Gilles Bouleau : "En 40 ans, TF1 ne s'est jamais banalisée"

Gilles Bouleau : "En 40 ans, TF1 ne s'est jamais banalisée"

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INTERVIEW – Pour fêter son quarantième anniversaire, TF1 réserve à ses téléspectateurs une soirée exceptionnelle baptisée "TF1, 40 ans d'émotions partagées" et présentée par Gilles Bouleau et Christophe Dechavanne. Le présentateur du JT le plus regardé de France nous dit tout sur le programme et sur la chaîne qu'il a rejointe il y a 29 ans.

Qu'allons-nous voir dans l'émission TF1, 40 ans d'émotions partagées ?
Le charme et la difficulté de cette émission c'est qu'en 40 ans d'existence, chacun d'entre nous a des souvenirs sélectifs de TF1. Les fans de foot retiendront Thierry Roland en 1998 et sa phrase "Maintenant on peut mourir mais le plus tard possible", tandis que les mordus de séries françaises se souviendront de Julie Lescaut. L'ambition du programme est de donner une vue impressionniste et fidèle de TF1. Tout en nous tendant un miroir pour voir combien nous avons changé. Chacun y trouvera sa petite madeleine à croquer.

Vous formez un couple inattendu avec Christophe Dechavanne ...
A qui le dites-vous ! Nous nous pacsons sur le tard ! C'est quelqu'un pour qui j'ai une grande admiration. Je suis un grand fan des transgressions et des dérapages de Ciel mon mardi ou Coucou c'est nous. J'espère que notre duo stimulera les téléspectateurs. Pour ma part, je suis ravi car c'est un exercice très différent du JT.

Depuis votre arrivée à TF1 en 1986, vous avez été successivement reporter puis correspondant en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Présenter le JT, c'était un rêve ?
Pas du tout car je n'étais pas sur cette trajectoire-là mais sur celle du grand reportage et de la vie de correspondant à l'étranger. Je serai d'ailleurs bien resté quelques années de plus aux Etats-Unis. Mon rêve était plutôt de découvrir tous les pays du monde. Mais il y en a 190 et j'ai lamentablement échoué, même si j'en ai fait pas mal grâce à ce métier. C'est le cadeau merveilleux que TF1 m'a offert.

"J'ai le sentiment qu'on vit dans le risque permanent"

Quel est le meilleur souvenir de votre carrière ?
Il y en a beaucoup, évidemment. Mais j'ai été marqué à vie par la prestation de serment de Barack Obama car c'était un moment historique. J'ai aussi un souvenir ineffaçable de l'Amazonie avec Raoni. C'était un moment humain formidable.

Comment TF1 a-t-elle évolué en 40 ans ?
J'ai du mal à théoriser là-dessus. Mais le sentiment que j'ai en tant que téléspectateur, c'est qu'il y a des jalons de ma vie marqués par TF1. Je me souviens des émissions des Carpentiers, de Sacrée Soirée où la France entière regardait Jean-Pierre Foucault. L'émission montre bien éclectisme de TF1. En 40 ans, la chaîne ne s'est jamais banalisée.

TF1 est souvent critiquée. Est-elle encore une chaîne moderne qui sait prendre des risques et innover ?
La position même de TF1 est par définition risquée car c'est une chaîne qui s'adresse au plus grand nombre. Elle se doit d'aller au-devant des téléspectateurs avec des rendez-vous forts, mais aussi de la modernité, de la transgression et de l'innovation. Quand TF1 décide de faire The Voice, c'est une prise de risque. Quand on voit la qualité de production, on se dit que la chaîne n'a pas perdu la main. J'ai plutôt le sentiment qu'on vit dans le risque permanent. Faire un JT qui s'adresse au plus grand nombre, ce n'est pas une entreprise facile. Rien n'est acquis et on doit se remettre en question tous les jours. Rester leader dans un paysage où il n'y a plus que 3 chaînes comme au début mais 25, c'est un exploit alors que les gens tiennent ça pour acquis.

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