Julia Vignali des "Maternelles" : "Les smartphones sont devenus les doudous modernes"

TÉLÉ

INTERVIEW - Depuis septembre 2012, elle est aux commandes des "Maternelles". Toujours de bonne humeur, Julia Vignali nous dit tout sur l'émission de France 5 qui s'intéresse ce jeudi 30 octobre aux rapports des enfants avec les écrans.

Vous consacrez un numéro des Maternelles aux écrans, mais sans faire de diabolisation. C'est un parti-pris ?
Les écrans, il y en aura toujours et on ne va pas les faire disparaître. Entre les tablettes, les smartphones et la télé, aujourd'hui, on compte en moyenne six écrans par famille ! Soit on éteint tout et on vit dans le silence, ou alors on apprend à vivre intelligemment avec.

C'est difficile d'interdire à un enfant de jouer avec une tablette, alors que nous sommes tous accros à nos téléphones, non ?
Exactement. Les téléphones sont devenus des doudous modernes. Quand je fais l'émission, mon smartphone est toujours près de moi, parfois je le tripote discrètement ! Du coup, je me vois mal dire à mon fils de ne pas toucher à une tablette. Par contre je ne le laisse pas voir le JT. Comme on l'explique dans l'émission, il y a une différence entre les écrans pro-actifs, comme la tablette, et ceux interpassifs où on se prend des images en pleine figure. C'est une question de bon sens : ce n'est pas parce que votre enfant a regardé la télé qu'il est foutu. Il faut arrêter de faire culpabiliser les parents.

C'est un discours qui reste dans le ton de l'émission...
Dans Les Maternelles, on parle de tout mais on déculpabilise. Que ce soit sur la péridurale, la télévision, le baby blues, les rapports de couple, faites confiance à votre bons sens. Ne regardez pas comment ça se passe chez le voisin, car à force de toujours vouloir comparer, on risque de rester dans l'échec.

Les téléspectateurs n'ont-ils pas un rapport affectif avec Les Maternelles ?
C'est vrai qu'il y a un attachement particulier à cette émission. Les femmes m'arrêtent souvent dans la rue pour me dire que je les ai accompagnées tout au long de leur grossesse. Ça me touche beaucoup car à l'époque où j'étais enceinte, je regardais l'émission présentée par Karine Lemarchand. Depuis j'ai un attachement spécial à elle. C'est comme une sage-femme qui m'aurait suivie !

On n'est pas obligés d’être parents pour apprécier l'émission ?
Non car, même si on n'a pas d'enfants, on en a toujours dans notre entourage. Les Maternelles c'est aussi une émission sociétale. Au moment de la polémique sur le mariage gay, nous avons abordé le sujet des enfants de couple homosexuels. Pas besoin d'être parents pour s’intéresser à ça.

Vous êtes à la tête des Maternelles, alors que rien de vous prédestinait à être animatrice...
Effectivement, mon parcours c'est n'importe quoi ! J'ai fait une école de commerce, travaillé en maison de disque, j'ai été comédienne dans la série Seconde Chance sur TF1 et même Miss Météo de Canal+. Je me suis éclatée. Quand j'étais jeune, je rêvais de présenter une émission sociétale. J'ai pris des chemins de traverse de dingue mais j'y suis arrivée.

D'ailleurs, comment vous êtes-vous retrouvée sur Les Maternelles ?
J'ai simplement appelé le standard de France 5 pour demander qui s'occupait du casting de l'émission. J'ai obtenu un rendez-vous et j'ai eu le poste. Je suis comme ça : quand je vois un truc qui me plait, je frappe à la porte !

Les Maternelles, du lundi au vendredi à 8 h 55 sur France 5.

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