"Kaboul Kitchen" (Canal +) - Gilbert Melki : ''J'ai demandé qu'on héroïse mon personnage"

"Kaboul Kitchen" (Canal +) - Gilbert Melki : ''J'ai demandé qu'on héroïse mon personnage"

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INTERVIEW - "Kaboul Kitchen" rouvre ses portes sur Canal +. A partir de ce lundi 13 janvier à 20h55, Jacky reprendra du service malgré sa prise d'otage et la destruction de son restaurant lors du dernier épisode. Gilbert Melki dévoile pour metronews les dessous de la deuxième saison de la série totalement déjantée.

La saison 1 avait été tournée à Casablanca, au Maroc. Vous êtes vous rendu finalement à Kaboul pour ces nouveaux épisodes ?
Non. Ça n'en vaudrait pas la peine pour une série qui est de la comédie. Ce n'est pas un film réaliste sur la situation aujourd'hui en Afghanistan. C'est un programme décalé, qui se passe à Kaboul, mais il y a quelques années. Il y a un énorme soin apporté à la direction artistique. Il y a un souci du détail pour être le plus juste possible. En Afghanistan, les gens parlent le Perse. Au Maroc, ils parlent arabe. Les acteurs marocains ont dû apprendre l'afghan. C'était plus facile pour eux. Ceux qui n'y arrivaient pas, étaient doublés. On a tourné 72 jours au Maroc, mais je ressentais ce qu'il pouvait se passer : l'agressivité, le fait que je pouvais mourir, qu'on pouvait dynamiter le Kaboul Kitchen. 

Avez-vous hésité avant d’accepter de reprendre votre rôle ?
On a toujours envie de dire : "je vous suis les yeux fermés". Mais en même temps, on attend les scripts, qui vont nous donner l'envie de revenir. Pour que je me sente à l'aise et que je retrouve l'envie de rejouer le personnage de Jacky, il faut qu'il y ait d'autres objectifs, d'autres arguments. Je pense que plus on augmente l'ambition de la série au niveau de l'écriture, du décor ou de lumière, mieux c'est.

Comment votre personnage va-t-il évoluer ?
Jacky véhicule des valeurs. Il vient de France et amène ''les droits de l'homme'' dans ce pays. On peut ressentir ça en filigrane. Il devient le bouc émissaire du dépeçage de l'Afghanistan. Il n'aime pas ça du tout et il n'est pas cynique. C'est une belle qualité du personnage.

"C'est une façon d'aborder des questions douloureuses"

Votre personnage est tout de même très stressé !
C'est le moteur de la comédie ! Plus il est acculé, plus il a des choses qui arrivent et plus il va créer une addiction. Il va tout le temps être rattrapé par quelque chose, mais il s'en sortira par lui-même.

Avez-vous participé à l'écriture du script ?
Non. Evidemment, j'ai influé sur l'écriture. J'ai demandé bien humblement qu'on héroïse le personnage de Jacky. Je ne voulais pas qu'il apparaisse comme un looser. Je voulais qu'il participe à ''l'effort'' de guerre en Afghanistan, qu'il se mêle de ce qui ne le regarde pas et qu'il puisse envoyer paître les Américains, la DGSE, les Talibans. Il ne se laisse pas impressionner et n'hésite pas à dire : ''je vous emmerde''. C'est anciennement un grand reporter, il sait de quoi il parle.

Comment s'est déroulé le tournage avec Simon Abkarian, qui joue Amanullah ?
Avant la première saison, je le connaissais déjà. Je suis copain avec tout le monde (rires). Simon est un acteur technique, ludique. On s'est beaucoup amusé tous les deux. On s'est préparé mentalement pour une série qu'on a tourné 3 mois et demi. On apprend le texte, mais il faut laisser une part de spontanéité. C'est plus facile sur une série qu'au cinéma, où on a peu de temps. Le personnage d'Habib (Faycal  Azizi) est l'exemple type : je l'ai laissé jouer. De toute façon, je ne savais pas ce qu'il allait faire (rire).

Outre l'aspect comique, Kaboul Kitchen évoque également des sujets très sérieux...
On rit de situations de comédie-dramatique, voir de drame. On pourrait faire une série de 52 minutes drama en Afghanistan sur les ONG et les expatriés qui serait assez dure, mais qui n'aurait certainement pas le même impact. L'histoire de l'équipe de football féminine qui se développe est aussi une façon pas politiquement correcte, drôle, irrévérencieuse et assez sensible d'aborder des questions qui sont douloureuses, mais de le faire en riant. Le statut de la femme en Afghanistan n'est pas extraordinaire. C'est bien de pouvoir en parler.

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