Guy Lagache : "En quête d'actualité raconte la réalité... que ça plaise ou non"

Guy Lagache : "En quête d'actualité raconte la réalité... que ça plaise ou non"

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INTERVIEW – La prison est-elle devenue un lieu de radicalisation ? "En quête d'actualité" s'est penché sur le sujet dans un reportage inédit réalisé au cœur du pénitencier de Corbas, près de Lyon, une semaine à peine après les attentats à Charlie Hebdo. Présentateur de l’émission mais aussi directeur des magazines et de l'information de D8, Guy Lagache nous dit tout sur ce reportage édifiant. Et sur l'évolution de D8.

De quelle façon avez-vous abordé la question de la radicalisation en prison pour ce nouveau numéro d'"En quête d'actualité" ?
C'est un sujet complexe car il y a plusieurs réalités. Qu'est-ce qui fait que la radicalisation s'installe en prison ? De quel ordre est-elle ? Quelle est la réelle idéologie islamiste qui permet à des caïds d'embrigader des détenus plus fragiles ? On doit dépasser les passions et les émotions pour essayer de comprendre de quoi il en retourne. Ça fait des années que la radicalisation s'est installée en prison et aujourd'hui on est tous confrontés à ça.

Comment avez-vous obtenu l'autorisation pour filmer dans une prison ?
Nous avons été en contact avec l'administration pénitentiaire durant 1 an et demi pour les convaincre de notre projet. Nous voulions témoigner de la situation dans les prisons. C'est un sujet risqué car on peut facilement tomber dans le sensationnalisme. Nous avons finalement obtenu l'autorisation de tourner dans la prison de Lyon-Corbat en décembre dernier. Le début du tournage a été fixé au 12 janvier, soit le lendemain de la grande manifestation républicaine. L'angle de la radicalisation s'est donc imposé de lui-même.

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Qu'est-ce qui fait l’originalité de ce reportage ?
C'est la première fois, à la télévision, qu'on voit la réalité et le quotidien de la prison de l'intérieur. Il y a eu beaucoup de reportage sur la prison, mais jamais avec une telle liberté de mouvement, sans aucune pression.

Beaucoup voient D8 comme une chaîne de divertissement, mais l'information a de plus en plus sa place.
Oui et je suis l'un des artisans de ce changement puisque c'est le mandat qui m'a été confié quand j'ai été nommé directeur des magazines et de l'information. D8 est une chaîne généraliste avec du divertissement de qualité mais aussi de l’information, avec un point de vue particulier. Ce qui nous intéresse, c'est d'expliquer les tenants et les aboutissant de ce monde toujours plus complexe.

Que retenez-vous de la saison écoulée ?
Le bilan est formidable car aujourd'hui sur D8 nous avons une information de très grande qualité. On concurrence les grandes chaînes par une exigence éditoriale toujours plus grande. Aucun sujet ne nous échappe. Aujourd'hui, nous avons aussi une collection historique qui fonctionne bien, "Histoire interdite", où on raconte à notre façon l'histoire des camps, de Hitler ou du Débarquement. Qui aurait pu imaginer qu'une chaîne autre que France Télévision aille sur ce terrain-là ? Il n'y a pas de recette à la télévision mais ce qui compte c'est d'être au plus près des préoccupations des téléspectateurs.

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Le Front National avait demandé votre démission après un sujet en caméra cachée. Au final, ça vous aura fait de la pub ?
Je n'en sais rien, je ne me pose pas ces questions-là. Moi ce qui m'intéresse c'est de faire mon métier de journaliste. Nous avons raconté une réalité en étant extrêmement rigoureux. Nous avons prêté une attention extrême à la justesse de l'information. Après que ça plaise ou pas ce n'est pas mon problème. Le but c'est de donner de l'éclairage aux gens.

Le mercato télé a commencé. Serez-vous sur D8 à la rentrée prochaine ?
Jusqu'à nouvel ordre oui. Pourquoi, vous avez des nouvelles à m'annoncer ? (Rires)

"Menace terroriste : plongée au cœur de nos prisons", mercredi à 20 h 55 sur D8.

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