer ses impôts. Je serai un politique français, je me demanderais pourquoi ici personne ne veut le faire. Je crois qu'il y a un problème d'information et de transparence. Après, j'ai été choqué par l'acharnement contre Arthur, par son lynchage. Si on va dans ce sens, je ne fais plus d'interview de chanteur ou de sportif.

Aurélie Filippetti, ex-ministre de la Culture, s'est demandée s'il n'aurait pas fallu déprogrammer l'émission. Est-ce que ce débat a existé au sein de France 2 ?
Pas du tout.

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Mais quand on voit Arthur vanter la solidarité des Quechuas, n'avez-vous pas peur qu'il y ait une remise en cause de sa sincérité ?
Ce sont les hasards de la vie. Leur système repose en effet sur la réciprocité et la solidarité. Moi j'ai trouvé ça merveilleux de voir Arthur faire de l'autodérision. Je pense qu'il n'a de leçon à recevoir de personne. J'ai été ému par sa vulnérabilité et j'ai été touché par sa remise en question. C'est la première fois qu'on a quelqu'un qui se transforme autant pendant l'émission.

L'avez-vous revu depuis ? Pensez-vous que cette aventure l'ait vraiment transformé ?
A la fin, Arthur dit : ''J'ai un milliard de fois plus qu'eux et ils rient dix fois plus que moi''. Cela nous interroge sur notre monde, sur les valeurs de notre société. Avec le progrès, est-ce qu'on n'aurait pas oublié quelque chose ? On a oublié la solidarité, le lien entre nous. Là-bas, ce sont des gens qui comptent les uns sur les autres. Ils ne se sentent jamais seuls alors que la solitude est très répandue dans notre société. Après, je ne sais pas quelles sont les conséquences de cette aventure sur sa vie. Ce n'est pas mon objectif. Je ne suis pas là pour faire du prosélytisme.

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Avez-vous été surpris qu'Arthur se fasse appeler Jacques, son vrai prénom, par les Quechuas ?
Cela m'a vraiment touché. Cela n'a l'air de rien mais c'est très important. Quand on a un pseudo comme lui, on devient un personnage. Là, il est redevenu une personne avec sa fragilité et sa vulnérabilité. L'acclimatation a été un peu compliquée mais après il s'est intéressé à la vie des gens. A la fin, il déclare : ''Au départ j'avais pitié d'eux, maintenant j'ai de l'admiration''. Je trouve ça très fort. Là, je me dis que le pari est réussi.
 

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