iTélé entame son onzième jour de grève mais diffusera bien le débat des primaires à droite le 3 novembre

iTélé entame son onzième jour de grève mais diffusera bien le débat des primaires à droite le 3 novembre
TÉLÉ
GREVE - Les salariés de la chaine ont voté, ce jeudi 27 octobre, la reconduite de la grève pour une onzième journée consécutive. Une durée inédite et pour laquelle, la mobilisation ne faiblit pas.

Onze jours. Cela fait onze jours que les salariés de la chaine votent, chaque matin, la reconduite de leur mouvement, entamé le 17 octobre dernier. Ce jeudi 27 octobre, la grève a été reconduite par 76,9% des votants, soit 90 voix favorables sur 117, et 22 abstentions, au lendemain d'une rencontre avec la direction. 


Quatre membres de l'état-major de C+  ont rencontré les représentants des salariés: le n°2 de Canal+ Jean-Christophe Thiéry, le patron de la chaîne d'info Serge Nedjar, le directeur des antennes Gérald-Brice Viret et la directrice des ressources humaines du groupe, Sandrine Morin. Selon l'AFP, les salariés ont prévu de se réunir, de nouveau, vendredi 28 octobre à 12h30, devant leurs locaux. Et une cagnotte de solidarité a été mise en ligne. 

Le débat des Républicains est maintenu

Après avoir déménagé brutalement des bureaux d'iTELE pour faire place à la rédaction de Direct Matin (également propriété de Bolloré), la direction a, selon plusieurs médias, désactivé les badges des pigistes, mais ceux-ci ont été rapidement réactivés après la protestation de représentants syndicaux. Malgré leur mouvement et les revendications auxquelles la direction demeure sourde, les salariés maintiennent le cap. Pendant que les Républicains tendent à faire pression sur la chaine pour la tenue du débat des primaires, les salariés ont tenu à souligner que ce débat serait maintenu, comme prévu, le 3 novembre prochain. Les salariés se sont engagés mercredi à organiser le débat, "quelle que soit l’évolution du conflit". En effet, quelques voix, côté Les Républicains, s'inquiétaient non pas des grévistes mais de la bonne tenue du débat. 


Sur Lemonde.fr, Thierry Solère, le président de la commission nationale d'organisation de la primaire à droite  explique : "Nous ne voulons pas interférer dans leurs affaires, mais nous avons besoin de garanties, dit-il. Si, sur i-Télé, c’est juste un écran noir puis notre débat qui apparaît, ce n’est pas une très bonne affaire. Nous sommes en droit d’attendre plus que ça". Ce jeudi soir, Thierry Solère a vraisemblablement obtenu toutes les garanties puisque dans une déclaration à l'AFP, il a confié que "la direction de C+ nous a assurés des moyens de diffusion du débat" du 3 novembre". "Tout est calé", a-t-il ajouté.  De quoi le rassurer sur la bonne tenue du débat, donc. 

Pendant ce temps, le CSA instruit le dossier...

Alors que la grève s'enlise chaque jour un peu plus, les salariés de la chaine avait fait appel à Audrey Azoulay pour nommer un médiateur dans le conflit qui les oppose à la direction. S'ils n'ont pas encore obtenu la nomination d'un médiateur , la ministre de la Culture a déclaré ce jeudi toujours, qu'elle n'avait pas à interférer dans le dossier. En revanche, "c'est au CSA de dire si iTÉLÉ respecte les termes de la convention qui fixe le format de la chaîne", pour lesquels elle a obtenu sa fréquence hertzienne, expliquait la ministre, cet après-midi, devant le Sénat. "Le CSA a été officiellement saisi et commence l'instruction du dossier", a-t-elle dit. 


La ministre a estimé qu'il s'agissait avant tout d'une question d'"indépendance de la rédaction face aux annonceurs et aux actionnaires" mais aussi d'une "dérive sur ce que doit être une chaîne d'info". Mais pour elle, "ce n'est pas au gouvernement de se prononcer sur la présence de tel ou tel animateur", a-t-elle ajouté, suivant la ligne du CSA. Elle a aussi souligné que la charte éthique réclamée par les salariés d'iTÉLÉ au patron de Vivendi, Vincent Bolloré, serait obligatoire dans tous les médias d'ici au 1er juillet 2017, en vertu de la nouvelle loi sur l'indépendance des médias.

La Direction régionale du travail et les prud'hommes ont été saisis

Toujours face au Sénat, Audrey Azoulay a annoncé qu'un " travail de médiation sociale a été mis en place". "La Direction régionale du travail est sur place et elle y restera, pour renouer le dialogue", a-t-elle dit. Autre point de rupture que la charte éthique, le déménagement déménagement d'une partie des locaux d'iTÉLÉ, réalisé le week-end dernier sans l'approbation du Comité d'hygiène et de sécurité (CHSCT) de Canal+. Pour cela, Le Conseil des prud'hommes a déjà été saisi en référé sur le dossier et devrait rendre sa décision le 2 novembre, selon des sources syndicales, à l'AFP. 

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