Laurent Ruquier : "J'ai essayé de revenir aux fondamentaux des Grosses Têtes que j'aimais"

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INTERVIEW - C'est l'un des grands gagnants de la rentrée radio. Avec une audience cumulée de 2 millions auditeurs, soit 132 000 de plus que Philippe Bouvard l'an dernier à la même époque, Laurent Ruquier signe des débuts réussis aux commandes des "Grosses Têtes", l'émission vedette de RTL. Il s'est confié en avant-première à metronews.

"Les Grosses Têtes" progressent depuis que vous en avez pris les commandes. Peut-on parler de transfert réussi ?
Ce serait un peu présomptueux de ma part de le dire. Mais ça me fait plaisir car j'avais quand même une bonne petite pression sur mes épaules, même si je ne le montrais pas. Il y avait une vraie prise de risques. Et à l'arrivée c'est un double succès : celui d'une émission crée par Philippe Bouvard, et qui gardent ses fidèles ; celui aussi d'une fidélité avec les auditeurs qui m'écoutaient sur Europe 1 et qui m'ont suivi sur RTL, comme ça avait été le cas avant lors de mon passage de France Inter à Europe 1.

Vous citez vous-même Philippe Bouvard. Comment avez-vous géré cette transition qui a pu paraître comme une forme de trahison ?
Ça a été forcément difficile pour lui à l'époque. Aujourd'hui il a du succès avec son émission et j'espère qu'il est heureux de voir que son bébé se porte bien, qu'il continue à vivre avec une nouvelle génération comme le démontrent les chiffres d'audience.

Pour autant est-ce toujours vraiment "Les Grosses Têtes" ?
Ceux qui pensent ça ne connaissent pas vraiment l'émission. Je crois que ces dernières années, Philippe s'était un peu écarté du concept. Il y avait moins de personnes dans la bande, un invité promo qui prenait beaucoup de place. En arrivant aux commandes des Grosses Têtes, j'ai essayé de revenir aux fondamentaux de l'émission des années 1990, celle que j'ai connue en tant qu'auditeur. J'en parlais dans mon dernier livre, Radiographie : pendant longtemps, j'ai essayé de faire ma version des Grosses Têtes sur les ondes de stations locales. Christopher Baldelli (président du directoire de RTL France - ndlr) et Jacques Expert (directeur des programmes - ndlr) le savaient et ce n'est pas un hasard s'ils sont venus me chercher.

"Je ne serais pas un bon juge du travail de Cyril Hanouna"

Avez-vous écouté Europe 1 depuis votre départ ?
Je vous mentirais si je vous répondais oui. De toute façon je ne serais pas un bon juge du travail de mon concurrent, Cyril Hanouna, comme lui ne le serait pas du mien, même s'il n'hésite pas à le faire à la télévision. Une chose est sûre : je ne veux de mal à personne. Vous parliez de trahison : franchement c'est un mot un peu fort. J'ai passé 15 ans sur Europe 1, une station sur laquelle j'étais bien et aujourd'hui je lui souhaite le meilleur.

Parmi les "nouvelles" Grosses Têtes, quelles sont celles qui vous ont le plus étonnées ?
Mon but, c'était de faire entrer de nouvelles personnes, d'horizon divers comme Marcela Iacub, Baptiste Lecaplain, Arnaud Ducret ou Thierry Ardisson qui est venu deux fois. Plutôt qu'une personne en particulier je retiendrais l'osmose qui s’est créée entre les nouveaux et les anciens comme Bernard Mabille et Chantal Ladessous, sans parler du fait que j'avais par le passé recruté d'anciennes Grosses Têtes, comme Isabelle Mergault ou Claude Sarraute, qui continue de venir nous voir à 87 ans. Je veux continuer dans cet esprit.

Des petits nouveaux en perspective ?
Beaucoup de gens m'intéressent. L'essentiel, pour moi, c'est d'être tout public. Je veux m'adresser aux jeunes, ce qui semble réussi au vu des chiffres, et c'est pourquoi Bérengère Krief va bientôt nous rejoindre. Sans pourtant autant bouder les seniors que nous seront tous un jour !

Quelles qualités faut-il pour rejoindre "Les Grosses Têtes" ?
Il y a deux solutions. Soit vous avez beaucoup de répartie, de la culture, un certain sens de l'improvisation. Soit vous avez plein d'histoires à raconter et vous donnez du grain à moudre aux autres en devenant leur tête de turc comme ce fut le cas par le passé avec Philippe Castelli ou Rika Zaraï.

Et qui sont les têtes de turc aujourd'hui ?
Il y en a mais il ne faut pas qu'ils ou elles le sachent ! (rires)

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