Jean-Paul Rouve : "Je défends tous mes personnages"

Jean-Paul Rouve : "Je défends tous mes personnages"

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INTERVIEW – Ce lundi à 20h50, TF1 diffusera ''Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils'', l'adaptation du roman éponyme de Jacques Expert. Au programme : un casting d'exception composé de Sami Bouajila, Anne Marivin, Audrey Lamy et Jean-Paul Rouve. Pour metronews, ce dernier évoque la complexité de son rôle.

Un film unitaire pas comme les autres. C'est ce que propose TF1 avec Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils. Dans cette adaptation du roman éponyme de Jacques Expert, le réalisateur  Pierre Aknine a fait appel à  des comédiens de renom. Sami Bouajila (Antoine Harfouche) et Anne Marivin (Sylvie Harfouche) jouent les parents endeuillés après la mort de leur fils, renversé par un certain Philippe Tessier, incarné par Jean-Paul Rouve et dont la femme, Christine, interprétée par Audrey Lamy, le soupçonne d'être responsable du drame.

Dans ce rôle de père de famille, devenu du jour au lendemain un meurtrier malgré lui, Jean-Paul Rouve est d'ailleurs troublant de part son attitude détachée. Pour metronews, le comédien revient sur l'interprétation de son personnage, mais également le tournage aux côtés d'Audrey Lamy, davantage connue pour son rôle dans Scène de ménage sur M6 que pour ses rôles dramatiques.

Comment décririez-vous votre personnage ?
Il est lâche, mais il n'est pas méchant. C'est un sentiment humain. On se demande pourquoi il fait ça ? On se dit que c'est par lâcheté et après on se rend compte de tout ce qu'il y a derrière, tout ce poids de la société et l'image qu'il veut donner à sa femme, ses enfants, son entreprise. Moi, je défends toujours tous les personnages, quels qu'ils soient. Il faut toujours trouver l'humain et essayer de les comprendre. Bien évidemment, comprendre, ce n'est pas accepté. Quand j'interprète Philippe Tessier, je n'ai pas de jugement sur lui. Le sentiment de culpabilité naît en lui, et très vite le déni. Je me suis donc dit qu'il fallait le jouer comme s'il n'avait rien fait. Quand vous regardez des interviews de meurtriers d'enfants, c'est fascinant ! Par exemple, la mère de la petite Fiona était sincère dans ce qu'elle disait.

Est-ce l'un des rôles les plus complexes de votre carrière ?
C'est facile pour un acteur quand le scénario est bien écrit. Vous n'avez qu'à jouer ce qui est inscrit, il n'y a rien d'autre à ajouter. Tout le sous-texte est dans l'écriture, la réalisation et le montage. A l'image, on ne montre que l'être humain. Avec Audrey Lamy, on travaillait beaucoup sur les scènes, parfois on coupait même des dialogues. On supprimait ce qu'on ne dirait pas ou ne ferait pas dans la vie. C'est chouette d'essayer d'épurer au maximum. Il y a beaucoup de scènes du film, dont on a l'impression qu'elles sont dialoguées, alors que pas du tout. On voulait toujours être dans le quotidien, la vie et ne pas jouer. J'avais cette obsession de jouer normalement. Je pensais à ça tous les jours, à chaque scène, à chaque plan !

En tant que père de famille, cette histoire vous a-t-elle fait réfléchir ?
Ça chamboule comme pour tout parent. Forcément, ça a des conséquences sur ce qu'on fait dans la vie, sur votre travail, sur votre regard sur la vie. C'est bien qu'on se pose cette question : qu'est-ce que je ferais à sa place ?

"J'ai été étonné que ce film soit pour TF1"

L'atmosphère assez noire du téléfilm pesait-elle lors du tournage ?
Que ce soit un drame ou une comédie, c'est la même chose. On n'est pas plus heureux ou on ne s'amuse pas plus sur un tournage de comédie. Quelques fois moins d'ailleurs, il y a une rigueur technique. Un bon scénario est le ciment du tournage parce qu'il n'y a pas de discussion. C'est le plus important. On n'était content de travailler ensemble. 

Comment s'est passé le tournage avec Audrey Lamy, qui joue votre épouse ?
On n'avait jamais tourné ensemble. J'ai été ravi d'apprendre que j'allais jouer avec elle. J'adore cette comédienne ! Le tournage s'est déroulé avant le film Jamais le premier soir, avec Alexandra Lamy. Les deux sœurs sont très différentes. J'apprécie beaucoup Audrey, c'est notamment extraordinaire ce qu'elle a fait dans Polisse. J'ai d'autant plus été ravi de travailler avec elle que je lui ai demandée si elle acceptait de jouer dans mon film, l'adaptation des Souvenirs de David Foenkinos. Quand on tournait Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils, j'étais en pleine préparation de mon long-métrage et j'ai eu le déclic. Elle y joue la directrice de la maison de retraite, Mme Lesec, qui est une sorte de partouzeuse de Province (rires).

N'avez-vous pas été surpris qu'un film aussi sombre soit diffusé en prime sur TF1 ?
J'ai lu le scénario et j'ai été étonné que ce soit effectivement pour TF1. On parle toujours du service public, qui a des devoirs et tout le monde l'admet. Quand on est une grande chaîne comme TF1, finalement on a peut-être plus des devoirs puisqu'on est tellement important pour les gens. Je compare ça à la diffusion d'une pièce de théâtre à la télé ou un documentaire à 20h30. Ce qui est étonnant et inhabituel, c'est que l'on suit le mauvais côté de l'histoire. C'est très audacieux !

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