"La-bas si j'y suis" : les auditeurs manifestent devant France Inter pour sauver l'émission

"La-bas si j'y suis" : les auditeurs manifestent devant France Inter pour sauver l'émission
TÉLÉ
DirectLCI
RADIO – Environ 250 auditeurs se sont rassemblés samedi devant la Maison de la Radio pour manifester contre la suppression de l'émission "Là-bas si j'y suis" que la station publique compte zapper à la rentrée

Ils ne sont pas contents. Quelque 250 auditeurs s'étaient donné rendez-vous samedi devant la Maison de la Radio pour sauver Là-bas si j'y suis, l'émission présentée depuis 25 ans par Daniel Mermet sur France Inter. "On est tous venus pour sauver cette émission mais on pensait qu'une délégation allait être reçue par la direction, ce qui n'est pas le cas", a déclaré, déçu, Philippe Verdebout, un auditeur de 57 ans venu spécialement de Lille pour marquer son soutien à Daniel Mermet. La nouvelle directrice de France Inter, Laurence Bloch, a annoncé fin juin au journaliste la suppression de son rendez-vous. "Là-bas si j'y suis" avait perdu 100 000 auditeurs depuis deux ans, pour tomber à 485 000 en audience cumulée, un score très bas, selon Radio-France.

Certains auditeurs ont alors décidé de se rassembler spontanément, malgré la pluie, se disant prêts à "se mobiliser" pour sauver une émission qui leur donnait l'opportunité de s'exprimer grâce à un répondeur qui diffusait certains de leurs messages en début d'émission. "C'est un objet radiophonique qui détonne dans l'univers médiatique et représente l'idée même du pluralisme en offrant un véritable espace démocratique d'expression. Elle faisait hommage au service public", a affirmé Alain Peuplier, 29 ans et membre du Parti de gauche. "Son éviction est une décision politique qui prouve la docilité des dirigeants de cette radio", a-t-il ajouté.

Boycotter France Inter

Beaucoup de manifestants affirmaient vouloir boycotter France Inter. "Là-bas tend son micro à toutes les différences : notre raison de préférer France Inter", pouvait-on lire sur le panneau de l'un d'entre eux. "C'est bien de se rassembler, mais il faut créer un réel rapport de force avec les 300 000 auditeurs de l'émission et rester mobilisés!", concluait au micro, sous des applaudissements nourris, Stéphane, un syndicaliste ayant effectué le déplacement depuis Rouen.

Reportages-fleuves, sujets atypiques, discours militant, décryptage marqué politiquement à l'extrême gauche, l'émission créée en 1989, diffusée quasi quotidiennement sur France Inter à 17 heures puis à 15 heures s'est démarquée dès sa naissance par un ton original et une qualité radiophonique inégalée.

Lire et commenter